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Critique d'album

Kylesa


Spiral Shadow


(25/10/2010 - Prosthetic - Hardcore / Sludge / Psyché - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Tired Climb / 2- Cheating Synergy / 3- Drop Out / 4- Crowded Road / 5- Don't Look Back / 6- Distance Closing In / 7- To Forget / 8- Forsaken / 9- Spiral Shadow / 10- Back and Forth / 11- Dust
Note de 2.5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Le metal atypique de Kylesa se mêle au psychédélisme pour un opus fascinant"
Nicolas, le 11/02/2012
( mots)

On aura beau dire ce qu'on voudra, rares ont été les formations réellement innovantes à avoir émergé au cours des années 2000. On a beaucoup glosé sur la garage rock en feignant de découvrir ou de redécouvrir un style musical, tout ça pour que le soufflé retombe aussi vite qu'il avait gonflé et que le courant se retrouve de nouveau mort et enterré moins de dix ans plus tard. En fin de compte, c'est du côté du metal et de ses succédanés que l'on a débusqué et suivi les groupes les plus intéressants de la dernière décennie. On citera bien sûr les Queens Of The Stone Age, pendant pop du stoner rock de Kyuss et consorts, Josh Homme ayant mine de rien abattu un boulot de sape considérable dans le but de démocratiser tout un pan de la musique lourde auparavant réservé aux aficionados locaux de groupes quasi-inconnus. C'est dans cette mouvance que le metal commence, par endroits, à s'éloigner des canons colportés par Metallica et les trasheux de la baie de San Francisco depuis près de trente ans, rythmique de cinglé, ultra-technicisme, beuglements sauvages, chevelures opulentes, pantalons en sky maxi burnés et idéographie vaguement sataniste. Désormais, une partie du public amateur de rock musclé commence à surveiller très sérieusement l'état de Géorgie et les scènes de villes comme Atlanta ou Savannah au sein desquelles on retrouve des formations de la trempe de Mastodon, Baroness, Black Tusk et, donc, Kylesa.

Les amateurs de metal s'accorderont tous pour vous affirmer que Spiral Shadow est loin d'être le meilleur album de la bande à Philip Coppe et Lauren Pleasants. A cela on répondra, en tant que mécréants revendiqués, que le dernier effort studio de Kylesa, s'il ne brille ni par sa violence, ni par son jusqu'au-boutisme sonore, fait preuve d'un brassage de genres complètement inédit qui, associé à une réelle prégnance de composition, en fait de facto un album réellement jouissif. Délaissant la brutalité hurleuse et l'hystérie de l'uppercut Static Tensions, le combo pose ses voix et métisse son sludge boueux avec des couleurs psychédéliques très appuyées et certaines ambiances presque shoegazes. Ce parti pris percute de plein fouet un bon nombre de caractéristiques propres à ce groupe : des affinités hardcores basées sur un chant masculin rythmé et scandé, la présence en son sein d'une vocaliste revêche (la multi-tatouée Laura Pleasants) qui aligne désormais les airs subjuguant les uns après les autres, et surtout, bizarrerie assez rare au sein d'un groupe de rock, la présence de deux batteurs jouant à l'unisson, ce qui confère aux rythmiques du groupe un grain unique, féroce, englobant et presque tribal. Ce mélange assez original aboutit à un album de très haute volée, entêtant, brutal mais suffisamment accessible pour ne pas faire fuir le tout venant qui s'est un jour ou l'autre décrassé les oreilles au hard rock plombé (stoner, doom, grunge, etc... rayez la ou les mentions inutiles).

L'introductif "Tired Climb" nous met tout de suite dans l'ambiance bien particulière du groupe : entre l'intro lente et désespérée, les riffs mastocs et gras, la rythmique épileptoïde improbable, les slogans braillés et le chant famélique de la succube Pleasants, on plonge immédiatement en plein trip total, assommés mais béats devant ce son qui ne ressemble à aucun autre. D'autres titres sont tirés du même moule : "Cheating Synergy" qui alterne coups de médiators rugueux et volutes de cordes hypnotiques, ou encore "Back And Forth" qui fait presque du At The Drive-In joyeux. Ailleurs, les tempos se font plus posés et bénéficient de belles mises en valeur par le biais d'intermèdes instrumentaux volontiers hallucinogènes. Si certains morceaux donnent clairement dans le shoegaze relooké à la sauce géorgienne ("Don't Look Back" qui fait copuler sans vergogne Mastodon et My Bloody Valentine, ou encore le conclusif "Dust"), les pièces principales de cette spirale ombreuse sont celles qui affichent le plus clairement leur psychédélisme, qu'il soit intermittent ("Drop Out", de fureur guerrière ethnique en apaisement opioïde) ou plus constant. A cet effet, l'épatant "Crowded Roar" frappe très fort là où ça fait mal avec ses longues progressions arabisantes encadrées de troubles déflagrations virant à l'obsession totale. Le titre n'est dépassé que par la poigne triste et sublime de "Spiral Shadow", lent thème plaintif et magnifique décliné de résignation en révolte outrancière. Et que dire des charges plombées que sont "Distance Closing In" (riff ultra-lourd au menu), "To Forget" (Kyuss qui se balade à la plage) et "Forsaken" (aliénant à l’extrême et balayé par des salves de hurlements à la fois beaux et terrifiants), tous emportés par la classe vocale de la distante et fascinante Laura Pleasants ? Et on vous passe les accélérations et ralentissements incessants de la double batterie qui apportent une réelle dynamique à l'ensemble.

Troublant, vénéneux, hallucinant, mais également original, hanté et capable de fédérer bien au delà de la sphère metal, Spiral Shadow confirme le caractère atypique et exceptionnel (au sens premier du terme) de Kylesa, un des rares groupes contemporains à posséder une empreinte sonore originale, percutante et aisément identifiable. Nous étions passé à côté de cet album à sa sortie, mea culpa, et désormais l'erreur est réparée : à votre tour de sombrer dans les tourments délicieux de ces sphères d'ombres. Quant à l'avenir du rock lourd, se situerait-il désormais quelque part entre Palm Desert et Savannah ? On serait bien tenter de le penser. Une chose est sûre : après la grande classe du dernier Mastodon, The Hunter, et les qualités évidentes de ce disque, nos projecteurs sont désormais braqués tout droit sur la Géorgie, et ils ne sont pas prêts de la perdre de vue.

 

 

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