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Critique d'album

Kylesa


Exhausting Fire


(02/10/2015 - Seasons Of Mist - Hardcore / Sludge / Psyché - Genre : Hard / Métal)
Produit par Phillip Cope

1- Crushed / 2- Inward Debate / 3- Moving Days / 4- Lost And Confused / 5- Shaping The Southern Sky / 6- Falling / 7- Night Drive / 8- Blood Moon / 9- Growing Roots / 10- Out Of My Mind
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Kylesa est toujours aussi fascinant, même quand il pousse les amplis à fond"
Etienne, le 05/10/2015
( mots)

L’écoute d’Exhausting Fire est ce qu’on pourrait appeler un moment intense, puissant et intriguant au plus haut point de par sa complexité structurelle et sa richesse musicale, et se veut de prime abord comme la réponse sulfureuse au direct et bien plus accessible Ultraviolet. Kylesa, pour ceux qui auraient loupé le coche et les multiples appels du pied de Nicolas et ses chroniques des précédents opus, c’est du sludge metal, sorte de stoner rock boosté à la distorsion abyssale et nappés de phrasés psychédéliques hypnotiques. Et ce nouvel opus ne sort pas des sentiers préalablement battus par la bande de Savannah en proposant toujours ces mêmes ingrédients, toutefois poussés dans leurs retranchements notamment en terme de puissance sonore tant celle-ci, décuplée, englobe de son aura pesante chaque morceau de ce Exhausting Fire lourd, difficultueux et passablement obscur.


Pour ce nouvel album, le désormais trio, qui engage un bassiste et un deuxième batteur pour ses tournées (qui ne fait pas de la figuration et joue vraiment en même temps que Carl McGinley), s’est enfermé dans son Jam Room de Caroline du Sud pour accoucher d’Exhausting Fire, à l’artwork un brin plus sobre qu’Ultraviolet et Static Tensions, toujours axé sur une illustration triangulaire, sans pour autant verser dans la gaieté extrême. Ce n’est rien de le dire car même si Exhausting Fire emprunte autant au rock psychédélique qu’à la new-wave, ce nouvel album du trio de Savannah nous plonge dans les abysses d’un rock tumultueux dont il est difficile de sortir indemne.


Là où son prédécesseur voyait les vocalises vigoureuses de Cope et les mélodies cristallines de cette diablesse de Pleasants prééminentes, Exhausting Fire distille le chant tiraillé du couple avec une parcimonie troublante, souvent murmuré, soufflé ou à l’inverse braillé momentanément, privilégiant les longs phrasés instrumentaux comme sur le très sabbathien "Shaping The Southern Sky", qui se conclut sur trois minutes d’un passage exclusivement musical dantesque, à l’exception d’une évasive complainte susurrée de Cope. Et ce manque d’intelligibilité des voix, en particulier sur le seul couplet d’"Out Of My Mind", s’ajoute à des architectures structurelles délicates (le mystique "Night Drive") où l’absence de refrains marquants s’ajoute à des enchainements de couplets plus ou moins distincts liés par des phrasés instrumentaux de longueurs variables, à l’exception peut-être du colossal "Falling" qui retrouve une composition couplet-refrain-solo plus usuelle bien que s’achevant dans un imbroglio rythmique des plus brutaux. Kylesa n’hésite pas non plus à duper son monde en proposant de belles mélodies planantes empruntées à la new wave l’espace de quelques secondes dans un « Lost And Confused » supplanté par un riff surpuissant soufflant de spontanéité, modèle de dualité musicale aussi jouissive qu’impromptu. Le groupe réitérera l’expérience avec brio dans un « Blood Moon » mené tambours battants par Carl McKinley s’ouvrant pourtant sur de superbes arrangements à la clarinette confinant au mysticisme oriental. "Moving Day" ira même jusqu’à titiller les aériens errements du space rock soutenant un Cope alors en pleine élucubration mélancolique, ce qui change radicalement de son chant post-punk agité d’ "Inward Debate". Mais le groupe ne compte pas que sur ces singularités sonores pour marquer le coup et propose avec Exhausting Fire son album le plus dynamique, le plus complet et également le plus puissant.


L’amorce d’Exhausting Fire disloque toutes les attentes en demi-teinte et déclenche la furie des guitares suintantes de distorsion du couple Cope-Pleasants. "Crusher" emplit l’espace de sa frénésie sonore dont le mixage laisse à première vue plutôt pantois: l’ensemble gronde plus que ne sonne et le chant plaintif de Laura Pleasants est noyé dans une rythmique aux allures de rouleau compresseur. Mais la pièce d’ouverture de ce nouvel effort se complexifie, s’attendrit, verse dans une lente cantique psychédélique tout en phasing et effets nébuleux qui soudainement se vouent à envouter l’auditeur dans une obscure tourmente musicale. Le son est plein, complexe et force est de constater qu’aucun espace n’est laissé vide tant l’impression d’enveloppe sonore globale est sidérante. "Out Of My Mind" concluera l’album lui aussi de manière frénétique avec des guitares lourdes, telluriques et une accélération finale nerveuse, point d’orgue du chemin tortueux qu’est l’écoute d’Exhausting Fire, album ambiant qui verse autant dans la fragilité angélique d’un "Night Drive" porté par la voix frêle de Pleasants que dans un démoniaque sludge caverneux à la batterie homérique et aux harmoniques que n’auraient pas renié Robb Flynn dans un "Growing Roots" des plus puissants. Puissance décuplée par un mixage favorable à ces passages instrumentaux et donc beaucoup moins aux chants des deux acolytes de Savannah qui voient leurs vocalises engluées dans ce bourbier sonore. Autant dire qu’on peine à distinguer les mots et le sens des vers de Pleasants et Cope, sans que cela soit un mal pour autant, car personne n’attend de Kylesa de disserter sur la politique sociale de son pays ou d’accorder du crédit à un quelconque candidat pour la prochaine élection américaine. L’essentiel est là, et c’est très bien comme ça.


Exhausting Fire est un album compliqué à bien des égards mais reste avant tout une singularité fascinante dans la sphère stoner metal. Kylesa semble avoir trouvé un certain équilibre tant ce dernier effort englobe tout ce qu’on avait pu entendre auparavant distinctement dans la discographie du groupe. Tout y est réussi, tout y est particulier et il ne sortira rien d’une écoute rapide. Il faut donc se préparer à écouter et à réécouter Exhausting Fire pour en capter toutes les saveurs, en ressentir tous les frissons, en vivre toutes les émotions. Un grand album qui mérite une attention très particulière.


Chansons conseillées: "Inward Debate", "Shaping The Southern Sky" et "Night Drive"

Note de 4.5/5
L'un des albums les plus jouissifs des sludgeux de Savannah. Expérimental, aventureux, d'une lourdeur parfois sidérante, explorant une palette de sons et de styles effarante, Exhausting Fire a de plus le mérite de se révéler le disque de Kylesa le plus accessible au niveau du chant, Philip Coppe et Laura Pleasant ayant particulièrement bossé leurs vocalises. Pour moi le meilleur album de metal de l'année, à l'aise.
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Très bon album
Coup de coeur
Excellent
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