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Critique d'album

Haken


Virus


(24/07/2020 - Inside Out - British Prog - Genre : Rock)
Produit par Haken

1- Prosthetic / 2- Invasion / 3- Carousel / 4- The Strain / 5- Canary Yellow / 6- Messiah Complex I: Ivory Tower / 7- Messiah Complex II: A Glutton for Punishment / 8- Messiah Complex III: Marigold / 9- Messiah Complex IV: The Sect / 10- Messiah Complex V: Ectobius Rex / 11- Only Stars
Note de 3/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Après le chef d'oeuvre The Mountain, Haken gravit un nouvel Everest du metal progressif"
Nicolas, le 26/08/2020
( mots)

Ceux qui fréquentent Albumrock depuis quelques années savent qu’à la rédaction nous avons chacun nos marottes, et qui n’en aurait pas ? Pour le rédacteur de ces lignes, Haken a constitué une évidence dès sa découverte avec l’album Affinity, rétrospectivement pourtant l’essai le plus faible de la bande à Richard Henshall and co. C’est dire la qualité de ces cadors du metal progressif quand on sait que le disque en question s’était - déjà - vu affublé d’une note de 4,5 sur 5 à l’époque de sa sortie ! Que dire alors de The Mountain, sans doute leur pinacle, un disque beaucoup moins métallique, beaucoup plus subtil, beaucoup plus malin que tous les autres ? Que dire alors de Vector, immense pavé jeté dans la mare de Dream Theater qui ridiculise proprement ces derniers sur le plan de la pertinence mélodique ? On pensait avoir tout dit sur Haken, on pensait que les anglais avaient depuis longtemps atteint leurs limites, que leur meilleur était désormais révolu. On se trompait, lourdement.


Pouvait-on envisager un nom d’album plus à-propos que Virus en 2020 ? À tous ceux qui taxeraient les Haken d’opportunistes, l’explication de ce patronyme démontre une préméditation qui bat en brèche les plus viles accusations. Ceux qui connaissent The Mountain savent que le morceau phare de ce disque n’est autre que “The Cockroach King”, sans doute le plus connu du groupe - dont le clip vient, soit dit en passant, de dépasser le million de vue sur YouTube il y a quelques semaines à peine. Les musiciens ont alors eu envie de plonger au coeur de la psyché de ce roi-cafard et de déterminer ce qui pouvait conduire un gouvernant à se changer en tyran fou sanguinaire. Leur réponse a pris la forme de deux disques censés représenter les moyens - associés - de véhiculer le mal : un vecteur (Vector) et un Virus. Ainsi les deux derniers opus d’Haken se posent-ils comme deux concept albums appariés, avec une thématique commune, des artworks très similaires (rouge pour le premier, jaune pour le second, "le ketchup et la moutarde" pour les plus taquins) et une couleur musicale assez semblable, à savoir très axée metal / distortion. Plus encore, la grosse pièce progressive de Virus reprend des thèmes mélodiques des opus passés du groupe, en particulier “Puzzle” mais aussi - et bien sûr - “The Cockroach King” : la boucle est bouclée. Toute cette entreprise n’a donc rien à voir avec le SARS-Cov2. Pour autant, si Vector se révélait déjà une cinglante réussite, Virus monte encore le niveau d’un bon cran.


Ce qui différencie Haken de ses congénères, c’est cette admirable synthèse réalisée entre des univers musicaux en apparence impossibles à conciler : metal progressif ultra technique à la Dream Theater - en moins intello, pop sophistiquée à la Muse - en moins orgueilleux, space rock à la Pink Floyd - en moins suranné, sonorités djent à la Periphery - en moins imbitable, en y ajoutant çà et là un soupçon de jazz et d’électronique robotique. Si les albums du groupe marient ces allants à des degrés divers, Virus appuie très nettement sur le versant metal-djent, ce qui en fait son disque le plus lourd, le plus massif, le plus assourdissant, mais aussi son œuvre la plus roborative et impressionnante. Vous aurez bien du mal à en faire le tour en quelques tours de platine tellement la galette s’avère riche, fourmillant de détails, de bidouilles malignes, d’authentiques rappels à leur discographie. Revue de détails.


“Prosthetic” ouvre le bal, et d’emblée l’auditeur se voit cueilli sur le vif par les rafales de mitraillettes de Ray Hearne. On savait le bonhomme renversant, on le découvre animal, colossal. Rarement un batteur aura su habiter un album de toute sa puissance et de sa maîtrise, et il est un fait qu’ Haken doit beaucoup à sa rigueur et sa présence rythmiques. “Prosthetic”, donc, qui ne fait pas dans la dentelle avec ses riffs marteau-piqueur et son groove de folie, débouchant sur un grand refrain pop lyrique comme Ross Jennings sait en trousser, habité, entêtant et flamboyant. Ça bastonne dur, et ce n’est que le début. “Invasion” hausse le ton après son intro cristalline : la distorsion augmente, la cadence également, ça sonne et ça pétarade à tout va. Chaque morceau adopte sa propre signature rythmique (asymétrique, cela va sans dire) et l’étire en maintes variations entre l’ire et la grâce, les moments de fureur se voyant habilement contrebalancés par des parties d’un calme olympien. À ce petit jeu, “Carousel” se pose là. On pensait impossible qu’un accord djent (tellement distordu et grave qu’il en paraît élastique) puisse contribuer à nous faire décoller, et c’est pourtant ce qui se produit ici. Une réussite prodigieuse, au bas mot.


On confirme par ailleurs que si les six hommes maîtrisent leurs instruments sur le bout des doigts, il ne se vautrent pas dans des démonstrations techniques stériles. On se souvient de la classe inénarrable de Richard Henshall sur The Mountain, avec ses soli de guitare aussi brefs qu’irrésistibles. Ici aussi, l’homme sait se retenir, privilégier les ambiances et les sonorités aux cascades de notes, même s’il sait très bien se lâcher à l’occasion et se lancer dans des joutes avec son comparse - second couteau Charlie Griffiths et “Carousel” se pose justement comme l’exception qui confirme la règle, et quelle exception. Si la basse de Conner Green reste discrète, il en va de même des claviers de Diego Tejeida, et pourtant tendez l’oreille : ils sont omniprésents et contribuent à tisser la toile de fond d’Haken, à complexifier ses ambiances, à apporter un soupçon d’autre monde. Tejeida se démarque néanmoins un peu plus sur le sublime “The Strain” avec ses nappes synthétiques oniriques - cauchemardesques à la Porcupine Tree période Fear Of A Blank Planet : Richard Barbieri a trouvé là un digne descendant.


“The Strain” qui constitue la petite respiration de l’album en son cœur avec son joli refrain en apesanteur et ses arpèges de guitare caressants, même si l’artillerie lourde resurgit à l’occasion. Plus calme encore, “Canary Yellow” (un rappel à l’artwork jaune moutarde ?) se voit immédiatement enchaîné au morceau précédent, et c’est du très bon, mélodieux, apaisant, spatial, parfait. Mais accrochez vos ceintures, car le plat de résistance n’a pas encore été servi. Étourdissant, tétanisant, estomaquant, les qualificatifs manquent pour décrire le monstrueux "The Messiah Complex", certainement le titre le plus dense et ambitieux d’Haken, dix-sept minutes de démonstration musicale comme on en entend rarement. Exposition de thèmes, codas, ponts, changements de tempos et de tonalités, on ne sait où donner de la tête pour suivre ce déferlement de sauvagerie parfaitement maîtrisée et regorgeant de petits clins d’œil pour tous les fans du groupe - un auto-plagiat aussi taquin que jouissif servi par des musiciens au faîte de leur maîtrise technique et artistique. À partir de là, “Only Stars”, dépouillé et pudique, transpercé de craquements et des vrilles étranges, ne peut que nous transporter d’extase.


Si Virus ne constitue pas la porte d’entrée idéale pour apprécier l’univers foisonnant d’Haken - encore que… -, on peut sans mal affirmer, dès à présent et de façon ouvertement péremptoire, que The Mountain s’est trouvé un véritable alter égo qualitatif, bien que fort différent. Excité, insaisissable, aussi retors qu’émouvant, Virus se pose comme l’une des pierres de taille les plus ébouriffantes du metal progressif. Du rock de très haute volée, à conseiller sans aucune modération à n’importe qui, et un vrai chef d’œuvre en devenir. Hats off, gentlemen.

Commentaires
Kefran , le 27/08/2020 à 13:01
Du très bon Haken qui démarre sur les chapeaux de roues avec les titres Prosthetic et Caroussel (cela promet pour les concerts !) En revanche, j’en suis à ma 3ème écoute, et je trouve qu’ils tombent un peu dans la démonstration technique (en même temps, ils peuvent se le permettre) ce qu’ils avaient parfaitement réussi à éviter jusqu’à présent. J’ai ressenti ça sur Messiah Complex, même si j’ai bien apprécié les rappels aux autres albums.
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Bon album
Très bon album
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