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Critique d'album

Esplanades


Farewell-O-Scope


(18/09/2020 - Make Me sound - - Genre : Rock)
Produit par Arnillon productions/ Vailloline productions

1- Happy Fuck You Day / 2- Sunset Ballet / 3- Departure / 4- Sad Cafes
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Qui veut faire une partie?"
Mathilde, le 15/09/2020
( mots)

Deux n'est pas peu, deux n'est pas trop. Ni fait ni à faire, le nombre importe peu dans un groupe s'il remplit suffisamment, s'il y a une notion de boucle qui prend assez de place pour s'auto alimenter, et c’est là la démonstration, le tour de force de l'EP du duo lillois Esplanades et leur Farewell-O-Scope qui sort en cette rentrée. Et on peut dire que la pochette en dit long sur le contenu. Quand on l’observe on y voit une dualité en miroir, un plateau de jeu (type Jumanji) sur lequel le départ et l'arrivée se confondent. Le dé qui indique toujours "trois" ramène sans fin à la même case. "Où en sommes-nous?" quoi, avec un petit goût de réflexion sans doute concomitante au confinement. Un genre de représentation aussi inexorable du cours des choses car somme toute "life is a game", et cet EP aussi en est un. Une partie enjouée et sautillante, mais amère aussi car pas dupe de la situation anxiogène de notre monde (inutile à ce stade d’en faire une liste). Bref, une pochette symbolique et annonciatrice avec un visuel à la Oingo Boingo, un je-ne-sais-quoi de Danny Elfman un peu dé-Tim Burton-atisé. A peine.


Car le chanteur, guitariste et songwritter s'appelle Tim. Transition clef en main. Il crée en 2016 avec Rémi Mencucci (à la batterie) cette formation lilloise arty-pop, et son premier EP Funny Talking Animals parait en 2017. Sur ce dernier le groupe tenait déjà bon la barre lumineuse et décomplexée d'un duo qu'on croirait sorti d'une école d'art, toutes voiles/voix dehors. On note chez le chanteur un phrasé quasi Joe Jackson-ien sur des envolées parfois un tantinet lyriques. Le batteur n’est pas en reste, avec une base rythmique solide qui parvient à suivre les chemins parfois alambiqués des mélodies. Plus les titres défilent, plus ils révèlent des tribulations et détours pas dégueus, et suffisamment bien menés pour être digestes. Et alternativement digestes donc parfois surprenants.


En 2017, Funny Talking Animals laissait déjà présager de l’univers "en l’air", anglo-saxon très appuyé, voir un tantinet soundtrackesque ("Rebirth") du groupe. Et rien n'a drastiquement changé pour ce nouvel EP. "Happy Fuck You Day" démarre sans détour, dès la première note la voix se pose et clame un jour où on pourrait dire à nos haters d'aller (gentiment) se faire foutre. Au delà de la bonne idée, une bonne chanson pop décalée sur fond de synthé Fisher Price sous ecsta. On est directement happés dans une ambiance de banlieue anglaise style Wombats. Et dans les phases aiguës, on aurait presque des hallucinations auditives de type Kishi Bashi. Pour les nostalgiques du rock indépendant du début des années 2000, c'est pour vous, c'est cadeau.


Le second titre "Sunset Ballet" est une invitation à "mieux" décevoir sans culpabiliser, et une ballade faussement facile. Oui, faussement facile est aussi une expression qu'on pourrait également appliquer à ce duo. Il se veut régressif certes, mais avec de relents (mais des relents sympas) dans les premiers instants de nos amis Tears For Fears, et de l’élégance aérienne 80ies dopée aux claviers d’un Maximo Park. Le milieu se dilue pour revenir à un beau pont à 2'40 avec l'arrivée d'une modulation qu’on ne soupçonnait pas, une très belle trouée lumineuse.  Un "Sunset Ballet" en forme de soirée de fin d’été en somme, et qui nous fait renouer à nouveau avec nos amis du genre Duran Duran sur la beach with a cocktail et des images de karaoké sur soleil couchant (vraiment "and she dances on the sand").


Une pause cinéphile avec "Departure", une sorte d'intermède musical remonté à la grosse caisse qui est le prolongement des accords de "Sad Cafes" (la chanson d'après), donc en fait une introduction. Le départ/ l'arrivée t'as vu. Une occasion de revenir aussi à notre Danny Elfman mais en plus galopant. Et sinon que met Esplanades dans ses céréales le matin? Certainement du Muse et du Bellamy à écouter "Sad Cafes" et son intro en pleine période Hullabaloo avec la guitare hero de Matthew dans ses bonnes années. Le rythme est toujours soutenu et tendu à la manière de groupes anxiogènes tels We Were Promised Jetpacks. Certes, on peut y entendre régulièrement Puggy dans la musicalité grandiloquente mais alors largement déteinte en un marc de café, amer de ce fait. La pause café est sympa (mais triste comme tous ces lieux, selon Tim) avec un préoccupation latente et digne donc des registres New Wave. On revient au début, la boucle barrée est barrée bouclée.


Kaléidoscope du futur et du passé, Esplanades dénote dans sa façon anglophile et survoltée d'aborder la musique. Que ce soit avec trois cases en avant de modernité (dans les bidouillages et les synthés) ou trois cases en arrière de nostalgie (avec les vibes résolument vintage) on arrive à un point d'équilibre, sans doute celui du moment présent. Tels les films de Nolan, peu importe le départ, l'arrivée, les causes, les conséquences, les actions, les pauses, on se retrouve toujours à l'endroit le plus juste. L'adieu Farewell-O-Scope n'en est pas un, c'est par contre un EP prometteur qui n'est pas tout tracé d'avance.

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