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Critique d'album

Duran Duran


Duran Duran


(15/06/1981 - EMI - New Wave - Genre : Autres)
Produit par Colin Thurston

1- Girls on Film / 2- Planet Earth / 3- Anyone Out There / 4- To the Shore / 5- Careless Memories / 6- Night Boat / 7- Sound of Thunder / 8- Friends of Mine / 9- Tel Aviv
Note de /5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"L'air/ l'ère que se donnent les nouveaux romantiques"
Mathilde, le 11/09/2021
( mots)

Les nouveaux romantiques, une dénomination qui fleure fort le has-been surtout si on se base sur la chanson dispensable de Karen Cheryl qui met bien minable: "Il a l’émotion de notre génération" chante (entres autres, mais pas besoin d'épiloguer non plus) la donzelle. Cette exposition des ressentis souvent moquée fait de ce mouvement une période pas assez considérée, voire déclassée dans l'immense et nébuleux univers du rock. Dérivée de la culture pop pourtant passionnante, héritière enthousiaste du post punk du début des années 80, la new wave c'est des accents baudelairiens, une émotion retenue sous une couche de chemises gonflées de jabots et de manches ballons. Les mecs de la nouvelle vague sont des passionnés - un tantinet dramatiques - du sentiment, des accros du look aussi, alliant l'élégance mélancolique et mélodique. Et si au-delà du maniérisme apparent, on y voyait aussi de la sophistication? 


Comme (toujours) d'habitude, ça démarre par des amis d'enfance. Initialement c’était Stephen Duffy au chant et Simon Colley à la basse (et une flopée de Taylor n’ayant aucun lien familial entre eux), mais ça sera Simon Lebon et son recueil de poèmes - qu’il amena à l’audition - qui apportera au quintette de Birmingham la dernière pierre à l’édifice et qui rendra le groupe Duran Duran valide, et exposable. Fils de qui, de quoi, les garçons coiffeurs? Bah en vrac de Brian Eno, Kraftwerk, Chic avec en plus la morgue des Pistols car le projet c’est d’être en décalage mais ça doit aussi bouger pour "keep it funky and dance-able".


En décembre 1980, alors que John Lennon vient d’être assassiné, les Duran Duran sortent leur premier single "Planet Earth" qui se hisse au 12ème rang des charts anglais. "Il y a quelque chose de très romantique chez les astronautes" déclarait le groupe qui voyait sa chanson comme un genre de "Space Oddity". Du son métallique de guitare soutenu par des nappes forcément un peu aériennes de synthés. Et Simon qui y met de la puissance avec une voix offensive. 


Flamboyant, tape à l’oeil, chaloupé ce sont tous ces qualificatifs qui émergent dès le premier titre de l'album "Girls On Film". Les flashs d’un appareil photo crépitent pour dénoncer l’exploitation des femmes dans le milieu des top-modèles. L’esthétique du clip est comme du poivre provoquant saupoudré sur les clips de l’époque, entrecoupé qu'il est  de visuels marquants pour l'esprit (des scènes de catch). Le tableau est incisif, drôle, droit au but, féministe avant l'heure, sur fond de percussions ensoleillées et d'une basse toute en syncope (après le K.O du match).


Enivrant, "Friends Of Mine" martèle avec une nostalgie d'anticipation que les amis toxiques et les personnes qui défendent les coupables (le titre évoque Georgie Davies qui était un criminel des années 70 et qui a pu sortir de prison grâce/à cause de ses supporteurs ) sont de sacrés indésirables. S'entendent aussi ce qu’on qualifierait aujourd’hui de tonalités "chill wave" comme sur l’instrumental et arabisant "Tel Aviv" (une vraie musique de James Bond, ils en feront une pour l'agent de toutes façons plus tard) et "To The Shore" qui reproduit les allers-retours de l’écume sur la plage (des prémices de "Rio", pour sûr). Ouais, ça se passe près de l’eau en été durant la moitié de l’album ct'histoire.


C’est pas pour démonter la cabane (de plage), au contraire, mais Duran Duran c’est également une humeur révoltée avec l’esprit ouvrier-anglais de l’ère Thatcher. "Careless Memories" est plus dark et binaire, bien plus post punk :"On the table, signs of love lies scattered/ And the walls break, with a crashing within/ it’s not as though, as though you really mattered", et plus tard "Sound Of Thunder" étale sa mélancolie et ses tambours tribaux comme le ferait du Lemon Curd (confiture au citron) sur les souvenirs de la guerre froide. On n'est pas totalement là pour la bamboche quoi. Des airs de fin du monde aussi sur "Night Boat", échoique ("echoes me, echoes me") avec des notes de clavier strident, éclatées par des guitares éclairs. 


Duran Duran est la vitrine de la new wave et par cet album ils font vraiment les journées du patrimoine. Ce premier effort, qui sera aussi leur premier succès, est le concentré parfait de la déclinaison proposée par ce courant dit romantique, mais pas que. La new pop, telle qu'on l'appelait aussi outre-manche, c'est une séduction et son pouvoir d'excitation. C'est une volonté de rupture avec le "vieux" rock des 70ies et le punk tout juste révolu, mais tout en respectant et renouvelant ce dernier à coups de technologies de l'époque (synthés et boites à rythmes), de couleurs et de danse.


C'est une période, un âge d'or que l'historien anglais du rock, le (respectable) Simon Reynolds, résume très bien dans son (indispensable) ouvrage Rip It Up And Start Again: "Comment se rendre compte que l'on vit un âge d'or ? Certainement à l'impression que l'euphorie ne s'achèvera jamais. Aucune raison valable ne semble pouvoir y mettre un terme. Cela reste évidemment une illusion, pareille à la pâmoison de l'amour naissant. Mais c'est pourtant ce que ressentaient les jeunes Anglais entichés de pop music au début des années quatre-vingt." Et ce qui est magique, c'est que cette fraicheur reste, même des années après: des titres tels "Rio" ou "Girls On Film" émeuvent toute une génération exactement comme au premier jour. Comme une immédiateté qui semble ne jamais s'épuiser. 


Eclatant, grave parfois, l'album éponyme Duran Duran irradie, diffusant dans ses rayons du grain à moudre pour les videos clips (le phénomène de l'époque, tel Tik Tok aujourd'hui) mais le plus souvent surtout des titres lumineux et accrocheurs, et bien plus complexes que l'on pourrait croire pour qui se laisse s'en mêler. Le groupe de Birmingham est finalement la figure prototypique de l’avènement de la synth-pop en Grande Bretagne. Duran Duran a le nom du savant fou apparaissant dans le film de science-fiction Barbarella. Autant lui a un nom conformiste (Durand Durand), autant eux ne passeront pas inaperçus. On parle ici d’un album phare puisque se plaçant en 3ème place dans les classements à sa sortie en 1981 au Royaume-Uni. Les USA seront bien vite conquis aussi. Amenant une vision moderne arty-punk sous couvert de bon esprit et d'avant gardisme, les Duran Duran ont ouvert la voie (aux yeux du grand public) à un bouquet d'autres groupes (Tears For Fears, A-Ha, The Human League j'en passe et des plus maquillés). S'y attarder c'est s'imprégner d'une ambiance aussi touchante que vibrante, aussi retenue qu'audacieuse. Un arrêt doux-amer en somme. Vivement conseillé.

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