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Critique d'album

I Mother Earth


Scenery And Fish


(23/04/1996 - Capitol - Rock Pop Progressif Grunge - Genre : Rock)
Produit par Paul Northfield et Jagori Tanna

1- Hello Dave / 2- Like A Girl / 3- One More Astronaut / 4- Another Sunday / 5- Three Days Old / 6- Used to be Alright / 7- Shortcut to Moneton / 8- Pisser / 9- Raspberry / 10- Songburst & Delirium / 11- Sense Of Henry / 12- Earth, Sky and C.
Note de /5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"I Mother Earth, ou l'énième preuve de la richesse et de la diversité de la scène Rock Nineties, pour un disque qui n'a presque pas dépassé les frontières Nord-Américaines."
Maxime L, le 13/09/2021
( mots)

Nadal ou Federer ? Stones ou Beatles ? De Niro ou Pacino ? Scorsese ou Coppola ?Ronaldo ou Messi ?


Comme on nous demande incessamment de faire des choix pour ces grandes rivalités historico-sporto-culturelles, il faudra un jour se poser la seule et vraie bonne question qui risque de diviser : choisir la meilleure décennie musicale entre les années 70 et les années 90.


Si beaucoup répondront que les années 70 sont intouchables (coucou à une partie de la rédac') de par leur aspect fondatrices et défricheuses, gageons que la musique des années 90 a su (et dû par la force des choses) se réinventer, après une décennie marquée par l'apport massif et outrancier de claviers dégoulinants, et où les gros dinosaures du rock et autres groupes de hair-métal, en sommeil profond (ou en désintox) se sont faits rouler dessus par le grunge, le rock alternatif et dans une moindre mesure le néo-métal.


Et si l'industrie musicale balbutiante des années 70 nous permet encore de découvrir des trésors cachés, et qui constitue d'ailleurs un peu la spécialité de certains chez albumrock ; quelques disques des nineties sont aussi bizarrement passés complètement sous les gros radars du "grand public spécialisé" en Europe, et plus particulièrement en France, pays pas forcément reconnu pour sa culture rock. Nous vous avions déjà parlé, entre autres, des Américains de King's X, rajoutons désormais à la liste des grands oubliés de cette période leurs voisins canadiens : I Mother Earth.


Derrière ce nom un peu bizarre (et une tannée à prononcer pour nous français), et après avoir abandonné celui de "I Am Me" (ouf!), se cachent les frères Christian et Jagori Tenna, respectivement batteur et guitariste, auxquels ils faut rajouter "Edwyn" au chant ; et comme tout bon groupe de rock qui se respecte : différents bassistes qui se succèderont au fil du temps.


I Mother Earth se produit au début des années 90 aux quatre coins de leur Ontario natal, et commence à se faire connaitre pour ses prestations live, où sont associées jam sessions, lectures de poèmes entre deux compositions issues de leur première démo 5 titres.


Les Canadiens parviennent à attirer l'attention de Capitol Records, et filent en Californie enregistrer leur premier album, Dig, en 1993, sous la houlette de Mike Clink, producteur, entre autres, des Guns N RosesDig est tout bonnement excellent, porté par "Rain and Fall", single d'une efficacité hallucinante et parfaitement représentatif de la fusion du groupe qui parvient à mêler gros riffs hard-rock saccadés, percussions latino et longues plages instrumentales particulièrement techniques, sans pour autant sacrifier un groove im-pa-rable.


Si le disque ne sort guère des frontières canadiennes, il y est un succès avéré et reconnu, glanant un disque d'or et un Juno Award (les Victoires de la Musiques locales) en 1994, au nez et à la barbe des idoles d'I Mother Earth : Rush, alors nominés pour Counterparts. Cette première reconnaissance va les emmener tout d'abord en Europe, pour leurs presques deux seules incursions sur le vieux Continent : au Reading Festival, et au Lowlands aux Pays-Bas durant l'été 1993. Les concerts reprennent ensuite en Amérique du Nord tout au long de l'année 1994, en ouverture d'une autre formation, très influencée également par Rush : Dream Theater.
On retrouve d'ailleurs quelques vidéos live de ces dates communes, avec des jams entre I Mother Earth, Mike Portnoy et John Petrucci.


Confirmant l'adage qui veut qu' "un groupe a 10 ans pour sortir son premier album, et à peine 10 mois pour le second", les Canadiens entrent en studio très rapidement après la tournée, pour donner rapidement un successeur à Dig.


Scenery And Fish déboule au printemps 1996, et s'inscrit dans la même lignée que Dig, avec les mêmes armes et les mêmes (très bons) arguments, mais où tous les potards sont poussés d'un cran, tant par la volonté de frapper fort, que par l'expérience acquise durant les tournées précédentes.


Après une piste introductive instrumentale (et sans grand intérêt), le disque s'ouvre sur le premier single, "Like A Girl", réellement époustouflant, qui commence comme un titre de rock alternatif assez conventionnel, et qui au gré des parties de basse slappée bloodsugarsexmagiques, s'embarque vers un refrain ultra mélodique, fort de ses voix doublées typiques du hard-rock de cette période (on pense à Ugly Kid Joe notamment). "Like A Girl" fait partie de ces morceaux tellement immédiats, tellement évidents, qu'il nous ouvre grand les portes d'un ascenseur émotionnel : entre la sensation grisante d'avoir toujours connu ce tube, tout en nous faisant sentir presque coupable de ne pas avoir découvert cette pépite plus tôt.


Notons que le fantôme de Rush ne fait pas que planer sur le disque, puisqu'on retrouve, encore sur ce même morceau, la présence d'Alex Lifeson, guitariste du mythique combo Canadien. Si sa prestation est discrète, elle n'apparait pas du tout incongrue, puisque I Mother Earth aime s'aventurer sur des terrains aux structures plus complexes et instrumentales, comme sur le pont de Like A Girl, très réussi, et qui sera honteusement pillé (voire plagié n'ayons pas peur des mots) par Dream Theater sur Falling Into Infinity (je vous laisserais réécouter "A New Millenium" et ses troublantes similtudes).


Vous l'aurez compris, avec "Like A Girl", I Mother Earth frappe un grand coup dès le départ, et va enfoncer le clou dès la chanson suivante, "One More Astronaut", qui provoque peu ou prou les mêmes sensations euphoriques. Des riffs charpentés comme des armoires normandes (mais canadiennes), refrains ultra mélodiques et syncopés, ponctués de "Yeaaaah" toujours très "Nineties" dans l'esprit (et peut être légèrement désuets), et alliées à des rythmiques slappées et à des percussions qui ont du tomber dans les oreilles d'Incubus au moment de composer S.C.I.E.N.C.E l'année suivante.


Deuxième chanson, et deuxième coup de maitre pour les Canadiens.


Si ces deux chansons justifient presque à elles seules l'écoute de l'album, la suite n'est pas en reste, que ce soit "Another Sunday" et ses relents Power-Pop quelque part entre Weezer et les Foo Fighters, ou "Three Days Old", qui sous ses faux airs de ballade cache une accélération vertigineuse qui semble tout droit sortie des skate-parks californiens.


Le disque n'est pas exempt de tout reproche, il est probablement un peu trop touffu (plus d'heure au compteur), et la voix d'Edwyn peut agacer à la longue, mais on y relève toujours des choses intéressantes, de vraies propositions, que ce soit sur des progressions d'accords de guitares très inspirées ("Shortcut to Moneton"), et surtout via le prisme d'une réelle virtuosité, avec toute une tripotée de plans instrumentaux tous plus techniques (et en cela, la double filiation avec Rush et Dream Theater est tout à fait sensée). A l'instar de leurs illustres références, on retrouve des morceaux progressifs, dans leurs constructions, avec des structures à tiroirs fouillées ("Used To Be Alright") et habilement insérées au sein de passages bien plus directs, parfois flirtant avec la pop ou le grunge.


Mais au contraire de leurs glorieux ainés, les I Mother Earth réussissent à apporter bien davantage de groove, un groove sec et nerveux, mais la grosse différence réside dans le fait que Scenery And Fish respire le soleil, avec une coolitude qui sur certaines pistes, parvient à faire le lien avec la vague néo-métal qui s'annonce (on pense à l'ambiance et à la production de "Pisser").


Les grands disques soignant toujours leur sortie, l'album se conclut sur un "Earth, Sky, and C" et ses 7 minutes frénétiques où le groupe va parfois s'aventurer aux bords du free-jazz, allant jusqu'à piocher allègrement du côté de Santana le temps d'un break ahurissant et psychédélique.


Scenery And Fish est une franche réussite : une musique accessible tout en étant paradoxalement très alambiquée et aventureuse. C'est en tout cas une vraie bouffée d'air frais (même pour qui découvre l'album en 2021), qui rencontra une fois encore un vrai succès, malheureusement très concentré au Canada, mais qui entrainera plusieurs groupes locaux dans son sillage.


L'histoire et le music-business étant définitivement injustes, I Mother Earth se fera griller la politesse par une jeune formation, également basée à Toronto, Our Lady Peace, et dont le succès de Clumsy en 1997 (souvenez-vous du tube "Superman's Dead") leur permettra d'avoir une toute autre visibilité locale et internationale.


Peu après la sortie de Scenery And Fish  le chanteur Edwyn, frustré de n'avoir aucun contrôle artistique sur la musique du groupe, quitte I Mother Earth, pour être remplacé par Bryan Byrne, avec qui la formation enregistrera dès 1999 Blue Green Orange (avec cette fois-ci la basse de Geddy Lee sur un titre). Malgré de vraies bonnes qualités intrinsèques et un très bon accueil, la gloire ne dépasse toujours pas les frontières nord-américaines. I Mother Earth passe le début des années 2000 sur la route, en support de pointures, de Fates Warning à Slash, en passant par Alice In Chains ou...toussottement de rigueur...Nickelback. Après un long hiatus de 2004 à 2012, le groupe s'est reformé pour quelques concerts, toujours uniquement au Canada, et a même vu le retour d'Edwyn derrière le micro en 2016, où à l'occasion des 20 ans de Scenery And Fish,  2 concerts sold-out à Toronto furent donnés.


A l'heure où sort cette chronique, de nouveaux morceaux auraient été composés et une mini-tournée a même été organisée cet été, dans le cadre de l'Endless Summer Festival, dans leur Ontario natal, avec entre autres The Blue Stones ou Our Lady Peace.


Et quelque soit le destin de cette énième reformation, I Mother Earth fait partie de ces noms passés entre les mailles du filet de nos radios européennes, et qu'il convient de réhabiliter, via cet excellent Scenery And Fish ; qui amène la confirmation, pour qui en avait besoin, qu'il reste encore pléthore de grands disques des années 90 à découvrir.


 


 


A écouter : "Like A Girl", "One More Astronaut", "Earth, Sky and C."


 


*Pour des raisons que j'ignore, l'album n'est hélas pas disponible sur Spotify ou Deezer, il vous faudra aller sur Youtube pour l'écouter, mais la qualité du disque mérite très largement cet petit effort.

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