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Critique d'album

Mastodon


Crack the Skye


(24/03/2009 - Reprise - Sludge / stoner / progressif - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Oblivion / 2- Divinations / 3- Quintessence / 4- The Czar: I. Usurper - II. Escape - III. Martyr - IV. Spiral / 5- Ghost of Karelia / 6- Crack the Skye / 7- The Last Baron
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Le mastodonte a accouché d'un concept-album aussi éreintant que fascinant."
Nicolas, le 10/08/2009
( mots)

Mastodon. Voilà un groupe qui est loin, bien loin de faire l'unanimité, n'en déplaise à certains. Entre une énorme armada de fans invétérés qui vouent au quatuor d'Atlanta un culte extatique et un petit troupeau d'irascibles détracteurs qui cherchent vaille que vaille à le démolir impitoyablement, difficile d'envisager une ligne de conduite simple à l'égard de la formation. Mais peut-être que celle-ci n'existe tout simplement pas ?

Crack The Skye, quatrième opus des forçats sudistes, ne va certainement pas clarifier nos affaires. Seul point d'encrage, la tendance actuelle de Mastodon semble être d'évoluer vers un metal de plus en plus progressif. Moins de titres, plus de longueur, une recherche incontestable de cohésion, un goût plus affirmé pour la mélodie au détriment des grawls, une unification de la thématique en un concept album étrange, ressassant les tribulations d'un tétraplégique perdu dans les limbes astrales qui échoue dans la Russie tsariste (et accessoirement dans le corps de Raspoutine), le tout avec moult théories ésotériques faites de divination, de chamanisme et d'alchimie. A moins que ce ne soit l'inverse.

Vous frôlez l'apoplexie ? Ca n'est rien en comparaison avec le contenu musical de l'album. Car Crack The Skye se révèle, aux premiers passages de platine, rigoureusement indigeste. Comme tout bon album de Mastodon qui se respecte, diront certains, et ils n'auront pas tout à fait tort. Le groupe affectionne toujours autant les constructions rythmiques alambiquées, les changements de tempo sournois et les breaks uppercuts, le tout assaisonné aux bonnes vieilles mitrailleuses vrillées sur des amplis au taquet. Pensez quand même que la partie médiane de "The Last Baron" arrive à enchaîner pas moins de 21 changements de riffs (pour une bonne quinzaine de riffs au total) en à peine plus de six minutes !

Le style du groupe est ardu à enquiller, c'est un fait, mais il s'avèrerait malgré tout abordable si les quatre besogneux ne le noyaient pas sous un son volontairement opaque. Et quand on dit que le groupe a délibérément choisi ce rendu, c'est en dépit du choix de Brendan O'Brien en tant que producteur, alors que le lascar préfère habituellement clarifier les pistes et aérer les instrumentations. Ici, inutile de songer à apprécier l'album sur un iPod, un auto-radio ou une mauvaise chaine hi-fi : le quatuor d'Atlanta a opté pour un rendu en forme de rouleau compresseur, massif, comprimé à l'extrême, à tel point que les dynamiques sonores des guitares peinent à resortir sur les baffles faiblardes. Last but not least, n'oublions pas que derrière les fûts du pachyderme sévit l'inaltérable Brann Dailor, et que ce dernier n'a (malheureusement) pas mis d'eau dans son vin. L'artilleur de Georgie n'hésite toujours pas à assommer son auditoire sous des tombereaux de frappes et de roulements orgiaques, certes impressionnants sur un plan purement technique, mais ne servant que rarement à renforcer l'ossature des titres. Résultat : ce quatrième opus se doit d' être impérativement consommé à petites doses lors des premières écoutes sous peine de dégoûter les oreilles les plus sensibles.

Pourtant, il serait dommage de s'arrêter à cette première impression négative. Car avec Crack The Skye, Mastodon franchit un pas qualitatif des plus décisifs. On peine effectivement à trouver des similitudes entre les compositions très particulières de ce groupe et celles de n'importe quel acteur de la scène metal : le style du mastodonte est véritablement unique, préférant tout miser sur les ambiances irréelles et mystérieuses sans forcément faire vibrer une fibre horrifique usée jusqu'à la corde par nombre de ses voisins de pallier. "Oblivion", à ce titre, est remarquable de force évocatrice, nous faisant illico voyager dans l'univers mystique du combo grâce à son grand refrain habité. Même appréciation favorable pour "Divinations" qui associe tempo haletant et soli dévoyés sans aucun effort. Le tournant mélodique abordé ici s'avère des plus appréciables, même si le maintien de Troy Sanders comme chanteur principal dans ce registre reste on ne peut plus discutable, eût égard à son timbre très particulier et à son manque de coffre (constaté surtout en live). En comparaison, Brent Hinds et Bill Kelliher apportent plus de profondeur et de sensibilité à l'album pour une rendu global tout de même en nette progression par rapport aux trois épisodes précédents.

Si Mastodon aime toujours autant surprendre l'auditeur en additionnant les changements de tempos et de style ("Quintessence" est d'ailleurs très représentatif de cette tendance, tout comme l'était "Capillarian Crest" sur l'opus précédent), le groupe sait désormais faire preuve de subtilité et de retenue dans la construction de ses titres. Preuve en est un "The Czar" magistral et maîtrisé de bout en bout, ménageant autant de passages hallucinés extra-corporels que de charges de cavalerie cosaque à bride abattue. Si "Ghost of Karelia" fait figure de point de ralliement metal prog de l'ensemble et que "Crack the Skye" parvient à imposer quelques grawls assassins sur fond d'apocalypse, il reste à aborder le cas de "The Last Baron". Certains porteront le morceau aux nues, d'autres ne pourront s'empêcher de décrocher durant la fameuse partie médiane de ce titre obèse qui empile les riffs comme autant de pièces de viande saignante sur une broche acérée. A chacun de le consommer selon son régime.

Voilà donc un album d'une densité peu commune, passablement éreintant lorsqu'il est encaissé de bout en bout, et qui ne parvient à prendre son essor qu'au bout de nombreuses et patientes écoutes segmentées. Mais lorsque l'effort est réalisé, Crack The Skye gagne enfin toutes ses lettres de noblesse. Album particulièrement original d'un groupe qui ne l'est pas moins, il saura se faire apprécier des férus de très gros son et de complexité extrême, tout en pouvant désormais être proposé à toute une communauté avide de metal progressif de haute volée. En attendant la prochaine livraison des ferrailleurs d'Atlanta, qu'on souhaiterait pouvoir apprécier un peu plus facilement...

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