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Les Contre-Victoires de la Musique par Albumrock


Collectif, le 16/02/2021

Si le mot pomme ne vous évoque rien d’autre qu’un fruit automnal et Yseult la dulcinée du chevalier Tristan, on ne vous félicite pas bande d’incultes. Néanmoins, vous êtes au même niveau que la plupart des rédacteurs d’Albumrock qui, en plus de ne pas partager les résultats des Victoires de la Musique, ignoraient jusqu’à la moindre note de la plupart des "artistes" récompensés. Une exception, Benjamin Biolay, tête de pont de l’écurie France Inter, sérieux concurrent à Vincent Delerme au concours du chanteur qui marmonne avec une poésie douteuse : comment ignorer cet homme qui multiplie les prix tout en laissant coi la plupart des Français ?  

 

Ne pas connaître est une chose pardonnable, rester dans l’ignorance est plus coupable car on risque de ne se fonder que sur nos préjugés – déjà considérables avouons-le. On a écouté. Yseult et Pomme feraient passer l’inspecteur Derrick pour James Bond : minimalisme musical sans originalité – ça fait vingt ans que ce genre de soupe inonde les ondes – paroles creuses, et chant très aléatoire pour la première voire incapacité flagrante à maîtriser sa voix. Et c’est là que le bât blesse. 

 

En effet, la cérémonie, comme souvent, a été marquée par des revendications sociétales bien légitimes (des problèmes de discrimination aux comportements inqualifiables et parfois criminels qui sévissent dans ce milieu vis-à-vis des femmes), au point d’en faire oublier le premier enjeu : la musique. Ce chef-d’œuvre de l’entre soi culturel est loin d’être représentatif de l’actualité de la scène française dans sa diversité, et, surtout, elle en ignore des pans innombrables dont nos amis rockeurs qui se meuvent dans de multiples sous-genres aussi divers qu’enthousiasmant. « Il n’y a pas de rock français » : voilà une assertion qui témoigne davantage de l’ignorance et du manque de soutien de la part d’un monde fermé sur lui-même que de la réalité. Mais même au-delà du rock, il semble que comme pour les pommes, ce qui n’est pas assez calibré pour les goûts supposés des consommateurs n’ait pas droit de cité. 

 

A l’heure de l’abandon et du mépris pour le secteur du spectacle vivant qui souffre des conséquences de l’épidémie, ce sont donc les chanteurs et chanteuses pour radio qui triomphent. Ceux-là ne savent pas que pour vivre, un artiste doit se produire sur scène, les plateformes – davantage que le téléchargement illégal, épouvantail commode mais manipulatoire – faisant croire à la musique gratuite ou presque. Rappelons que celle-ci a un coût et que ce sont les créateurs qui le payent. Bref, non sans provocation, nous jouons notre rôle de soutien au rock français en vous proposant des Contre-Victoires de la Musique. Une sélection par catégorie, avec parfois plusieurs lauréats (la musique n’est pas une compétition après tout), qui, nous l’espérons, ouvrira des perspectives un peu plus ambitieuses. 

 

Lauréats

Catégorie Rock


Animal Triste - Animal Triste : Porté par un single très accrocheur (la reprise de "Dancing in the Dark" de Springsteen), Animal Triste a été la vraie découverte de ce début d'année. Rock sombre habité, piochant à la fois chez le Boss, ou chez U2 (pour la voix), tout en se parant d'une mélancolie à la The National. Imparable.


Cathedrale - Houses are Built the Same : Les Toulousains de Cathedrale ont su entamer avec brio un virage post-punk sur leur troisième production, délaissant ainsi les allures garages de leurs débuts. Un album vibrant et efficace construit autour de guitares glaçantes et de rythmiques nerveuses. Vivement recommandé aux amateurs d'autres Parquet Courts, Protomartyr ou Frustration.


Esplanades - Farewell-O-Scope : Une partie de Jumanji qui se veut sautillante et régressive dans la forme, et plus mélancolique sur le fond. Soutenu par des vibes eighties et ouvert vers un spectre pop-anglophile prometteur, Farewell-O-Scope secoue le rock français (et du nord) et brouille les frontières mélodiques attendues.


 


 

Catégorie Lecteurs


Lazuli - Le Fantastique Envol de Dieter Böhm. Très bien noté sur le site par les lecteurs et agrémenté de commentaires positifs, le neuvième album de Lazuli a séduit le public d'Albumrock au point de finir dans le classement des Awards, chose assez rare pour le site qui a rarement vu à cette hauteur un groupe français, qui plus est de rock progressif. Les Gardois savent manier ambition instrumentale et mélodies suaves, grandiloquence prog' et chanson française, au point de séduire un public au-delà des prog'-heads et de s'exporter à l'étranger, devenant ainsi le plus fameux représentant de la scène en Europe. Lazuli est parvenu à s'affirmer comme une référence incontournable du genre et propose à nouveau un album brillant agrémenté d'un support physique très soigné. 


 


 

Catégorie La Sélection Albumrock


Comme tous les ans, nous mettons en avant des groupes émergeants de la scène française par le biais de notre rubrique "La Sélection Albumrock". Cette année s’est avérée riche en découvertes de toutes sortes: vous avez été nombreux à nous envoyer vos EP et albums et nous vous en remercions. A l’heure du bilan 2020, nous souhaitions revenir sur 3 réalisations qui nous ont particulièrement marquées :


FigurzAnother Kid Comedy :  Une production impeccable, un son puissant aux riffs abrasifs, une section rythmique qui tabasse, et un chant maitrisé de bout en bout. Voilà ce que nous propose le trio montpelliérain avec son tout premier album. Du très lourd !


Foes & Darlings - Foes & Darlings : Cela fait pas loin de 10 ans que ce groupe lyonnais nous régale avec sa pop élégante et subtilement harmonisée. Ce dernier album ne déroge pas à la règle !


Wake the DeadStill Burning : Laissez-vous aller au punk hardcore de Wake the Dead! Un album solide et particulièrement prenant.


 


 

Catégorie Label


Musea : Label historique du rock progressif français qui fait vivre cette histoire à travers des rééditions de perles obscures ou le soutien à des formations actuelles, Musea continue malgré les difficultés à poursuivre son ouvrage. Deux sorties à mettre en avant pour ce qui est du rock progressif français : le dernier album de Minimum Vital, Air Caravan', fin 2019, suivi par la rééditions de leurs trois premiers opus, ensuite, le nouvel album de Magnesis (La Bête du Gévaudan) qui maintient l'esthétique théâtrale de la scène française. 


Klonosphère : Créé en 2001 et issu du collectif artistique réunissant les groupes Klone, Hacride et Trepalium, le label Klonosphère n’en finit plus de voir de nouveaux groupes émergeants rejoindre ses rangs. Le label s’est montré particulièrement actif en 2020 avec bon nombre de sorties rock et metal marquantes : Nord, 7 Weeks, Maudits, Uncut…


Vicious Circle : Label indépendant français créé en 1993 par Philippe Couderc (fondateur du fanzine Abus dangereux) à Bordeaux. Le label ne se focalise pas sur un style en particulier, mais compte parmi ses rangs de beaux représentants de la scène rock française, comme Mars Red Sky, Mansfield.TYA ou encore Capsula. On lui doit également les excellents albums de Slift et Lysistrata mis à l’honneur aujourd’hui.


 


 

Catégorie Rattrapages 2018 - 2019


Lag I Run - Vragant Sleepers : Découverte tardive et véritable coup de cœur, Vlagrant Sleepers (2019) est un album complètement fou, plongeant l’auditeur dans un univers majestueux et onirique navigant entre les rivages du rock et du metal. Ce groupe, formé en 2008 dans le Var, est la création de l’artiste Nay Windhead. Ce dernier aura consacré presque dix ans à l'enregistrement de ce deuxième album. Au vu du résultat, on se dit que l'attente en valait la peine! 


Theo Lawrence & The Hearts - Homemade Lemonade : Porté par son jeune leader originaire de région parisienne, Homemade Lemonade confirme tout le bien entre-aperçu sur l'EP précédent, Sticky Icky et qui propose un blues-rock teinté de Soul (à moins que ça ne soit l'inverse) ultra-référencé, de Chris Isaak à Elvis en passant par les Black Keys. A noter que Theo Lawrence navigue désormais en solo, et s'est fendu en 2019 d'un album Sauce Piquante très réussi , entre blues, rockab' super soigné et country.


Lysistrata - Breathe in/outBreathe in/out tient toutes ses promesses. Oui, il renouvelle l’exploit de  The Thread tout en apportant son lot de petites évolutions, s’affranchissant au passage de la très désagréable sensation de "déjà vu".


 


 

Catégorie Stoner


SliftUmmon : Slift est un trio toulousain qui propose depuis 2017 un saisissant mélange de stoner, de rock psychédélique et de progressif. En 2020, le groupe revient avec l’album Ummon - doté d’une magnifique pochette signée Philippe Caza (Métal Hurlant) - leur faisant franchir un nouveau palier. Préparez-vous à embarquer dans une incroyable odyssée spatiale, marquée par des riffs massifs et une ambiance hallucinée.


7 WeeksSisphus : Avec son cinquième album, 7 Weeks continue de tracer sa route sur les sillages du rock US avec une musique naviguant entre stoner, grunge et blues. Il faut dire que le groupe originaire de Limoges a fait un sacré bout de chemin depuis son premier EP traité sur Albumrock (2006), et compte désormais parmi les meilleurs représentants du genre. 


Zoe - Back into the Light : Groupe nordiste déjà installé, Zoe fait un retour après une longue absence pour un quatrième album de Stoner inspiré, puissant, mâtiné de grunge et de rock'n'roll. Un cocktail détonnant qui n'attend que la réouverture des salles pour déferler sur scène !


 


 

Catégorie Metal


Nord - The Only Way to Reach the Surface : Difficile de décrire une musique pouvant basculer, au sein du même morceau, d’une pop posée aux accents shoegaze à des rythmiques quasi black metal. C’est pourtant ce que parviennent à réaliser les Franciliens de Nord, qui, avec ce deuxième album nous proposent un concept aussi passionnant qu’imprévisible, nous baladant sans cesse entre de longues envolées progressives et de multiples complaintes rageuses. Un des meilleurs albums de metal progressif de l’année !


Cold Lands - In the Light : Le groupe nous vient de Grenoble et produit depuis sa création en 2001 un metal atmosphérique doté d’une sensibilité à fleur de peau. A noter que pour ce nouvel album c’est Alexandre Martorano qui est aux manettes, gérant à lui seul la composition, le chant et la guitare. Amateurs d’ambiances mélancoliques et de grosses guitares, cet album est fait pour vous ! 


MobiusKala : On ne le dit peut-être pas assez, mais le metal est un sûrement un des genres musicaux qui se renouvelle le plus ces dernières années. Mobius est un groupe qui sort des sentiers battus avec un metal prog djent alliant technicité à différentes sonorités indiennes ou encore asiatique. Avec ce nouvel album, le groupe affine son style et rentre dans la cour des grands.


 

Catégorie Rock progressif


LazuliLe Fantastique Envol de Dieter Böhm Il n'est plus à prouver que la scène progressive française est riche de nombreuses formations, d'une histoire dense et de groupes d'envergure internationale qui ont influencé de nombreux artistes dans et au-delà de nos frontières. Mais le rock progressif national est également très vivant et dynamique, certes dans l'ombre des projecteurs et de la presse, et possède des représentants aux compositions d'une qualité élevée. L'année 2020 le prouve à nouveau, avec un sélection entièrement francophone pour ce qui est du chant. Tout d'abord Lazuli et son neuvième album qui a séduit bon nombre de rédacteurs et de lecteurs. Puisque nous en parlons dans une autre catégorie nous ne nous attarderons pas trop sur cette production à mi-chemin entre chanson française et rock progressif qui en fait un groupe accrocheur, et notre plus fameux porte-drapeau à l'étranger. 


GrandvalDescendu sur Terre Les passages vers des univers plus proches de la chanson marquent également le second album de Grandval qui n'hésite pas pour autant à développer des fresques plus ambitieuses, magnant les références du genre, britanniques (Yes) ou françaises (Atoll). Une musique soignée accompagne des paroles alambiquées qui évoquent Thiéfaine ou Bashung au sein de son second opus. 


JPL - Sapiens Chapitre 1/3 : Exordium Grandval s'entoure d'excellents musiciens dont le guitariste Jean-Pierre Louveton, alias, JPL, qui poursuit sa carrière solo avec le premier volet d'une trilogie : Sapiens Chapitre 1/3 : Exordium. Ce qui ont aimé Nemo adoreront cette nouvelle production aux passages instrumentaux intenses et mélodiques, annonçant de belles perspectives pour la suite. 


 

Commentaires
alain, le 18/02/2021 à 19:37
bel article! après le voir dans "le monde" est pour l'instant juste un rêve!
FranckAR, le 18/02/2021 à 11:57
@Alexx, Tu as raison, Alcest fait vraiment partie des incontournables de la scène française. L'album Kodama est vraiment excellent! Mais je dois avouer que j'ai découvert le groupe assez récemment... Mais nous comptons bien remédier à ça sur Albumrock :)
Yessongs, le 17/02/2021 à 20:37
C'est bien de montrer qu'il y a autre chose que la soupe que l'on veut nous faire ingurgiter !
Alexx, le 17/02/2021 à 15:56
Très bon dossier, même pour un belge, c'est dire :-) J'aurais juste ajouté Alcest en rattrapages 2019 que j'avais adoré. Merci en tout cas pour toutes ces propositions !
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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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