↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

The Eighties Matchbox B-Line Disaster


Blood & Fire


(25/05/2010 - No Death Records/Black Records - Garage-Punk/Psychobilly - Genre : Rock)
Produit par

1- Love Turns To Hate / 2- Mission From God / 3- So Long Good Night / 4- Under My Chin / 5- Riptin / 6- Monsieur Cutts / 7- I Hate The Blues / 8- Man For All Seasons / 9- Don't Ask Me To Love You / 10- Homemade / 11- Never Be The Same / 12- Are You Living?
Note de 5/5
Vous aussi, notez cet album ! (2 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.5/5 pour cet album
"Ils reviennent, ils sont vivants, pas contents et moustachus !"
Maxime, le 22/10/2010
( mots)

On lève un sourcil interrogateur à la vue du sticker bardant la pochette de cette troisième réalisation. "Tiens, les Eighties Matchbox, sont pas mort, eux ?" Ni tout à fait trépassé, ni tout à fait des nôtres, le gang de Brighton a la démarche claudicante des zombies de Romero. La chair pantelante, un teint de déterré, mais mû par une force sourde qui ne le fera en rien dévier de son objectif : agresser les auditeurs fidèles, en manque de sensations fortes depuis leurs faits d’armes publiés pendant la première moitié de la décennie. On ne donnait pourtant pas cher du quintet lorsque Universal l’abandonna froidement à son errance au moment de la parution de son deuxième album, le fantastique The Royal Society. Un disque ambitieux, aussi glauque que déjanté, qui aurait certainement bien mérité l’appui médiatique de la major pour s’imposer. Au lieu de quoi, après avoir assuré la première partie de System Of A Down dans les stades européens, les musiciens se voient sèchement remerciés et lâchés dans la nature, contrains pour la plupart de reprendre un job. Le guitariste kamikaze Andy Huxley en profite alors pour claquer la porte et part fonder les Vile Imbeciles.

Evoluant désormais en auto-production, le groupe rechausse malgré tout les gants, recrute le bretteur Rich Fownes et sort deux ans plus tard l’EP In The Garden. Grisé par ce 4 titres, on avait alors parlé dans ces colonnes de renaissance. Pourtant, après une tournée en support des Queens Of The Stone Age sur l’archipel briton, le commando se trouve au point mort. Sans label, en rupture de management, quittés à nouveau par Fownes, chanteur et bassiste sombrent dans la dope. On s’apprêtait à préparer la mise en bière lorsque la troupe se déclare complètement clean au printemps 2008 et entame, à la suite des Stones, un exil salutaire dans la campagne française. D’où ressort ce Blood & Fire inespéré, dont le phoenix vengeur trônant sur la pochette ne trompera personne quant aux intentions affichées par le combo.

Autant rassurer tout de suite, cette galette comporte tout ce qu’on est en droit d’attendre de ses géniteurs allumés : un carambolage destroy de binaire en surchauffe, de post-punk carnavalesque, de psychobilly branque et de hard rock primal. Et c’est tant mieux, vu qu’il faut bien reconnaître que personne n’est arrivé à reprendre le flambeau des EMBD. Aucune formation n’a su depuis marier comme eux une musique violente avec un second degré teinté d’un imaginaire de série B, typiquement anglais en ce qu’il n’arrive jamais complètement à évacuer la notion de mélodie de son tintamarre infernal en usinant des singles parfaitement carénés ("Chicken", "Psychosis Safari", "Rise Of The Eagles"). Tant qu’on joue la carte de la franchise, on avouera également que ce Blood & Fire sort trop tard, ourdi par un groupe en pleine reconstruction alors qu’il était en plein élan créatif il y a 5 ans. Plutôt que surpasser la violence de Hörse Of The Dög et la richesse de The Royal Society, leur successeur préfère capitaliser sur leurs fondamentaux en slalomant de l’un à l’autre de piste en piste.

On pourra ainsi rapprocher de leur premier effort le virulent "Mission From God" et ses chœurs d’opérette, le concert de borborygmes aboyés sur le hardcore azimuté de "Monsieur Cutts" ou encore l’enragé "Man For All Reasons" déboulant la tête la première sur un tobbogan aux confins de la démence pure. Les élans gothiques de The Royal Society se sont quant à eux mués en ambiances slaves, façon chœurs de l’Armée Rouge détournés et Russie tsariste exhumée des limbes à coup de shots de vodka. Le single Loves "Turn To Hate" chevauche gaillardement sur des ruades métalliques à la Motörhead tout en tonnant à gorge déployée sur le refrain, comme lâché à bride abattue sur les troupes napoléoniennes. "So Long Goodnight" se pare de prétentions héroïques, voir opératiques sauce cheap. "Riptin" rejoue la carte du conte pervers à la "Puppy Dog Snails", quant à la ballade "Ask Me To Love You", elle s’avère aussi dévoyée que le Raspoutine composé par Christopher Lee dans le Rasputine, The Mad Monk de la Hammer. Renforcé par l’arrivée du guitariste Tristan McLenahan, le groupe féraille avec ardeur, tout en rythmes martelés, riffs hurlants et basses gutturales. Mais la pièce maitresse de l’ensemble reste bel et bien le chanteur Guy McKnight, désormais paré de bacchantes à la Frank Zappa. Rejeton illégitime d’Iggy Pop, dont il reprend le flambeau de l’imbécillité élevée au rang d’art, de Ian Curtis, dont il détourne la force imprécatoire, et de Lux Interior, dont il s’accapare le timbre d’outre-tombe, le vocaliste accumule les postures et les changements de registre, haranguant ses sbires sur "Under My Chin" comme aux grandes heures de "Morning Has Broken", croonant l’œil torve le long de "Homemade" ou singeant Jim Morrison dans ses moments de débauche pour danser sur les tables au son de "I Hate The Blues". Chef d’orchestre complètement cintré, McKnight fait constamment osciller l’ensemble entre pantalonnade braillarde et séance de spiritisme hallucinée. Autant de qualités qui ne rendent ce disque que plus précieux et jouissif. A défaut de promettre de la sueur et de larmes, Blood & Fire n’a d’autre ambition que de mettre la stéréo à feu et à sang. Et le fait comme personne.

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Album de la semaine

Black Mountain


Destroyer


"

Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

"
À lire également