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Critique d'album

Hermano


Dare I Say


(26/11/2004 - Suburban Records - Stoner Rock - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Cowboys Suck / 2- Life / 3- Roll Over / 4- Quite Fucked / 5- Is This Ok? / 6- Brother Bjork / 7- On the Desert / 8- My Boy / 9- Angry American / 10- Murder One / 11- Let's Get It On
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"John Garcia poursuit avec brio sa carrière post-Kyuss"
Maxime, le 08/09/2010
( mots)

Les années 2000 auront enfin vu l’œuvre colossale de Kyuss porter ses fruits. Même si le genre reste encore à l’heure actuelle cruellement underground à l’exception de quelques rares combos, nul hardos digne de ce nom n’ignore aujourd’hui le mot stoner. Merci qui ? Josh Homme, assurément, qui avec ses Queens Of The Stone Age a popularisé le genre et une pléiade d’obscurs artilleurs avec lesquels le bonhomme clame pourtant n’avoir rien en commun. Mais merci également John Garcia. Pendant que son ancien compagnon de jeu rencontre progressivement la gloire, le chanteur ne passe la seconde moitié des années 90 qu’à ruminer son sort, ballotant de projets mort-nés (formidables Slo Burn) en formations castrées par l’incurie des labels censés les mettre en lumière (fantastiques Unida). Quelques années après la séparation de Kyuss, le constat est clair pour l’ombrageux vocaliste : la musique ne sera plus un full-time job pour lui. Son rôle de père de famille est désormais prioritaire et il n’est plus question de quitter son désert natal pour se lancer dans de nouvelles chimères.

Sauf que, en ce début de millénaire, un collègue (le bassiste Dandy Brown, ex Orquesta Del Desierto) arpente le pays, décidé à monter un groupe de mercenaires désireux de se consacrer à la musique en amateurs chevronnés, pour l’amour de l’art et non l’attrait des projecteurs. Le batteur Steve Earle (Afghan Whigs) et le guitariste Dave Angström (Supafuzz) répondent à l’appel. Angström introduit rapidement dans la bande son pote Garcia, et dès lors le projet Hermano prend une ampleur considérable. Un premier disque sort en 2002 (…Only A Suggestion) qui, dans la lignée d’Unida, perpétue à merveille l’héritage de Kyuss malgré sa brièveté (28 minutes). Mis en confiance par ce premier jet prometteur, le groupe récidive deux ans plus tard avec l’imposant Dare I Say… Alors que le second mandat de Bush annonce quatre nouvelles années de violence libérale et militaire, il oppose une réponse en forme d’affront, expédiée sans ménagement au locataire de la Maison Blanche avec le "Cowboys Suck" inaugural qui le rhabille pour l’hiver au moyen d’un binaire cinglant, fouettant le visage comme une volée de sable. Le quartet récidive quelques pistes plus tard avec l’explosif "Angry American", renchérissant dans la violence frontale avec une ardeur jubilatoire, et clôt les hostilités sur un corrosif "Let’s Get It On" à la fougue décapante, avec un narquois "You want a war ? You got a war !" jeté en guise de point final.

Mais la réussite de Dare I Say… ne réside pas simplement dans sa rage blasphématoire. Plus dense et varié que son prédécesseur, l’album conjugue puissance et assurance avec une maestria débridée. Excellant aussi bien dans le registre des charges compactes ("Quite Fucked"), des rengaines hypnotiques sur lesquelles les QOTSA ont bâti leur réputation ("Life") que des climats caniculaires ("Is This Ok?") ou éthérés ("On The Desert"), le groupe démontre avec brio sa capacité à s’aventurer sur tous les terrains. Mais la pièce maîtresse du gang reste sans conteste John Garcia. Son inimitable organe, sauvage comme un loup, venimeux comme un crotale, vorace comme une hyène, transcende chacune des 11 pistes de ce disque. C’est un véritable bonheur que de l’écouter scander avec détachement sur "Roll Over", mitrailler des "Go, motherfucker, go !" le long de "Brother Bjork" ou de montrer toute l’étendue de son registre vocal sur le poignant "My Boy". Le petit miracle d’un "Space Cadet" se reproduit ici sous les traits de "Murder One", formidable balade acoustique aux relents de whisky. C’est avec cette dynamique retrouvée que le groupe va enquiller en 2007 avec Into The Exam Room, toujours aussi abouti, et bientôt souffler ses 10 bougies.

Comment expliquer une telle longévité ? Par ce constat simple : les musiciens ont le même rythme de vie que leur chanteur. Chacun mène son existence dans son coin, conjuguant boulot (Dandy Brown est professeur d’anglais, Garcia travaille dans une clinique vétérinaire) et vie familiale, enregistrant ses parties dans son home studio pour les proposer ensuite à ses partenaires par mail. La troupe ne se réunit que pour des tournées de 2-3 semaines en Europe, renonçant pour le coup à sillonner un continent américain qu’ils connaissent déjà si bien. C’est cette espèce de force tranquille qui forme le ciment de la puissance et de la cohésion dont fait preuve Hermano sur chacune de ses réalisations. Chanteur casanier, John Garcia n’en oublie pas moins de multiplier les featurings pendant toute la décennie ( Mondo Generator, Orange Goblin, The Crystal Method, Danko Jones, Monkey 3 jusqu’à récemment avec Karma To Burn), s’affairant mollement sur un album solo promis depuis des lustres et que le lascar ne semble pas pressé de boucler. Plutôt que de se carboniser à honorer un heavy rock dont il est l’un de ses plus illustres emblèmes, le bonhomme préfère le servir avec la sérénité et le détachement du vieux sage. La postérité louera ses titanesques travaux comme ils le méritent.

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Critique d'album

Hermano


... Into The Exam Room


Album de la semaine

Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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