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Critique d'album

Pink Mountaintops


Outside Love


(05/05/2009 - Jagjaguwar - pop-rock psychédélique - Genre : Rock)
Produit par

1- Axis: Thrones Of Love / 2- Execution / 3- While We Were Dreaming / 4- Vampire / 5- Holiday / 6- Come Down / 7- Outside Love / 8- And I Thank You / 9- The Gayest Of Sunbeams / 10- Closer To Heaven
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Pink Mountaintops ou quand Black Mountain se met à chercher la lumière divine."
Maxime, le 28/09/2010
( mots)

Aveuglés par le rayonnement ténébreux de la Montagne Noire, ses disciples en oublient que son nuage de souffre cache à son sommet de somptueuses Cimes Roses perçant sous un ciel azuré. Si l’on ne peut que cautionner le beau succès d’estime que remporte actuellement Black Mountain, c’est avec consternation que l’on constate le peu de cas accordé aux Pink Mountaintops. L’équipe noire va bientôt bourrer la Maroquinerie, alors que la rose n’attirait que 50 personnes à son concert de l’an dernier à Main d’Oeuvres. Les deux formations disposent pourtant la même figure de proue (Stephen McBean) et forgent une citadelle psyché-rock dont les murailles ne cessent de s’élever vers les cieux à chaque opus, avec une hargne et un talent identiques. Les deux groupes forment les deux versants d’une même montagne, Black Mountain en est l’ubac, dont les flancs sont ravinés à coups de guitares sabbathiennes, de chœurs martiaux et de vertigineuses crevasses aux confins du hard et du prog ; Pink Mountaintops étend ses pâturages pentus du côté de l’adret, où folk et ritournelles psychédéliques invitent à la contemplation placide. Avec une rigueur métronomique, McBean vient honorer ses maitresses une année sur deux, apportant dans ses besace quelques formations de chevet qui changent peu d’un trajet à l’autre, son goût pour les line-up à géométrie variable ainsi que ses obsessions seventies.

Bien qu’absorbé par sa petite routine, l’ermite barbu n’en oublie pas moins de décaper son four et de ravaler la façade de son moulin. Ceux qui ont été surpris par le virage radio friendly du récent Wilderness Heart auraient dû avoir la puce à l’oreille lorsque paraissait l’année dernière cette troisième galette compilant, selon le frontman, "dix chansons d’amour et de haine, à lire comme une roman d’amour de Danielle Steele". Sur la pochette trône un roman à la couverture d’un kitch digne du pire Barbara Cartland tandis qu’au verso McBean pose dans un fauteuil en Marc Lévy grunge. Que s’est-il donc passé ? Une très bonne nouvelle : réunis à huit en studio (dont quelques membres de Godspeed You! Black Emperor, A Silver Mt. Zion, Destroyer, Sweet Hereafter), les Pink Mountaintops se sont affranchis de leur janus maléfique pour entamer une transhumance franche vers la mélodie et l’épure. Pink Mountaintops est mélancolique quand Black Mountain est désespéré, intimiste quand l’autre déployait jadis les grandes orgues.

Le psychédélisme demeure la grande affaire de McBean. Guitares carillonnant dans la reverb, chœurs entremêlés, cordes et mellotrons ronronnant dans l’écho, rien ne manque au décorum, mais ce dernier est transcendé par un véritable supplément d’âme, dont on trouvera le cœur dans l’alchimie du chant de McBean et d’Ashley Webber. Le timbre d’Ashley est candide et sucré quand celui de sa sœur jumelle se révèle martial et imprécatoire chez Black Mountain. Cette union des organes porte au pinacle les plus belles pistes de l’album. "Axis : Thrones Of Love", merveilleuse marche lancinante où McBean et sa muse dialoguent tendrement sur fond de violons transis, "Execution", sorte de krautfolk exécuté à deux voix, ou le vaporeux "Outside Love" sont d’une beauté à s’en décrocher la mâchoire. C’est limpide et émouvant comme du Velvet Underground en retraite dans un refuge isolé, convertissant son urbanisme décadent en un hédonisme pastoral, comme du Jesus And Mary Chain givrant son mur de son pour le rendre aussi pur que du cristal. Main dans la main, la troupe se rassemble au coin du feu, le regard tourné vers le ciel, et entonne des refrains portant au sommet les finals de "Vampire" et "And I Thank You". La rédemption divine n’est pas loin. Ailleurs, McBean enfourche son bâton de pèlerin pour mener de merveilleuses excursions, arpentant des sentiers verdoyants ("Holiday") ou des paysages baignés par la torpeur de l’aube ("Come Down"), quand il ne dévale pas les collines la tête la première ("The Gayest Of Sunbeams").

Avec cet Outside Love traversé de bout en bout par la grâce, une seule certitude demeure : qu’il passe de Black Mountain aux Pink Mountaintops, l’auditeur sort toujours gagnant de l’affaire. On en regretterait presque que McBean ne fusionne pas la puissance évocatrice de l’un et le charme délicat de l’autre en une seule et même entité. Qui pourrait alors résister à l’hydre Blackmountaintops ? Peut-être pas les aficionados d'Arcade Fire, autre grand combo canadien lui aussi plongé dans la recherche d’une musique qui transcende, cherche une certaine humanité, bref, vise à faire du bien. Il reste en tout cas tout à fait inexplicable que ce répertoire reste avant tout l’apanage du public indie et qu’il ne soit pas partagé par la multitude. En attendant l’eucharistie glorieuse, on se satisfera des allers-retours délicieux du père McBean, qui consolide de réalisations en réalisations une œuvre aux proportions de plus en plus himalayesques.

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