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Creedence Clearwater Revival


Collectif, le 18/09/2017

Mardi Gras


11 avril 1972


A vouloir tout contrôler, John Fogerty a fini par tout briser. A commencer par sa relation avec son frère Tom, guitariste rythmique qui ne supporta pas plus longtemps le peu de place laissé par son cadet dans les compositions. Mardi Gras sera en 1972 le dernier disque de Creedence.


Ce départ a-t-il été un déclic pour John Fogerty ? Toujours est-il que pour sauver le groupe, qui décide de continuer sous forme de trio sans recruter de nouveau membre pour remplacer Tom, le leader va lâcher du lest à ses deux derniers camarades. Echappant de peu à la mutinerie, le capitaine conçoit que Creedence puisse interpréter des titres écrits par quelqu’un d’autre que lui, et daigne même s’occuper des parties de guitares sur les morceaux écrits par Stu Cook et Doug Clifford. Grand prince.


Au final, John Fogerty n’est l'interprète que de quatre titres de Mardi Gras. Dont le très mauvais et carnavalesque "Lookin’ for a Reason", le déjà-kitsch-en-1972 "Hello Mary Lou" (reprise de Gene Pitney, chanteur américain des années 60), mais également les très surprenants "Someday Never Comes" et "Sweet Hitch-Hiker". Lui qu’on connaissait jusque-là coincé dans son obsession du rock n’roll à l’ancienne tente des arrangements qui s’éloignent de sa zone de confort, avec une dimension très pop et moderne dans les couplets et transitions de "Someday Never Comes", et surtout une rage rafraîchissante dans "Sweet Hitch-Hiker". Avec ce dernier titre, Fogerty se montre capable de saisir les bouleversements qui traversent le rock du début des années 70, plus sauvage à la batterie, avec un son plus saturé et des riffs simplifiés.


Malheureusement, Mardi Gras n’a pas réellement été écrit de façon démocratique. Plutôt que de faire les choses ensemble dans l’intérêt de tous, les trois derniers membres de Creedence se sont séparés entre les morceaux de Fogerty, et les titres du duo Cook/Clifford. La section rythmique s’est associé pour écrire "Need Someone to Hold", petite chanson simple et efficace qui convainc surtout par la mélodie du chant de Doug Clifford, peut-être le meilleur des deux au chant. Stu Cook évolue lui dans un registre plus éraillé et caricatural, sur le titre "Take It Like A Friend", qui contient en revanche les meilleures parties de guitare du disque.


Si Creedence cherche dans Mardi Gras à conserver son identité rock n’roll old school, le dernier disque de Creedence témoigne surtout des envies grandissantes de chacun d’explorer de nouveaux horizons. Mardi Gras part ainsi dans tous les sens et perd grandement en cohérence, avec certains morceaux vraiment oubliables. Mais son imperfection est peut-être ce qui en fait le disque le plus spécial de la carrière du groupe. Mettant enfin un terme à l’obsession de John Fogerty pour un rock calibré à l’excès, Creedence offre une poignée de titre qui lui ressemble enfin. Et même Fogerty semble profiter de ce renouveau à l’écriture, libérer de devoir batailler avec ses collègues pour imposer sa vision. Pourtant, le leader de Creedence n’a jamais reconnu Mardi Gras comme étant un disque à part entière de la discographie du groupe.


Après la sortie de Mardi Gras, John Fogerty jette l’éponge et décide de se lancer en solo, chose qu’il aurait peut-être dû penser à faire depuis longtemps. Il lui faudra un certain temps avant d’interpréter à nouveau en live des morceaux de Creedence, et c’est finalement Bob Dylan qui va le convaincre de se replonger dans son ancien répertoire. De leur côté, Cook et Clifford vont rester fidèle à Creedence et continuer de faire vivre la musique de leur défunt groupe avec Creedence Clearwater Revisited, une formation qui continue aujourd’hui de donner quelques concerts. Tom Fogerty n’a eu lui aucune réussite en solo, et est décédé en 1990. Si des discussions s’engagent de temps à autre pour que John Fogerty, Stu Cook et Doug Clifford se réunissent sur scène, le dernier concert du groupe avec ses quatre membres d’origine datte du mariage de Tom Fogerty en octobre 1980. De Creedence, il restera une série de poursuites juridiques pour des histoires de droits. Et une bonne flopée de titres ancrés dans la pop culture américaine, qui continue de vivre à travers bande-annonce de films, reprises et best of.


Erwan

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