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Critique d'album

Liam Gallagher


As You Were


(06/10/2017 - Warner - Oasis en moins bien - Genre : Pop Rock)
Produit par Greg Kurstin, Dan Grech-Marguerat, Andrew Wyatt

1- Wall of Glass / 2- Bold / 3- Greedy Soul / 4- Paper Crown / 5- For What It's Worth / 6- When I'm In Need / 7- You Better Run / 8- I Get By / 9- Chinatown / 10- Come Back to Me / 11- Universal Gleam / 12- I've All I Need
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Liam Gallagher crée la surprise avec cet album entrainant et attachant"
Raphaëlle, le 19/10/2017
( mots)

Ecrire la critique d’un album de Liam Gallagher, sans enfiler les clichés, qui plus est : quelle tâche ardue ! Pour éviter de gravir cet Everest face à la pente, prenons les chemins de traverse et commençons par une confession. Si je me suis réjouie (le mot est faible) de voir Noel Gallagher en ouverture d’un concert de U2, l’annonce du passage de son frère Liam au festival Lollapalooza a Paris m’a laissée totalement indifférente. La sortie de "Wall of Glass", le premier single de Liam, aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Quel aveuglement ! A ma décharge, reconnaissons que Noel a composé la majorité des pépites du groupe Oasis qu’il formait avec son frère Liam, Paul "Bonehead" Arthurs, Paul "Guigsy" McGuigan et Tony McCarroll. Lors de cette période, Liam n’a écrit que deux titres, même si l’un des deux est un coup de génie ("Songbird"). Il n’était donc pas complètement délirant de miser sur Noel, la valeur sûre, au lieu de tenter le coup de poker Liam-petit-merdeux-Gallagher.


Il est impossible d’écouter une chanson de Liam sans avoir en tête l’histoire rocambolesque d’Oasis, ses déchirements et son finish en pétard mouillé à Rock en Seine le 28 août 2009. Impossible également de faire l’impasse sur la guerre permanente que les deux frères se livrent par médias interposés, sous les yeux d’un public médusé, à la limite de la gêne. Dernièrement, les frangins soufflent le chaud et le froid en interview, se déclarant tour à tour désireux de reprendre du service… Tant que l’autre frère n’est pas dans les parages. Et à chaque fois, pour moi petite fan, c’est l’ascenseur émotionnel, je visualise le stade qui hurle Toniiiiiiight I’m a rock n roollll staaaaaaaar en ouverture, j’en ai déjà des frissons… Et quelques minutes plus tard le verdict tombe et la reformation semble renvoyée aux calendes grecques.


Et Liam Gallagher dans tout ça ? Il serait peut-être temps de parler de l’objet principal de cette chronique. Il brouille les pistes depuis le début de sa carrière : est-il un songwriter de génie, ainsi qu’il l’a toujours clamé dès qu’on lui tendait un micro, ou bien ce gamin complexé, qui se fait voler la vedette par un ainé brillant ? Tout est dans la nuance entre le personnage arrogant qu’il a construit et l’homme rongé par le doute devenu orphelin de son propre groupe, lorsque Noel a quitté le navire. Malgré ses déclarations péremptoires, il semble évident qu’au fond, le frontman outrancier n’était pas si sûr de lui. Sinon, pourquoi aurait-il attendu tant de temps pour enfin publier un album qui porte son nom tout en haut, en gras, bien en évidence ?


Il l’admet à demi-mot en interview, en expliquant que ces dernières années n’ont pas été de tout repos. Sa femme a découvert qu’au cours de leurs quatorze années de mariage, il avait fait un enfant avec une journaliste, elle l’a donc largué avec pertes et fracas – ce qui signifie, au royaume de sa Majesté la Reine, que l’intégralité des faits a été documentée avec précision par les tabloïds. Il reste nostalgique des années glorieuses de l’Oasismania, lorsque son groupe dominait le monde et qu’il prenait toute la lumière. Dans un film tourné par la BBC, on voit Liam backstage avant son passage à Lollapalooza. Il met en marche la bouilloire pour se faire une décoction pour sa voix et est soudain pris d’un violent accès de mélancolie. Dans son sabir caractéristique, mélangeait le f word à un épais accent qu’il semble n’avoir jamais eu envie de gommer, cela donne "Mec rends-toi compte, dans les années 90 on avait quelqu’un en tournée qui ne faisait que ça, mettre en route la bouilloire pour le thé, et maintenant je dois tout faire tout seul, tout ça parce que plus personne n’achète nos disques, non mais regardez où on en est arrivés". Le vieil oncle réac, je vous dis. Lorsqu’on le voit parler à des journalistes, il fait preuve d’une étonnante sincérité, à la limite de la naïveté du jeune premier. Liam se comporte comme s’il était émerveillé par l’importance que le public accordait à sa musique. Lorsqu’il remplit le stade de Nottingham, il s’empresse de le tweeter (d’autant plus que son frère Noel peine à écouler toutes les places).


Tout se dessine pour qu’on prête à sa musique une oreille indulgente. Liam Gallagher a laissé sa maison de disque, Warner, lui construire une équipe de choc. On y trouve notamment Greg Kurstin, l’homme par lequel est venu l’ouragan "Hello" sur lequel Adele s’est époumonée, ce qui ne manque pas de nous coller des frissons d’épouvante. Certes, la pop a gagné en respectabilité dans le milieu des rockeurs depuis que Josh Homme, un homme n’ayant pas grand-chose à prouver niveau crédibilité, s’est acoquiné avec Mark Ronson pour son dernier album. Mais tout de même, cela laisse augurer d’une pop rock FM tendance soupe.


Dès le début de l’écoute de As You Were, c’est une évidence. Ce qui manque à Noel Gallagher, ce  qu’on a cherché en vain dans ses productions en solo, c’est son frère Liam. Il y avait de quoi douter des capacités du cadet, au vu des productions de Beady Eye, mais sur As You Were le talent de Liam Gallagher est indéniable et éclatant. Sur les quinze titres de la version deluxe, treize citent Gallagher comme co-auteur, dont huit comme seul auteur. Certains des meilleurs titres ont uniquement été écrits par Gallagher ("Greedy Soul" et "Bold").


Liam n’a jamais caché sa passion pour Lennon (c’est même ainsi qu’il a nommé l’un de ses fils), les Rolling Stones ou les Stone Roses. Il n’a jamais eu d’autre ambition que de proposer des pop songs bien ficelées, aux accords mélodiques qui iraient chasser dans le pré carré de ses illustres ainés. Oasis ne s’est jamais posé sur un autre créneau que le recyclage du talentueux catalogue de pop britannique, ce n’est donc pas maintenant que la moitié du duo infernal va commencer à innover.


Peut-être parce qu’on ne peut pas s’empêcher d’avoir de la sympathie pour ce personnage un peu cabossé, l’équation fonctionne avec efficacité sur les trois quarts de l’album : un refrain simple à entamer dans les stades ("And it’s a long way down/I’m at the lost and found" chante-t-il sur "Greedy Soul", "One day you’ll shatter/The wall of glass'"sur "Wall of Glass", "Try to make the scene/Why don’t you come back to me" sur "Come Back to Me"), des riffs de guitares pour faire danser (le refrain de "You Better Run", le solo sur "Wall of Glass") et des rythmes affirmés (la batterie de "Doesn’t have to be that way", la grosse caisse introduisant l’album sur "Wall of Glass'". Autant de titres qui sont des petites bombes, quoiqu’un peu surproduites avec une tendance au surplus de chœurs, comme si Liam avait peur d’être trop mis en avant. C’est d’ailleurs un défaut récurrent tout au long de l’album : plus de retenue dans la production aurait été judicieux. Trop de chœurs, trop d’effets plombent tous ces tubes en puissance.


Entre deux titres taillés pour la scène, Liam égraine de très jolies ballades et se sert de ses chansons pour envoyer un message à son frère, façon je t’aime moi non plus. "Yes I know/I’ve been bold/I didn’t do what I was told" sur "Bold" esquisse les contours d’un regret d’avoir perdu son meilleur ennemi, tout en lui envoyant une pique quelques phrases plus tôt ("There’s no much love in chasing yesterday", allusion au titre du dernier album du frangin). Sur "For What It’s Worth", une confession aux accents lennoniens, Liam monte joliment dans les aigus pour avouer "For what’s it’s worth/I’m sorry for the hurt/I’ll be the first to say/I’ve made my own mistakes" ("Pour ce que ça vaut/Je suis désolé du mal que j’ai fait/Je serai le premier à admettre/Que j’ai fait des erreurs"), le tout souligné par quelques accords bien placés. Voilà un titre qui se pose comme un sérieux héritier à 'Wonderwall'.


L’ensemble ne tient pas la longueur et l’entrain s’essouffle vers la fin du disque. On fera l’impasse sur la dispensable "Doesn’t Fave to Be that Way" (qui ne vaut peut-être que pour le titre, clin d’œil à son frère ?) et "Chinatown" (qui dans son dépouillement oublie de construire sa mélodie) ainsi que sur le clin d’œil trop appuyé de "I Get By" (où Liam, fidèle à une tradition initiée du temps de Oasis, bâtit une chanson en citant des paroles de ses chansons préférées, comme les Stones ou les Beatles). L’album se clôt par la ballade au son clair "I Never Want To Be Like You", en forme d’ultime déclaration de guerre à Noel ?


Pauvre Kasabian, eux qui pensaient pouvoir enfin s’adjuger la couronne initialement dévolue à Oasis ! Liam Gallagher prend tout le monde de surprise en publiant cet album sincère et s’installe de nouveau sur le trône.  Prochain round lors de la parution de Who Built The Moon, le 24 novembre prochain, par Noel Gallagher & The High Flying Birds ! Le premier extrait ferait plutôt pencher la balance en faveur de Liam…


Cela n’a rien à voir avec cet album mais on voulait le signaler : Liam se révèle être le rockeur le plus drôle d’Angleterre. Il est l’une des rares stars à twitter comme il pense, f words inclus. En interview, il fait preuve d’un sens de l’humour tordant qu’on appréciera plus en VO. Lorsque notre héros croise McCartney, qui lui propose un Margarita, Liam croit qu’on lui parle d’une pizza et non d'un cocktail chic qu’on sirote à la paille. Tout le contraire de son frère qui s’affiche avec de Niro et Bono sur les réseaux sociaux. Comment ne pas adorer un type aussi spontané ?


Pour commencer : "Walls Of Glass", "Greedy Soul", "For What It's Worth"

Note de 2/5
Pas forcément plus intéressant que Beady Eye, ce premier LP solo du trublion Gallagher a beau avoir bénéficié des déclarations tapageuses de son géniteur en guise de promo, il n’en demeure pas moins musicalement obsolète. Tout est excessif dans ce As You Were pop – très peu rock – qui démontre que même sans un seul « f*ck », Liam Gallagher est capable de se vautrer lamentablement dans une production grossière et indigeste.
Note de 3.5/5
Se pourrait-il que Liam dame le pion à son frère cette année ? Alors que Nono affine sa réponse - et suscite quelques frayeurs avec le médiocre "Holly Mountain" -, le cadet des Gallaghers livre un premier album solo bien plus qu'honnête, alignant des pop songs pertinentes dans leur mélodies à défaut de livrer des textes insurpassables. N'empêche : des titres comme "Wall Of Glass", "For What It's Worth" (avec ses forts relents de "Don't Look Back In Anger"), "Paper Crown" ou "You Better Run" renouent avec l'écriture directe et pas prise de tête que l'on affectionnait à l'époque de la britpop, marquant par ailleurs une nette évolution - positive, cela va sans dire - du mancunien qui, jusqu'ici, n'avait pas fait montre de talents de songwriter particulièrement intéressants. Essayez donc de vous frotter à As You Were et méfiez-vous de vos préjugés : vous pourriez bien être surpris. Dans le bon sens du terme. Sans conteste son meilleur disque post-Oasis.
Commentaires
SPlissken, le 07/11/2017 à 18:36
Dispensable "Doesn’t Have to Be that Way"??? Perso j'adore cette chanson avec cet effet d'écho psychédélique dans le refrain. Définitivement un très bon album pour moi.
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