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Critique d'album

Loading Data


Rodeo Ghettoblaster


(29/07/2007 - Oui Oui Records - Stoner Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Alarm Me / 2- Do It On The Beach / 3- Daddy'O / 4- Circus Blues / 5- Name It / 6- Voodoo / 7- Nakat's Drive-In / 8- Rondo A La Amerikana / 9- Cure Me / 10- Are You Reading My Mind / 11- Dreadlock Doll / 12- Alarm Me (SP)
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Un album de robot-rock aussi groovy qu'implacable. Le stoner français à son top"
Maxime, le 12/10/2007
( mots)

La publication du second album de Loading Data n’est pas qu’une sortie de plus au sein d’une production heavy rock française maigre mais qui toutefois s’étoffe de plus en plus. Si des combos stoner lancent démos et EP aux quatre coins de l’Hexagone, rares sont ceux qui en arrivent à l’étape de l’album, épreuve cruciale car c’est sur la longueur qu’on vérifie ce que le groupe a sous la semelle, et beaucoup se sont cassés les dents en tentant l’expérience. Au bout du compte, seuls deux albums méritent d’être retenus : le premier LP de Blackstone , rock seventies remis au goût du jour par l’ancien batteur de Vulcain, et Make It Burning de Zoe , implacable manifeste de power rock boosté aux guitares cycloniques. Rodeo Ghettoblaster vient rejoindre ce club très fermé et fait franchir au stoner rock national une nouvelle étape.

Loading Data est le seul survivant de la première vague de stoner made in France. A l’époque le groupe s’appelle Four Track Junction, puissamment mené par son frontman, Lo S Data (chant, guitare), grand gaillard aux rouflaquettes imposantes, une espèce d’Elvis dévoyé du nouveau millénaire. Le trio sort rapidement un premier EP, bientôt suivi par un split cd avec leurs collègues de Low Vibes . Mais là où Space Patrol et autres Carn finiront par jeter l’éponge, le combo, alors rebaptisé Loading Data, poursuit son aventure bon an mal an. Leur premier effort, Frenchman, Nevada, produit par Bob (Treponem Pal) et Brad Vance ( Aerosmith , Garbage , Coverdale-Page) voit le jour en 2002. Puis le line-up originel se sépare, et Lo s’exile à Miami afin de donner une nouvelle vie à son bébé. Repéré par les managers de Kiss et de Marilyn Manson , le groupe est en passe de prendre un envol décisif, mais un problème de visa contraignant Lo à rentrer en France fait capoter l’affaire. Depuis, le groupe reste partagé entre deux formations, l’une à Paris, l’autre à Miami, Lo franchissant régulièrement l’Atlantique, électrisant les foules sur les deux continents.

Rodeo Ghettoblaster est donc le fruit de cette genèse chaotique, de ces cinq années passées à étriller des compos nourries de décibels distordus. Malgré ce parcours erratique, Loading Data reste fidèle à son credo : s’accaparer le robot rock hypnotique du premier opus de Queens of the Stone Age , terrain laissé depuis en friche par Josh Homme, et s’approprier cet héritage en convertissant la léthargie sous psychotropes du géant rouquin en une partouze sonore lubrique dont on ne ressort par indemne. Sur ce second disque, l’entreprise prend une ampleur démesurée. Loin se comporter en ersatz bas de gamme, le trio marie les tempos entêtants et les guitares opulentes qui ont fait la saveur d’un "Regular John" et autres "Avon" en les pervertissant par des riffs corrodés, un solide sens du second degré et une appétence convulsive pour un rock lourd gavé de délires soniques. Queens of the Stone Age reste donc en fond de décor, mais n’écrase jamais de son ombre imposante les ébats du combo, préférant les envelopper d’un regard complice et langoureux.

Les 12 titres de l’album tournent en rotation lourde sur notre platine depuis l’été, et on ne parvient toujours pas à se remettre de ce tsunami. Dès l’entame avec "Alarm Me", Loading Data empoigne puissamment son auditeur pour ne plus le lâcher ensuite, l'accablant de rafales de riffs à en exploser la moelle épinière des candidats les plus robustes. La voix chaude et virile de Lo emplit l’espace, mélange d’assurance et d’effarement psychotique. "Do It On The Beach" célèbre des noces lubriques sous une pluie drue de guitares tronçonneuses. Par intervalles réguliers, le power trio vient payer son petit tribu aux QOTSA : brises pop insufflées sur des lignes psychés elles-mêmes harnachés sur une rythmique coriace ("Daddy’ O"), intermèdes cocaïnés qui auraient fait le bonheur d’un Nick Oliveri ("Nakat’s Drive-In"), art du titre compact et efficace porté par un riff grisant ("Cure Me"). Mais au jeu des références obséquieuses, le groupe préfère l’éclat de rire. Rodeo Ghettoblaster s’impose rapidement comme un slalom délicieux entre rock pesant et narcotique ("Circus Blues", "Name It") et violentes saillies psychoïdes parmi lesquels surgissent un "Voodoo" aliénant, la valse branque "Rando A La Americana" faisant se percuter The Eighties Matchbox B-Line Disaster et transes tribales ou encore "Are You Reading My Mind", mélopée tarabiscotée et mutante qui achèvera de dissoudre les consciences.

Avec cette somme de réussites, Rodeo Ghettoblaster est un condensé de rock plombé, nonchalant, lancinant, dopé aux guitares mal élevées, un disque qui n’a pas à rougir de la concurrence internationale et qui s’impose comme une sortie majeure en matière de heavy rock, et même de rock tout court tant il pourra charmer les fans de Foo Fighters comme ceux de Turbonegro . C’est là que commencent les problèmes : la France est-elle en situation de lui accorder l’accueil qu’il mérite ou bien le groupe se trouve-t-il condamné à un exil définitif en terres américaines afin de trouver l’assentiment massif qui sied à un tel tour de force ? En attendant le dénouement de ce dilemme, restent 12 titres jubilatoires qui font courber l’échine devant tant de hargne et de talent. Total respect.

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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