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Critique d'album

Weezer


Raditude


(02/11/2009 - DGC / Interscope - Power pop - Genre : Rock)
Produit par

1- (If You're Wondering If I Want You To) I Want You To / 2- I'm Your Daddy / 3- The Girl Got Hot / 4- Can't Stop Partying / 5- Put Me Back Together / 6- Trippin' Down the Freeway / 7- Love Is the Answer / 8- Let It All Hang Out / 9- In the Mall / 10- I Don't Want to Let You Go
Note de 3/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Un peu mieux que le Red Album, c'est déjà ça de pris."
Nicolas, le 26/11/2009
( mots)

Une chose est sûre : Rivers Cuomo nous en fait vraiment voir de toutes les couleurs, et pas seulement du bleu, du rouge et du vert. Bien malin, en effet, celui qui devine sous quel vent est capable de naviguer Weezer à chaque nouvel album. Petit résumé de la décennie en cours : rock bulldozer (Green Album), power hard (Maladroit), pop-rock (Make Believe) ou encore album collaboratif à tiroir (Red Album). De fait, l'annonce de la sortie de Raditude, un peu plus d'un an après le semi fiasco de l'album rouge, avait à la fois de quoi effrayer et enthousiasmer. Effrayer, car qu'on le veuille ou non, Weezer n'est plus aussi irrésistible qu'il l'a été à ses débuts, et on craint alors que notre nerd-band préféré sombre à corps et à cri dans le syndrome Green Day - plus de morceaux, moins de brio. Mais aussi enthousiasmer, car on n'oubliera pas que la dernière sortie éclair du binoclard complexé (Maladroit, survenue un an après le Green Album) s'était révélée d'une excellent facture, preuve que le grand Rivers a toujours plus d'une corde à son arc et qu'il sait décocher ses meilleures flèches au moment où on s'y attend le moins. Enfin bon, pour ce coup-ci, on repassera.

Un seul mot d'ordre à l'entame de Raditude (ce nom, je vous jure) : la poilade. Et ce n'est pas le toutou volant de la pochette qui contredira cet état de fait. Party Time ! Les nerds sont lâchés et peuvent s'ébrouer autant que faire ce peu en mettant au placard leur complexe d'infériorité. Et effectivement, la quadriplette "(If You're Wondering That I Want You To) I Want You To", "I'm Your Daddy", "The Girl Got Hot" et "Can't Stop Partying" est irrésistiblement calibrée pour les dancefloors. Les guitares sont même temporairement remises au placard sur "Can't Stop Partying", morceau que n'aurait pas renié Katy Perry (la nouvelle chouchoute de Cuomo) et qui voit les beats typés soirée d'école d'ingénieurs bourrés jusqu'à l'os accueillir à bras ouverts un featuring plutôt quelconque de Lil Wayne. Dans l'ensemble, cette entame pied au plancher enterre irrémédiablement les derniers espoirs de ceux qui auraient désiré un autre Maladroit : Weezer est revenu à la légèreté de Make Believe, et y assoit encore plus un côté radio-friendly qui n'est pas forcément celui qui lui réussit le mieux. Pour autant, pas de doute possible : le talent d'écriture de Cuomo est toujours là, et l'on n'a pas vraiment de difficulté à se laisser entrainer dans son joyeux délire. Ce lifting musical s'accompagne également d'un changement d'attitude IRL (les geeks comprendront) du leader du grand W : la moustache et la fausse maturité affichée sur le Red Album appartiennent bien au passé et ont laissé la place à un look d'étudiant attardé qui aime à se moquer de sa propre ringardise. Finalement, on le préfère encore comme ça, le Rivers : le sérieux et le pathos, ça ne lui réussit pas.

Seulement, le déchet n'est jamais bien loin, et il serait plus qu'urgent qu'un type de bonne volonté accepte de se dévouer pour ouvrir les yeux de Cuomo, si nécessaire à grands coups de batte de base ball au coin d'une ruelle sordide. Non mais franchement, que vient faire un titre comme "Love Is The Answer" sur un album de Weezer ? Ça va bien deux minutes, les délires hindous colportés par l'ex mentor Rick Rubin, mais il faudrait voir à ne pas trop abuser de sucreries sous peine de vomissements intempestifs. Remarque également valable pour le pathétique "I Don't Want To Let You Go", pauvre pastiche à peine voilé du "The Reason" de Hoobastank (vous voyez le genre de référence). C'est d'autant plus dommage que l'homme garde, au fond de lui, cette sincérité poignante qui rendrait le sourire à un dépressif au dernier degré, cette empathie pour la médiocrité qui fait de Rivers Cuomo l'un des derniers légitimes représentants du mal-être adolescent, mal-être aussi crédible que palpable qui le rend d'autant plus authentique. En témoigne ce cri du cœur qui émane de "Put Me Back Together" : "Ici, il est clair que je ne vais pas mieux... je suis seul dans ma chambre, je ne sais plus quoi faire". De plus, l'homme nous a gardé quelques friandises pour la fin. Les guitares électriques sont de sorties sur un "Tripping Down The Freeway" qu'on pourrait croire échappé du Green Album, et de même en est-il pour "Let It All Hang Out". On retrouve ici le Weezer cinglant et plein de morgue qui transforme ces petites ritournelles en de grinçants brûlots distribués à l'auditeur comme autant de paires de baffes jubilatoires. Et surtout, on trouve sur ce disque l'un des meilleurs morceaux qu'a réalisés le groupe durant cette décennie : "In The Mall" se révèle d'une véhémence rare, renouant avec la rage contenue et l'énergie brûlante de Pinkerton : son pantagruélique, petit solo de guitare en roue libre, urgence de construction, tout y est. Deux minutes trente neuf secondes de pur bonheur ! Inutile de vous signaler qu'il s'agit du morceau le plus bref de l'album. Autre temps...

Autant l'avouer sans gêne : même si ce Raditude déçoit quelque peu, même si on aurait souhaité ardemment un retour à un son définitivement plus rock, on ne peut toujours pas nier le réel talent d'écriture de Rivers Cuomo, lequel parvient malgré tout à transformer sans trop de problème un essai parfois poussif mais racheté par quelques morceaux de bravoure comme il sait encore si bien les concocter, et surtout un peu meilleur que l'opus précédent (ce qui, nous sommes bien d'accord, n'est pas très difficile). Et si on sent que Weezer reste, au fond, ce groupe d'éternels adolescents prêts à faire hurler leurs guitares à tout moment, cet opus festif et léger sous tous rapports n'en reste pas moins appréciable à plus d'un titre. Seulement, les petits gars, c'est bien beau de s'amuser, mais après il serait grand temps de revenir aux affaires. Sinon, les clients que nous sommes vont finir par aller voir chez la concurrence si les produits n'y seraient pas meilleurs. A bon entendeur...

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