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Vieilles Charrues 2008 : morceaux choisis


Nicolas, le 28/07/2008

Dimanche 20 Juillet

Retour à Carhaix en début d'après-midi. L'ambiance a radicalement changé : du calme bon enfant qui régnait Jeudi, on est passé à une véritable liesse populaire qui a gagné toute la ville, littéralement envahie par des festivaliers plus ou moins à jeun. La musique est partout, des petits groupes rock locaux qui se produisent dans la rue aux enceintes municipales qui déversent à bon volume des notes à n'en plus finir. Vite, je me dépêche de regagner les lieux du festival en slalomant entre de joyeux passants pas toujours très stables sur leurs appuis. A cette heure, j'ai raté le premier concert (Asa), mais ça ne devrait pas trop me manquer.

The Dø


Eux, je les attends avec une grande impatience. Après un premier album brillant, portant bien haut les couleurs de la France (et de la Finlande, aussi, quand même) grâce à leur pop-folk éclectique, je suis curieux de voir ce que produisent Olivia Merilahti et Dan Levy en live. Autant dire tout de suite que je ne suis pas déçu. En fait, je m'attendais à un concert assez calme, à l'image de leur musique qui, si elle sait se faire remuante par moments, prend avant tout le temps de poser l'émotion. Mais c'est à un tout autre spectacle que nous avons droit, inventif et énergique. S'appuyant sur un son toujours aussi brillant (ah, ces guitares), les deux compères étonnent l'assemblée par la qualité de leurs réinterprétations : tous les morceaux de leur album sont largement retravaillés pour la scène, comme cet incroyable Medley réunissant les pourtant très dissemblables "The Bridge Is Broken" et "Queen Dot Kong". Et plus encore, nous avons droit à un inédit ("Bohemian Song", si ma mémoire ne me fait pas défaut) et à une version géniale et méconnaissable du "Crazy" de Gnarls Barkley. Ceci bien sûr en plus des imparables "At Last!" et "On My Shoulders". Et cette voix ! Un grand moment de musique, ponctué par une présence scénique très forte que rend bien plus évidente l'emploi du français pour s'adresser à la foule. Ces deux-là ont déjà tout des plus grands, et je guetterai leur prochain album avec beaucoup de fébrilité.

Thomas Dutronc


Vient ensuite Thomas Dutronc. Connais pas, à part qu'il s'agit du "Fils De". Bah, j'ai bien entendu son single une fois ou deux à la radio, mais j'avoue ne pas avoir accroché plus que ça. Sur scène, Thomas s'éclate avec ses potes et dévoile une belle énergie et un vrai contact avec la foule. Son concert (je devrais plutôt dire : "son spectacle") est néanmoins assez symptomatique d'une nouvelle scène française très (trop) stéréotypée : boboïsante, existentialiste, faussement décalée, voir un peu nombriliste. Mais le tout se laisse écouter avec plaisir, d'autant que Thomas Dutronc est un sacré bon guitariste et qu'il maitrise plutôt bien le style tzigane à la Django Reinhardt. Ça remue dans la foule, la voix est très agréable, et des titres comme "Jeune je ne savais rien" ou "J'aime plus Paris" produisent leur petit effet, tout comme sa longue tirade en forme de sketch sur les cartes postales, qui plie littéralement en deux l'assistance. Au final, mon impression à son égard est bien plus positive qu'avant le concert : Thomas Dutronc ne peut définitivement pas être réduit à l'étiquette "Fils De", il fait plus que se défendre et possède un univers des plus agréables. Il ne lui reste plus, à l'avenir, qu'à éviter les clichés du parisien mal dans sa peau...

Vanessa Paradis


Hum, hum. A la lecture du programme, quand je vois le nom de l'artiste à suivre, je me prépare doucement à me morfondre près du bar en attendant des candidats plus, comment dire, rock'n roll. D'autant que le dernier concert de Vanessa Paradis aux Vieilles Charrues datant d'il y a quatre ans (je crois) n'avait pas laissé un souvenir impérissable, et encore le terme est gentil. Cependant, la rumeur a enflé durant toute l'après-midi et se fait de plus en plus vivace à mesure que le début de ce concert approche : -M- va être de la partie ! En fait, c'est encore mieux que ça, puisque Matthieu Chedid (compositeur du dernier album de la dame) va officier en tant que guitariste soliste durant toute la prestation ! Du coup, ce qui ne devait être au départ qu'un concert de plus se retrouve propulsé comme l'un des moments forts de la journée. En effet, toutes les compositions de Vanessa Paradis se voient ici relookées à la sauce funk et rallongées d'impros ludiques débridées. Comme un bien en entraine souvent un autre, Vanessa, d'habitude pas vraiment à son aise sur scène, se retrouve ici galvanisée par la présence de son mentor à ses côtés, et livre en fin de compte un récital des plus réussis. Mais bien sûr la foule n'a d'yeux (et surtout d'oreilles) que pour Matthieu Chedid qui, bien que positionné naturellement en retrait sur scène, n'en reste pas moins le moteur artistique de l'ensemble, et récolte au final une ovation amplement méritée de la part du public. Au placard l'extravagance un peu kitch de -M-, Matthieu, sapé classe, cravate et chapeau rétro, aimante irrémédiablement l'attention et déroule un festival de guitare à tomber par terre de bonheur. Si on m'avait dit qu'un jour j'aurais pu apprécier "Joe Le Taxi" et autres "Tandem", je ne l'aurais pas cru : et pourtant, -M- a rendu cela possible.

The Kooks


Après cette prestation des plus inattendues, c'est bien peu de dire que les Kooks perdent de leur pouvoir attractif. Indubitablement, l'ambiance de la foule durant le Concert de Luke Pritchard et de ses comparses est bien moins électrique que durant le show Paradis-Chedid. D'un autre côté, je ne m'attendais pas forcément à être littéralement transporté par ce groupe. Le problème des Kooks, comme celui de nombreux "jeunes" groupes anglais qui montent, c'est un flagrant manque de relief. Leur pop-rock garage oscillant entre Beatles et Libertines n'est en fin de compte pas mauvaise en elle-même, mais elle n'offre aucune surprise, ne suscite aucun sentiment fort, n'entraine aucune passion. Pourtant le set commence de belle manière, avec des jeune rockeurs simples et spontanés qui investissent la scène sans fioriture inutile. Arrivent les bons tubes à l'anglaise, "Always Where I Need To Be" ou encore "Ooh La", et pour l'instant la mayonnaise prend sans trop de problème. Et puis après, je décroche. Toujours l'impression d'entendre le même air ré-arrangé à toutes les sauces, toujours les mêmes intonations de voix un poil surfaites, toujours ce jeu scénique stéréotypé et ces sautillements gentillets faussement excités. Là dessus, Pritchard en rajoute en se lançant dans de longues tirades in english à l'accent tellement poussé qu'on n'y comprend strictement rien, à part qu'il est super cool et qu'il est visiblement super content d'être là. Mouais... je pensais aller au bar durant le concert de Vanessa Paradis, et ce sont finalement The Kooks qui ont raison de mon infinie patience et qui me poussent à aller me désaltérer (beaucoup) plus tôt que prévu.

The Hives


"Bonsoir mademoiselle, bonsoir monsieur, on est les fucking Hives et on est votre nouveau groupe préféré !". Passons tout de suite sur celles et ceux qui seront irrémédiablement agacés (voir ulcérés) par l'incroyable suffisance de ces sacrés suédois, et qui ne pourront passer outre le complexe de supériorité et le culot dont font montre Howlin' Pelle Almqvist et consorts. Les malheureux ne savent pas ce qu'ils ratent ! Parce que les Hives sur scène, c'est quelque chose. Entrée tonitruante, costard noir et blanc de rigueur, rapide et efficace chauffage de foule, et c'est parti pour 1h30 de pure folie. Dès lors, entre deux bonds hystériques et tout en beuglant à tue-tête le refrain de "Hate to Say I Told You So", je commence à comprendre ce qui fait l'incroyable attrait de ces gaillards en live. Leur rigueur technique, tout d'abord : les riffs ne sont pas forcément très compliqués, mais ils sont tellement énergiques et si parfaitement en place que le résultat en est proprement bluffant. Et puis il y a ce showman d'Almqvist qui dynamite complètement l'ambiance : interpellations incessantes de la foule (en français approximatif, mais en français quand même), jeux de cris en pagaille, allées et venues dignes d'une crise maniaque, bonds en tout genre, postures conquérantes, escalades d'enceintes, on ne sait plus où donner de la tête pour suivre le remuant chanteur, à tel point que l'accessoiriste de Glenmor est obligé de faire de fréquentes irruptions sur scène pour démêler le fil de son micro. Tout est parfaitement en place, des petits jeux scéniques (comme le groupe qui se fige longuement sur place avant de reprendre le volume à fond) aux "chorégraphies" des rockeurs. Et même si, avec du recul, l'ensemble ne parait pas très spontané, on n'y voit que du feu une fois embarqué dans la tornade du concert. Comme de surcroit le rock des Hives est loin d'être déplaisant, on se laisse aisément transporter par les "Tick Tick Boom" (une vraie tuerie), "Throw It On Me" et autres "Diabolic Scheme". Sans conteste le meilleur set de la journée.
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Pressure Machine


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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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