↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Air


10 000 Hz Legend


(28/05/2001 - Virgin - Electro - Genre : Autres)
Produit par

1- Electronic Performers / 2- How Does It Make You Feel ? / 3- Radio #1 / 4- The Vagabond / 5- Radian / 6- Lucky And Unhappy / 7- Sex Born Poison / 8- People In The City / 9- Wonder Milky Bitch / 10- Don't Be Light / 11- Caramel Prisoner
Note de 5/5
Vous aussi, notez cet album ! (5 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 4.0/5 pour cet album
"Le chef d'oeuvre rétro-futuriste du duo versaillais."
Maxime, le 09/04/2011
( mots)

Ainsi vint 2001, année rétro-futuriste s'il en est, voyant L'Odyssée de l'espace surgir des sixties pour s'installer dans un présent uchronique. Révolution numérique oblige, les effets spéciaux ne s'appuient presque plus sur les maquettes et les trucages optiques dignes de Mélies, mais la quête du monolithe noir, de la Lune aux confins de Jupiter, fascine toujours autant les spectateurs du nouveau millénaire. Aussi en est-il de même pour le duo versaillais, lequel, armé de machines antiques (synthétiseur Moog, vocoder, Theremin...), avait propulsé la french touch dans des mirages avant-gardistes au mépris de toute obsolescence technologique. Ceux qui avaient hâtivement réduit Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin à leur tube "Sexy Boy" ont pu rattraper leur bourde sur la B\.O\. de Virgin Suicide (2000), dans laquelle Air affirmait sa véritable nature, celle d'un groupe psyché-pop atemporel à dimension cinématographique. 10 000 Hz Legend renchérit dans cette voie, déployant le score d'un film de SF lascif et sophistiqué, dans lequel la machine sauverait l'humanité pour de bon, le générique final défilant sur l'image de l'astronaute Bowman dérivant avec délice en compagnie de HAL le long des anneaux de Saturne.

Tout comme le chef d'oeuvre de Kubrick, la beauté de ce deuxième album se mérite. Le disque est long en bouche, développe son propre tempo, suave et entêtant, nécessitant plusieurs passages pour en appréhender pleinement les méandres. On préconise l'écoute au casque, voire la station assise sur la moquette de son salon. Une fois ces prédispositions prises, la galette dévoile un à un ses charmes persistants. Des paysages se dessinent, grandioses, luxuriants, et gagnent en profondeur de champ à chaque visite. Les couleurs irradient en Technicolor, les travellings se lancent dans un ballet vaporeux, un océan de sensations point au détour des panoramiques. 10 000 Hz Legend rappelle les space-operas cotonneux confectionnés par Pink Flyod au début des seventies ("Radian"), si ce n'est que ses perspectives vertigineuses sont dessinées au pastel, sans avoir besoin de convoquer les orchestres monumentaux et les expérimentations savantes. Chez Air, l'infini est synonyme de douceur, à l'image du single "Radio #1", lequel, s'appuyant sur un rythme martial et des voix flottant dans l'atmosphère, baguenaude en fin de piste sur les traces d'Otis Redding. "How Does It Make You Feel" renoue avec la basse veloutée et la batterie voluptueuse de Melody Nelson, un software pluggé sur l'âme de Gainsbourg conversant avec les choeurs des Beatles de "Because". "Lucky Unhappy" clopine sur le rythme heurté d'un Suicide enfin apaisé ou d'un Radiohead version Kid A, plus sensuel que cérébral. "Don't Be Light" machouille son chewing-gum sur la banquette arrière d'un monospace arpentant l'Autobahn de Neu! sous la douce lumière d'une fin d'après-midi d'été. "The Vagabond" voit Beck s'exercer sur un funk ralenti en une mélopée alanguie d'extase quand "Wonder Milk Beach" convoque les espaces morriconiens.

Disque le plus ambitieux du répertoire des frenchies, 10 000 Hz Legend parvient à esquisser des tableaux grandioses sans verser dans le grandiloquent. Si ses auteurs ont perfectionné leur immédiateté pop depuis, pas sûr qu'ils aient fait mieux sur la longueur. S'agit-il d'un fleuron du néo-rétro, d'une rêverie électro confectionnée quasi-exclusivement en analogique ou d'un folk d'un genre nouveau ? Aucune idée. Reste que les pulsations sourdes qui le parcourent de bout en bout, même captées depuis d'ancestrales machines, ne peuvent être que celles d'un coeur qui bat. Air, humains après tout.

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Critique d'album

Air


Le voyage dans la Lune


Critique d'album

Air


Pocket Symphony


Critique d'album

Air


Talkie Walkie


Album de la semaine

Black Mountain


Destroyer


"

Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

"
À lire également