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Critique d'album

Queens of the Stone Age


Songs for the Deaf


(26/08/2002 - Interscope - Stoner rock - Genre : Rock)
Produit par Josh Homme, Adam Kasper, Eric Valentine

1- You Think I Ain't Worth a Dollar, But I Feel Like a Millionaire / 2- No One Knows / 3- First It Giveth / 4- A Song for the Dead / 5- The Sky Is Fallin' / 6- Six Shooter / 7- Hangin' Tree / 8- Go With the Flow / 9- Gonna Leave You / 10- Do It Again / 11- God Is in the Radio / 12- Another Love Song / 13- A Song for the Deaf / 14- Mosquito Song
Note de 5/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"Un Everest horizontal."
Maxime, le 15/04/2005
( mots)

"Tous les dix ans paraît un disque qui définit le futur du rock. C’est celui-ci." Ainsi claironnait Dave Grohl, encore sonné par la monstrueuse somme à laquelle il venait de participer. Le pire avec ces connards de rock stars, c’est quand ils se mettent à avoir raison. Depuis la mort de Kurt Cobain, le grand souci de la planète rock aura été de prédire quel serait le prochain Nevermind, quel disque allait redéfinir les contours de cette musique, faire table rase du présent et remettre une nouvelle génération dans le droit chemin. Problème : aucun nouveau Christ n’est descendu sur Terre prêcher la bonne parole. Du coup chacun y alla de ses paris : Radiohead (Ok Computer), Strokes (Is This It), White Stripes (Elephant) ou Libertines (Up The Braket). Chacun a poussé les meubles dans son coin, inventant une forme inédite de psychédélisme dépressif, une nouvelle façon de s’habiller ou de draper le punk d’un narcotisme tragique. A défaut d’un grand disque total, synthétisant ces diverses réussites, une poignée de chefs d’œuvres a donné le "la" dans chacun des différents genres. Il reste un parent pauvre, celui qu’abordent trop rarement les rock-critics. Le hard rock. Il y avait pourtant un sacré boulot à faire : arracher les grosses guitares des paluches des bourrins du metal, tirer un trait sur les riffs putassiers, gommer tout culte de la technicité, retrouver l’essence fugace, groovy et rock’n’roll du hard rock seventies. Cette tâche fut celle du stoner rock, mais écrasée par l’ombre du grunge, l’expérience Kyuss capota auprès du grand public. Si les monumentaux manifestes Blues For The Red Sun et Sky Valley ont apporté un élément de réponse décisif, il manquait l’assentiment des masses et une oecuménicité qui viendrait piocher aussi bien dans la pop que dans le punk. Songs For The Deaf vient parachever ce projet.

Lorsque le groupe entre en studio dès Octobre 2001 pour concevoir l’album, Queens of The Stone Age est déjà une machine à riff parfaitement lubrifiée. Avec son disque précédent, Rated R, le combo dégénéré s’impose au grand public américain. Sur bien des aspects, Rated R fait office de matrice parfaite. Déjà, le combo faisait prévaloir la notion de tribu, débauchant des séides en quadrillant le continent (Mark Lanegan en tête), déjà, le groupe, tout en conservant les guitares opulentes du stoner coupait son binaire psychotique de giclées punk (menées par Nick Oliveri), de grandes rasades pop portées par le chant fluet d’Homme ou de mélopées hagardes et déphasées. En fait, et pas mal de fans avertis le reconnaissent, sur le strict plan des mélodies, Rated R est supérieur à son successeur, lorsque l’on prend les titres séparément. Il restait à construire ce que le disque antérieur n’avait pas su faire : homogénéiser l’ensemble, harmoniser ces éléments disparates, faire bloc, bref, que l’album ne prenne sens qu’en tant que tout. Et Songs For The Deaf réussira là où l’effort précédent avait échoué en faisant de l’écoute de ce disque une expérience mystique, sauvage et hallucinée. L’idée de Josh Homme est de partir de l’idée d’évasion, d’en faire une métaphore filée que l’on pourra décliner tout au long du disque sous toutes ses formes (drogue, sexe, amour). Elle s’incarnera dans la succession de jingles radios (que confectionnera avec malice Twiggy Ramirez des Marilyn Manson) qui essaiment la route d’un voyage solitaire et désaxé, partant du traffic de Los Angeles pour se perdre en plein désert californien, non loin de Palm Desert, la région native de Kyuss, où l’on jamme en fumant de l’herbe, les amplis branchés à des groupes électrogènes ramenés par pick-up dans les dunes sablonneuses (c’est le principe même des Generator Parties). Philippe Manœuvre décrit très bien cet aspect dans sa discothèque idéale et fait l’analogie, très juste, avec le Sur la route de Jack Kerouac. Si le contexte n’est pas le même, le rasage de bitume se pratique avec une ferveur identique. Et en écoutant le géant rouquin sous psychotropes se relayer le volant avec le skinhead barbu hystérique, on a parfois l’impression d’assister, comme un lointain écho, aux tirades hallucinées de Dean le frappadingue, déclamant ses divagations sur fond de Be-Bop.

Mais pour l’heure, l’enregistrement tourne au fiasco. Pour occuper le poste de producteur, Josh Homme  pense d'abord à Joe Barresi qui l'avait épaulé pour mettre à bas le premier album. Mais la maison de disque, souhaitant un nom connu pour appâter le chaland, refuse net. Il s’acoquine alors avec Eric Valentine, à même, sur le papier, d’harmoniser l’ensemble, fort de son savoir-faire mené auprès de Satriani. Las, les bandes sont décevantes, les titres manquent de relief. En outre, le batteur Gene Trautman fait faux bond au groupe en entreprenant une carrière solo. Homme reprend donc le travail à zéro, s’installe derrière la console et fait appel à un ami de toujours, Dave Grohl. Fan de Kyuss après les avoir vu jouer en 1992, Grohl ne se fait pas prier, et met illico ses projets courants en stand-by pour rejoindre son compère. C’est sa première apparition à la batterie depuis la fin de Nirvana. Le monde aura les yeux rivés sur ce come-back. Tous les participants en sont conscients. Mark Lanegan est également de la partie, apportant en offrande son timbre habité. Les sessions d'enregistrement se poursuivent jusque tard dans la nuit, mais la présence du frontman des Foo Fighters rend les séances plus productives et fait décoller le projet. Le piège de ce genre de rencontres est de céder à la loi des supergroupes à la Blind Faith : chercher à épater le voisin, en usant et abusant de prouesses techniques au mépris de tout respect envers la chanson. Point de bagarre de coq dans cette basse-cour. Pendant des jours et des jours, les musiciens grattent, expérimentent, raturent, désossent, lustrent, gonflent leurs titres. Grohl enregistre ses parties sans cymbales, pour se focaliser uniquement sur la rythmique, avant de recueillir l’aval d’Homme pour chaque prise. Avec une modestie d’artisan, le fils spirituel de John Bohnam coule le béton sur lequel reposera l’édifice. Chacun est tendu vers un seul et unique but : faire l’album ultime, frapper un grand coup et une fois pour toutes.

Songs For The Deaf épate donc d’abord par ce qu’il a sous le capot. Ensemble, la basse d’Oliveri et la batterie de Grohl forment la section rythmique parfaite, le V-8 chromé suprême, le poumon vital. Il suffit d’écouter le titre liminaire, échappé de Desert Sessions datant de quelques années, pour se rendre compte de la puissance du dragster. "Millionnaire" est un coup de sang, un pavé lancé contre un mur de verre, un poing broyant chair et os. Les Rock’n’Roll High Schools n’en finiront pas de disséquer les secrets de "First It Giverth", dont chacune des pulsations battent entre les tempes comme une brusque syncope. L’un des traits de génie de cet album réside dans cette rencontre superbe entre la paire Oliveri/Grohl trimant comme des galériens dans la soute et Josh Homme, ivre et royal, posant ses guitares martiales sur le plateau qu’on lui tend. "A Song For The Dead" est le plus grand morceau de Hard Rock de ces vingt dernières années. Ni plus ni moins. Et une pièce de choix dans chaque set des QOTSA. Sur une route aplanie au bulldozer par la batterie, l’engin poursuit sa route. Les guitares pleuvent, chancelantes, lancinantes. Mark Lanegan grince au volant. D’un râle rauque et venimeux, il lâche "It’s late enough to go drivin’". Le titre est un appel à la route, mais déjà plus celle des anciens, Steppenwolf ("Born To Be Wild"), Deep Purple ("Space Truckin") ou Led Zeppelin ("Going To California"). Elle est devenue crépusculaire, aride, ouverte à la perdition. Le morceau s’égare, se reprend, décolle puis explose en vol. Toujours, l’équilibre est conservé entre un rock primaire et une atmosphère tendue, sans cesse sur le fil du rasoir. Le ciel s’effondre ("The Sky Is Fallin’"), et on ne sait s’il faut en rire ou se mettre à crier, bercés par une valse pilonnée aux bris de verre, tandis que les riffs granuleux s’écrasent sur le sol. Chacun se relaie, Oliveri décanille des bouteilles de bières vides à la Winchester ("Six Shooter"), raille les chansons d’amour sur une pop-song d'un désenchantement exalté ("Another Love Song"), pendu aux cimaises, Mark Lanegan agonise ("Hangin’ Tree"), Homme trempe ses riffs dans la psilocybine ("Go With The Flow"), tresse, cisaille, tricote des litanies toxiques ("A Song For The Deaf"), burine le cuir à la masse ("Do It Again"), taquine, titille ("Gonna Leave You"). Sa voix fait merveille, insuffle une douce brise pop sur les turbines de l’engin diabolique ("No One Knows", redoutable tube). "God Is In The Radio" est une espèce de blues sous acide qui sonne comme une outtake du L.A. Woman des Doors perfusée au Valium. Lanegan, chanteur morrissonien en diable, n’en fait qu’une bouchée. "A Song For The Deaf" ferme la route, résumant à la fois l’album dans sa facture, sauvage et sensuelle, et ouvrant la suite sur de sombres auspices.

Songs For The Deaf est une pièce d’anthologie qui ne souffre pas le saucissonnage mp3. Foncièrement contemporaine mais réclamant une dicipline d'écoute toute vinylitique. Impossible de ne l’apprécier que de manière parcellaire, elle s’impose d’un bloc. Quasiment au lendemain de sa sortie, l’album est un classique. La pochette participe à l’élaboration du monolithe avec sa fourche diabolique posée à l’envers comme un levier de vitesse. Une marque. Un sigle, comme l’étaient les quatre symboles qui signaient le Led Zep IV. Certains y voient une superbe collection de chansons pop marquées au fer rouge, d’autres une émancipation salvatrice du metal. Tant pis si le disque n’a pas eu l’impact tellurique de Nervermind. L’heure n’est peut-être plus aux grands disques générationnels, mais aux petites chapelles singulières posées au milieu du désert comme autant d’oasis salutaires. Pour Josh Homme et sa clique, Songs For The Deaf sera leur croix, toujours ils y seront renvoyés, toujours ils devront grandir en dehors de leur chef d’œuvre, à chaque nouvel album ils devront le tuer pour pouvoir renaître. Pour les autres, ceux qui voudront publier l’album définitif et tenir la gageure d’ériger un hard rock puisant à la fois à la source du rock’n’roll et se montrant résolument moderne, un cap leur est désormais fixé : dépasser cet espèce d'Everest horizontal. Ou mourir. Bonne chance à eux.

Note de 4.0/5 pour cet album
Tonio, le 12/03/2003

Voilà donc Les reines de l'âge de pierre avec leur album: "Chansons pour les sourds". Alors quand j'ai eu cet album entre les mains, avec sur sa pochette un trident à deux dents (ironie?) sur fond rouge, je me suis dit oulala c'est quoi ça encore :-/ ... Non pas que je sois anti metalleux (j'ai eu ma période comme tout le monde :p) mais bon j'ai eu peur de ressentir tous les clichés propre à ce style de zik. Mais en fait, ce qui m'a surtout encouragé à écouter cet album, c'est la kyrielle de louanges, de prix, de bonnes critiques qu'a reçu cet album (NME, Rock N Folk, les inrocks, rocksound pour ne citer qu'eux, et même Placebo en fait une référence dans ses interviews). Ce groupe n'en est pas à son premier album, c'est déjà le troisième, et compte dans ses membres le célèbre Dave Grohl (Nivana, Foo Fighters) en tant que batteur cette fois-ci. Alors ok on écoute, ... ah ouais quand même c'est violent, mais c'est pas du métal, disons qu'on est à la limite, on la dépasse quelque fois c'est vrai, mais on est loin de ces fameux clichés, pas de superflus, pas de voix stridente, la voix reste mélodieuse, quelques refrains sont même très pop ... En fait, ce qui caractérise cet album, c'est la diversité des chansons qui plaira autant aux métalleux qu'aux personnes habituées à un rock plus tranquille. Puisqu'il faut conclure, je ne pense pas que cet album révolutionnera le rock, mais il y a vraiment une originalité dans cet album, quelques titres sont déjà des tubes ("No One Knows", "Another Love Song"), ce style de musique est conseillé donc aux amateurs de rock très ... euh ... rock et pour tous ceux qui ne sont pas effrayés de sortir un peu des sentiers battus.

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