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Critique d'album

Leprous


Malina


(25/08/2017 - Inside Out - Metal prog norvégien - Genre : Hard / Métal)
Produit par David Castillo

1- Bonneville / 2- Stuck / 3- From the Flame / 4- Captive / 5- Illuminate / 6- Leashes / 7- Mirage / 8- Malina / 9- Coma / 10- The Weight Of Disaster / 11- The Last Milestone
Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un album envoûtant et atypique, aux frontières du metal progressif et de la pop habitée"
Nicolas, le 05/10/2017
( mots)

Règle de base quand on veut apprécier de la bonne musique : toujours se méfier des préjugés. Comme celui d’un nom de groupe “repoussant”. Leprous par exemple, patronyme faisant écho à toutes les images folkloriques ignominieuses qui sévissent dans le heavy metal et poussant des formations - respectables au demeurant - à adopter des patronymes tels que Cannibal Corpse, Septic Flesh, Reek Of Putrefaction, j’en passe et des meilleures. On avait d’ailleurs un temps pensé vous présenter sur Albumrock un dossier recensant les noms les plus tordus et/ou déviants de la metalsphere, parce que franchement, il y a quand même parfois de quoi se rouler par terre de rire. Bref, méfiez-vous de cette image de lépreux, de cette chair en décomposition, de ce côté reclus, abject, méprisable, cadavérique, mort vivant, parce que la musique de Leprous ne navigue absolument pas dans les sphères du death ou du black metal. Absolument pas.


Et pourtant, on ne saurait en dire autant du “parrain” de Leprous, celui qui a adoubé ce groupe de metal prog norvégien, à savoir Ihsahn, l’“empereur” du black au sens propre du terme via son ancien groupe (Emperor, pour ceux qui pioncent au fond de la classe). Ihsahn qui, en plus de sa renommée en tant que frontman d’un groupe de metal extrême, jouit d’une carrière solo atypique que nous a d’ailleurs vantée Etienne l’an passé lorsqu’il s’est intéressé au dernier album en date de l’intéressé, Arktis. Or dès le début de son aventure soliste, c’est Leprous qu’Ihsahn a choisi en tant que backing band pour l’accompagner en tournée, une décision que l’on comprend mieux lorsque l’on sait qu’Einar Solberg, le lépreux en chef, est également le beau-frère de l’intéressé. Une affaire de famille, donc… mais raison de plus de se méfier de Leprous, parce que le black metal en général - et Emperor en particulier -, hein, bon, merci quoi. Mais encore une fois, la musique de Leprous ne navigue absolument pas dans les sphères de death ou du black metal. Absolument pas.


Quoique. On ne niera pas que Leprous ne fût pas à mettre entre toutes les oreilles jusqu’ici, non pas que le groupe fût inécoutable, mais ça reste du metal, et Solberg… eh bien avant, il criait quand même parfois très fort. Mais ça, c’était avant. Car voici venir Malina, cinquième opus du gang venu du froid, un gang aux goûts éclectiques qui, bien que ne niant pas s’abandonner souvent aux affres du metal extrême (Behemoth étant cité comme référence primordiale), affectionne également des artistes beaucoup plus atypiques sur la place comme Radiohead, Massive Attack ou Susanne Sundfør. Or ici une grande part de la violence des lépreux s’en est allée, tandis que leur part céleste, mystique, n’a fait que s’imposer avec la plus criante évidence. En résulte un album que l’on pourrait véritablement - et sans arrière pensée - qualifier d’envoûtant, un disque qui vous happe, vous captive et duquel il vous sera très difficile de vous dépêtrer.


Et le plus grand fautif dans toute cette affaire n’est autre qu’Einar Solberg lui-même. Bon sang, quelle voix. Quelle voix. Difficile de la décrire sans tomber dans les poncifs, si ce n’est en insistant sur son caractère à la fois aigu et habité, une tessiture qui rappelle souvent les contre-ténors d’opéra, voire même les hautes-contres. Dit comme ça, ça peut faire peur, mais détrompez-vous, Solberg entonne de la pop song, et il n’y a là rien d’excessif ni de surjoué. Au contraire : la maîtrise qu’a l’individu de ses cordes vocales est à ce point sidérante qu’elle lui permet de s’aventurer dans tous les registres, tantôt timide, tantôt ravageur, tantôt poétique. Pour être précis, on dira que Solberg se place à l’exact point de ralliement entre Jeff Buckley pour la puissance et Jónsi de Sigur Rós pour la fibre surnaturelle. Rien à voir avec le potentiel irritatif d'un Matthew Bellamy. C’est cette voix prodigieuse - un mot pesé avec toute la circonspection qui s’impose, soyez-en assuré - qui est à la manœuvre sur l’ensemble des treize compositions qui vous sont ici proposées. Tout lui est asservi, ambiances, textures, temps forts et temps faibles. Au point même que Leprous en arrive à livrer un album quasiment dénué de riffs, un comble pour une formation métallique. Comble poussé à son paroxysme lorsque l’unique riff balancé bille en tête arrive à l’avant-dernière position du disque (sur “The Weight of Disaster”) et se révèle en fait un ornement… du pont de la chanson exposé avec un peu d’anticipation. Cette volonté - il n’y a pas d’autres mots - de casser les codes du metal est vraiment rafraichissante, mais n’allez pas croire que les instruments ne servent à rien sur Malina. C’est tout le contraire. D’abord parce que Leprous se voit doté d’un batteur hors pair, le brillant Baard Kolstad, une recrue récente qui irradie de mille feux à chacune de ses interventions, un type capable de faire preuve de subtilité, de grâce même, derrière ses fûts, tout en se montrant un technicien irréprochable. Ensuite parce que le traitement des cordes électriques est tout à fait original, très haché et syncopé, bien éloignée des habituelles nappes de plomb distordues qui s’évasent avec effronterie dans la musique métallique. Si le clan des lépreux semble éprouver une véritable allergie pour les mesures simples - on navigue en permanence en pleine polyrythmie instrumentale -, sachez que Solberg est là pour créer un point d’ancrage, un repère indéfectible, de sorte que l’on n’est jamais perdu à l’écoute de Malina. Enfin parce que les violons prennent une place centrale dans l'ornementation des titres, appuyant largement davantage les airs que les habituelles guitares et basse, preuve s'il en est que l'on ne saurait réduire cet album au simple Einar Solberg.


Un album brillant, n’ayons pas d’autre mot. Allez, pour chipoter, on dira qu’il s’écoute lui-même peut-être parfois un peu aux entournures et que quelques développements instrumentaux se montrent parfois superfétatoires. Mais dans l’ensemble c’est un disque magnifique, racé et raffiné, très mélodieux et remarquablement produit - mieux encore que le précédent The Congregation qui était déjà joliment mis en boîte. Les titres directs frappent au but et mettent le feu (“Stuck”, “From The Flame”, imparables), jouant sur les contrastes saccades graves - falsetto irradiant (“Illuminate”, un refrain magique), dynamitant tous les codes sur des parties de free style instrumentales tandis que le vocaliste garde le cap (“Malina” et son accompagnement anarchique de toute beauté), rajoutant parfois quelques sonorités djent histoire de creuser les extrêmes sonores (“Mirage”), complexifiant la structure des titres pour tenter de nous perdre en cours de route (“The Weight Of Disaster”, seul titre véritablement metal du lot), ajoutant à l’occasion une couche d’électro énervée histoire de varier les plaisirs (“Coma” ou l’art de flatter les esgourdes tout en prenant l’auditeur à rebrousse-poil). Mais là où Malina se montre prodigieux, c’est lorsqu’Einar Solberg a les mains libres et qu’on lui laisse tout le boulot à faire. Dès lors, c’est un régal que de s’abandonner à sa voix d’ange, portée au choix par un accompagnement à la Radiohead (l’introductif “Bonnevile”) ou même carrément par un ensemble de violons-violoncelles avec l’époustouflant “The Last Milestone” qui conclut en beauté ce disque qui, malgré quelques petits défauts structurels - des broutilles, vraiment -, demeure remarquable. À essayer, même - et surtout - pour les allergiques au metal qui restent attachés à une musique vibrante et délivrée avec sensibilité. Leprous passera en France le mois prochain, toutes les dates par ici. Ne commettez pas l’erreur de les rater au risque de le regretter amèrement.

Note de 4/5
Grandiose Leprous, maniant à merveille toute la finesse de ses arrangements classiques somptueux ("The Last Milestone") et son metal avant-gardiste chiadé de plus en plus accessible. Un pur moment de grâce.
Commentaires
Ploum, le 15/12/2017 à 09:02
Merci pour cet article , cet album est ma découverte de cette année Si je devais en faire une seule critique, c’est peut être la répétition un peu trop régulière de certain refrain (qui rends les morceaux plus rapidement abordables, mais qui lasse plus rapidement aussi ...)
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