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Critique d'album

Nazareth


The Fool Circle


(00/02/1981 - - Hard-Rock - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Dressed To Kill / 2- Another Year / 3- Moonlight Eyes / 4- Pop The Silo / 5- Let Me Be Your Leader / 6- We Are The People / 7- Every Young Man's Dream / 8- Little Part Of You / 9- Cocaine / 10- Victoria
Note de 2/5
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Note de 2.0/5 pour cet album
"Philosophons avec Nazareth et son tournant des 1980's"
François, le 13/11/2021
( mots)

En philosophie, il y a une expérience de pensée fameuse qui trouve un écho particulièrement saillant dans l’histoire du rock, celle du bateau de Thésée. Au gré des voyages et des tempêtes, le navire voit ses pièces remplacées petit-à-petit si bien qu’il finit par n’en posséder aucune d’origine. Est-ce toujours le même vaisseau que l’on retrouve à la fin ? Si non, à partir de quelle pièce bascule-t-on vers un nouveau bateau ? Vous voyez où je veux en venir. Les vieilles formations qui ont renouvelé leurs membres au fil des années si bien qu’elles n’en gardent aucun d’origine doivent-elles être considérées comme l’incarnation du groupe dont elle porte le nom ? Le Dr Feelgood actuel n’est-il qu’un cover-band ? Qui du Yes officiel, avec Steve Howe comme seul membre historique, ou du Yes alternatif rassemblant Wakeman, Anderson et Rabin, est le plus proche de l’essence du groupe ? Le problème est d’autant plus profond quand le groupe n’a jamais cessé d’exister et que ses membres sont arrivés petit-à-petit si bien que certains y travaillent depuis davantage d’années que le musicien originel (on parle de Steve Morse ?). 


On peut aller encore plus loin en termes de philosophie et calquer sur ce problème les débats concernant l’esprit (du groupe, sa musique, son essence esthétique) et le corps (du groupe, ses membres). Où se situe alors la glande pinéale ? 


De toute façon le problème semble inextricable : où nous sommes nominaliste et le combo qui possède officiellement le nom de groupe demeure le groupe au même titre que sa première incarnation. Ou nous nous concentrons sur le phénomène et voyons bien qu’il y a le passage d’une chose à l’autre, tout en étant vraiment embêté pour situer le moment de ce passage. Vous excluriez Burn de la discographie de Deep Purple ? Heaven and Hell de celle de Black Sabbath ? The X Factor de celle d’Iron Maiden (je blague, quoi que …) ? Jugulator de celle de Judas Priest (je blague à nouveau) ? Tout cela à cause d’une formation qui n’a plus les membres de départ ? 


Eh bien voilà un album absolument anecdotique dans l’histoire du rock qui peut néanmoins nous permettre de réfléchir à cette question, The Fool Circle de Nazareth sorti en 1981. 


Dix ans après la sortie de leur premier album, la formation de Hard-rock écossaise est exactement la même, les membres plus récents ayant été exclus (on pense à Zal Cleminson). Le bateau de Nazareth est donc exactement dans le même état une fois au port de l’année 1980, pas de doute là-dessus, dix ans de voyage n’ont pas séparé les apôtres. A priori, nous sommes hors du débat tel que nous l’avions posé plus haut. 


A moins que nous nous concentrions sur l’âme esthétique du groupe. L’alarme années 1980 doit s’activer dans votre cerveau à l’écoute du refrain kitsch de "Another Year", du slow dégoulinant et tristement chiant "Moonlight Eyes", du reggae mièvre typique de l’esprit du temps ("Let Me Be Your Leader"), et des summums du mauvais goût que sont "Little Part of You" ou "Every Young Mans’ Dream" (avec le décalage de tonalité bien 1980’s, on remarque que le chant très prenant et enroué de McCafferty peut s’avérer ridicule dans un tel usage). Exactement la même enveloppe, mais une musique à des années lumières de ce que fut Nazareth pour l’histoire du rock et dans le cœur des fans. De quoi retourner notre perspective initiale et de poser la question dans d’autres termes : si une formation conserve sa composition initiale mais change stylistiquement son fusil d’épaule, sommes-nous face au même groupe ? Selon ce que vous répondrez à celle-ci, vous devrez assumer le corollaire, notamment si vous dites non, car ainsi, un groupe totalement remanié gardant pourtant le nom et l’esprit initiaux est le même, la musique comptant davantage que ceux qui la jouent. 


Bon, avouons-le, The Fool Circle, ce n’est pas non plus une catastrophe, notamment en comparaison avec l’ensemble de la production des vieilles gloires à l’époque. Dans le registre plus hard-rock, on aura même du boogie-rock plus ou moins inspiré (côté plus inspiré on aura "Dressed to Kill" et pour le moins, "Victoria (Sweet)"), le mélodique "Pop the Silo" avec ses passages acoustiques est une réussite, et dans un autre registre, le plutôt cool et chaloupé "We Are the People" se laisse savourer. On pourra aussi se dire "pourquoi pas ?" à l’écoute de la reprise de "Cocaine" live ( ?) avec son intro surprenante et l’enthousiasme démesuré de la foule. La pochette est également un point positif. 


Sachez que Nazareth existe toujours, qu’il produit du hard-rock pur jus, mais qu’il ne possède plus qu’un seul membre d’origine, Pete Agnew. Alors entre The Fool Circle (1981) et Tattoed on my Brain (2018), demandez-vous selon vous quel serait l’album qu’on peut le plus associer au groupe et répondez à cette question : la bateau de Thésée est-il toujours le bateau de Thésée ? 


A écouter : "Dressed to Kill", "Pop the Silo", "We Are the People"

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