↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Dream Theater


Distant Memories - Live in London


(27/11/2020 - - métal progressif - Genre : Hard / Métal)
Produit par

Note de 2.5/5
Vous aussi, notez cet album ! (1 vote)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.0/5 pour cet album
"Un énième Live, qui ne parvient pas à nous surprendre"
Maxime L, le 11/12/2020
( mots)

Il y a peu de place à la demi-mesure lorsque l'on parle de Dream Theater. Groupe pour le moins clivant, dont la fanbase est au moins aussi exigeante que ses haters sont nombreux et moqueurs. Et pour que le contexte soit parfaitement retranscrit, sachez que j'appartiens un peu aux 2 catégories : bercé toute mon adolescence par les Américains découverts sur les bancs du collège grâce au fantastique Awake, et c'est aussi le premier concert de ma vie un soir béni de 1997. Depuis, j'ai mûri et pris un peu mes distances avec eux et le genre d'une manière générale pour m'acheminer vers des sonorités moins "chargées" et moins "caricaturales".


Mais si je ne suis jamais contre une petite rechute de temps à autre, il m’apparait légitime de s'interroger sur une nouvelle livraison live du groupe, dont on a toutes et tous l'impression qu'il en sort de façon très (trop ?) régulière, à la manière du nouveau Woody Allen chaque année pour les cinéphiles, du dernier Amélie Nothomb pour les mordus de littérature ou du Beaujolais Nouveau pour les personnes peu recommandables.


Les chantres du métal progressif ont toujours choyé leurs fans avec des doubles voire triples albums live chargés ras la gueule, mais cela impose aussi de mettre très souvent la main au porte-monnaie (un peu moins depuis l’avènement du streaming mais le fan de métal progressif est généralement attaché à l’objet physique).


14 disques studios pour les américains, et donc désormais 9 albums lives. Loin de moi l'idée de critiquer gratuitement la démarche mais je n'ai pas connaissance d'un rythme aussi soutenu chez d'autres formations (même Iron Maiden a sorti moins de lives officiels).


Y a t'il donc vraiment un intérêt à avoir un nouveau disque en public en 2020 ?


A ce petit jeu là, Les américains trouvent à chaque fois une bonne occasion de sortir le champagne, les confettis, les micros et caméras, la captation vidéo étant bien sûr au programme. Once in a livetime en 1998 inaugurait le premier vrai album live du groupe, Score en 2006 célébrait leur 20 ans de carrière, et Chaos in motion le premier régécolor de James Labrie.


Seulement, nos progueux sont confrontés à une véritable interrogation lors de la préparation de leur tournée 2020. Quelle set list choisir entre les chansons du dernier très bon album en date, Distance Over Time  et ceux de leur pièce phare, Scenes from a Memory qui fête alors ses 20 ans ?


La question pour Dream Theater, et bien elle est vite répondue : ils joueront les deux pardi !


On retrouve donc sur la galette bien dodue l'intégralité de Scenes from a Memory et 6 des 9 morceaux de Distance Over Time pour un total de 2h30 de musique, de quadruples croches de de soli de triples claviers.


La prestation est enregistrée à Londres, les 21 et 22 février dernier au mythique Hammersmith, et d'emblée on remarque un visuel plutôt trés réussi, mêlant l'artwork de Distance Over Time et l’Union Jack, le tout surplombant la Tamise. Une pochette qui n'est pas sans rappeler le visuel initial du Live Scenes Frome New-York montrant les tours jumelles en feu, et retiré in extremis des bacs, le jour de sa sortie, un funeste 11 septembre 2001.


La crainte qu'on peut légitimement avoir lorsqu'on est un fidèle de Dream Theater et de leurs prestations live, c'est l'état de la voix de James Labrie. Sans trahir un secret de polichinelle, le chanteur apparait souvent comme le maillon faible du quintet américain, y compris pour les fans inconditionnels du groupe.


"Untethered Angel", l'excellent morceau qui ouvre le disque n'est d'ailleurs pas très rassurant sur cet aspect, avec des montées dans les aigüs déjà un peu aux bords de la rupture. Mais accordons à Labrie si ce n'est le bénéfice du doute, au moins un temps de « chauffe » et d'adaptation, les premiers titres des différents albums live du combo américain n'étant pas toujours les plus réussis vocalement.


Mais pour être totalement transparent sur ce "Untethered Angel", les faussetés ne parviennent pas à gâcher cette belle entrée en matière (avec comme habituellement de longues plages instrumentales), qui passe allègrement l'épreuve du live.


Sans rentrer dans du piste par piste qui serait pour le moins fastidieux (21 chansons !), le quintet prend rapidement ses marques, notamment au cours de "A nightmare to Remember" seule piste du concert (avec "In The presence of enemies") qui sortira du combo "Scenes from a Memory"-"Distance Over Time". Cette chanson, qu'on retrouvait sur Black Clouds and Silver Linings en 2009, est un vrai bon condensé de ce qu'est Dream Theater : passages mélodiques (qui évoquent parfois l'excellent "Trial of Tears" sur le trop sous-estimé Falling into Infinity, variations de thèmes et de rythmes à ne plus savoir où écouter, riffs plus musclés et passages épiques parfaitement réalisés. Et sans vouloir de nouveau appuyer là où ça fait mal, difficile de passer sous silence cet affreux "London" crié les doigts coincés dans une porte par un James Labrie, dont les interventions avec le public sont en plus d'une platitude presque exaspérante.


Concentrons sur le reste, et ne perdons pas de temps inutilement sur les autres membres. Oui il y a beaucoup de talent et d'ultra-technicité sur chaque instrument. Mike Mangini est arrivé depuis bientôt 10 ans, et tout le monde a définitivement tourné la page du départ de Mike Portnoy, malgré tout ce qu'il représentait pour le groupe, que ce soit derrière ses fûts ou de par l'image qu'il véhiculait. Mangini s'en sort évidemment très bien, avec un jeu sans doute plus "droit" que son prédécesseur.


La première partie du disque est la plus "intéressante" dans le sens où elle illustre Distance Over Time,  impeccable parution qui aura permis à Dream Theater de revenir sur le devant de la scène après 2 ou 3 albums assez quelconques, voire complètement ratés en ce qui concerne le très boursouflé The Astonishing.


Et les nouveaux titres passent très bien en live, je pense particulièrement à "Pale Blue Dot" et ses riffs râpeux dévastateurs d'un John Petrucci encore impérial, même s'il est vrai que compte tenu de leur technicité, nos 4 sbires (oui, je ne compte pas Labrie) parviennent à chaque fois à retranscrire sur scène les pistes gravées en studios. D'aucuns diront d'ailleurs qu'il ne s'agit bien souvent que de "simples" copié-collés à la double-croche près, ce qui en soit est tout à fait vrai, mais pas pour autant rédhibitoire pour le fan de Dream Theater. Et en filigrane, cela pose une vraie question sur ce qu'on attend de de genre de groupes en concert : tenter de nous surprendre au risque de nous perdre par trop d'expérimentations ou jouer la carte de la sobriété (terme pas forcément bien choisi dans une chronique de Dream Theater!) en reproduisant fidèlement les morceaux studios ?


Les Américains ont heureusement plus d'un tour dans leurs flights-cases, et l'intro de Jordan Rudess qui ouvre la seconde partie nous transporte dans un piano bar en plein milieu des années folles, et lorsque résonne le " Close your eyes and begin to relax" annonçant Scenes From a Memory  c'est un public déjà conquis, assis, sage mais conquis, qui attend la célébration des 20 ans de ce chef d'oeuvre.


Et non, on ne compte plus les fois où ce concept a été joué et enregistré live, mais ne boudons pas notre plaisir, des morceaux comme "Fatal Tragedy" sont éternellement efficaces (quelles lignes de basse de l'extraordinaire John Myung, pas le plus voyant mais pas le moins virtuose !), "Beyond This Life" écrase toujours tout sur son passage (malgré les limites de Labrie une fois encore "criantes" sur ce morceau) et les parties instrumentales de "Home" sont toujours hallucinantes de puissance et de technique. Impossible également de se lasser des ballades, "Through Her Eyes" étant une de leurs plus belles réussites, en dépit là encore d'un chant pour le moins un peu limite.


Les "tubes" défilent et c'est avec les oreilles avides que l'on attends "Finally Free", et son outro dévastatrice et légendaire, curieusement rallongée ici par un break un peu inutile, qui lui fait perdre de son aspect "apocalyptique", et qui nous fait regretter le temps d'une chanson Mike Portnoy. Dommage.


Le concert se termine par deux des meilleurs titres de Distance Over Time : "At Wit's end" où pour le coup Mangini est d'une efficacité redoutable (sur son jeu à la grosse caisse par exemple) et le génial "Paralyzed", présenté ici sous la forme de "bonus track", mais dont le riff d'intro mettra tout le monde d'accord, et qui nous permet de nous rendre compte une nouvelle fois de la qualité de Distance Over Time.


En conclusion, vous l'aurez compris, Dream Theater ne nous surprend pas avec ce live, un peu plombé il faut bien le dire par la prestation de James Labrie. Les fans écouteront, bien conscients des points faibles du groupe (je ne vous refais pas un dessin), les haters ricaneront, et les autres passeront leur chemin, ce qui n'a en soi là encore, rien de surprenant.

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Oct. 2021
22
Sortie d'album

Dream Theater


A View From The Top Of The World


Studio
Critique d'album

Dream Theater


The Astonishing


Critique d'album

Dream Theater


Dream Theater


Album de la semaine

VOLA


Witness


"

Il leur aura fallu le temps, mais on peut désormais l’affirmer sans fard : sur son troisième album, Vola a trouvé tout à la fois son style et sa force de composition. Si les danois avaient su jusqu’ici faire preuve d’éclectisme et d’ouverture d’esprit dans leur metal progressif à accointances électro-djent, on ne les avait encore jamais vus aussi robustes que sur ce Witness qui jette un très gros pavé dans la mare du milieu, au point désormais d’éclabousser à grosses gouttes les cadors du genre, TesseracT en tête. Carrément.

"
À lire également
Compte-rendu de concert