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Critique d'album

Nektar


Journey to the Centre of the Eye


(00/11/1971 - Bacilius - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- Prelude / 2- Astronauts Nightmare / 3- Countenance / 4- The Nine Lifeless Daughters Of The Sun / 5- Warp Oversight / 6- The Dream Nebula / 7- The Dream Nebula Part II / 8- It's All In The Mind / 9- Burn Out My Eyes / 10- Void Of Vision / 11- Pupil Of The Eye / 12- Look Inside Yourself / 13- Death Of The Mind
Note de 4/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Voyage interstellaire du plus allemand des groupes anglais"
François, le 07/08/2021
( mots)

L’histoire du rock allemand est assez exaltante, surprenante et intrigante. Pour ce qui est de la scène progressive, il est notable qu’outre-Rhin, un courant spécifique s’est développé de façon presque concomitante avec le Royaume-Uni : le Krautrock. Formule insultante dont l’origine se perd au sein des folliculaires de la Perfide Albion, elle qualifie d’abord la production germanique en général pour finalement donner son nom (retournement classique du stigmate) à une musique progressive hautement expérimentale, inspirée par les compositeurs contemporains (Stockhausen en particulier) et adepte de matériaux électroniques. Dissonances, ruptures rythmiques, plages bruitistes et improvisations délirantes sont le lot des Amon Düül II, Can, Guru Guru, Ash Ra Tempel, Popol Vuh, Neu !, Gila, et autres Tangerine Dream. Cette scène foisonnante a laissé peu de place à un rock progressif symphonique plus proche des grands noms britanniques, si ce n’est assez tardivement : même un groupe culte comme Eloy ne commence sa discographie progressive qu’en 1973. 


A toute règle prévaut des exceptions, et il semble que de ce côté du Rhin, Nektar soit la plus fameuse d’entre elles. Encore faut-il préciser que ce groupe, formé en 1969 à Hambourg par la rencontre entre Roye Albrighton et les membres de Prophecy, est de nationalité britannique malgré son implantation géographique en RFA … D’où peut-être l’influence de l’esthétique anglaise dans leur façon de faire du prog’ … Finalement, c’est Dieter Dierks, producteur de nombreux groupes de Krautrock (Ash Ra Tempel, Gila, Tangerine Dream …) et bientôt de Scorpions, aux manettes sur leur premier album, qui apporte une touche germanique à l’ensemble. 


En pleine Guerre Froide et surtout en terrain miné par les événements, Journey to the Centre of the Eye recherche un concept collé au contexte contemporain louvoyant entre voyages interstellaires (sur Saturne) et inquiétude sur la prolifération des armes nucléaires. Preuve qu’il s’agit d’un groupe de l’entre-deux, à l’interface entre l’Allemagne et l’Angleterre, Nektar emprunte bien des aspects au Krautrock pour donner du corps à son récit. Son inclinaison spacerock, certains passages bruitistes, répétitifs, en sont les illustrations. Il découpe ainsi l’album en de nombreuses pistes dont certaines sont très brèves, de simples scansions : "Prelude" est parfois strident, "Warp Oversight" est un passage space-rock bruitiste évoquant bien la perdition dans l’espace infini …


Néanmoins, on reconnait bien la touche symphonique du groupe, il y a même déjà quelques gimmicks qui s’exprimeront sur leur chef-d’œuvre à venir, A Tab in the Ocean (notamment les deux parties de "The Dream Nebula" qui seront presque recyclées). On peut évoquer la progression en forme de montée en puissance qu’est "Countenance", ou encore les traits crimsoniens (première période) sur la première partie de "Burn Out My Eyes". A cela il faudrait ajouter des accents floydiens indéniables. 


Mais il s’agit d’un rock progressif souvent ancré dans les années 1960 : si l’on passe sur les mesures inquiétantes et spacy d’"Astronaut’s Nightmare", le titre semble inscrit dans la scène psychédélique américaine (surtout pour les claviers), dont on a une version plus heavy-prog’ sur "Pupil of the Eye". De même, "The Nine Lifeless Daughters of the Sun" se fonde sur des emprunts à la musique baroque typiques du tournant de la décennie, sans compter les quelques côtés plus ou moins improvisés.  


A bien des égards, Nektar est un groupe de la frontière : entre deux pays, entre deux époques musicales. Pourtant, malgré les hésitations esthétiques sensibles, ce premier essai s’affirme comme un concept-album plutôt bien agencé, avec une réelle volonté de donner une homogénéité et une narration convaincante. Une mise en orbite qui présage des voyages encore plus passionnants. 

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