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Beatles For Sale


Maxime, le 26/10/2009

Beatles : ma première fois

John, les sixties et moi


Parce qu'on connaît leur nom depuis que l'on est né, difficile de vivre sans jamais avoir entendu les Beatles. Ils sont partout, dans les pubs, les films, les reportages-télé, partout. Pourtant, ce n'est pas pour autant qu'on les connaît vraiment. Faire partir de l'inconscient collectif est à double tranchant.
J'ai toujours connu les Beatles, j'ai toujours su que c'était quatre mecs des années 60 qui faisaient du rock. Pour moi, ils avaient même inventé le rock (connaissais pas encore Elvis). Pour autant, on m'aurait demandé de citer d'autres titres que "Yellow Submarine", "All you need is love" et "Let it be", j'aurais été un peu embêtée. Parce qu'un monument de la musique, quand on est ado, c'est un peu effrayant. Et puis, c'est aussi la musique de ses parents. Berk, vieux, nul.

Quand on a la chance d'avoir une adolescence rebelle qui ne fait pas sombrer dans les plus sombres bassesses de la musique (j'en entends qui rient, non, j'avoue, je ne mets pas Indochine dans le lot), on trouve malgré tout que la musique qu'écoute son père peut être cool. Parce que les groupes qu'on aime s'en inspire, parce que c'était le rock'n roll.

A 15 ans, je suis partie dans une exploration du grenier familial. Je ne me souviens plus de ce que je cherchais, mais je me souviens de ce que j'ai trouvé. C'est toujours comme ça les expéditions dans les antres poussérieuses, on en ressort avec bien plus que ce qu'on pensait. Cette après-midi de fouilles archéologiques s'est soldée par la découverte d'un carton de vinyles. Là, on se dit qu'on voit bien où je veux en venir. Eh ben non ! Non, il n'y avait pas la collection complète des Beatles dans ce carton ! C'était les vinyles de mon oncle, pleins de Bruce Springsteen, de Bob Marley et de Genesis. Mon père n'aurait pas décemment pu mettre ses vinyles des Beatles au grenier ! Mais la manipulation de ses objet musicaux d'une autre époque a excité l'intérêt de l'ado curieuse. Je partais alors à la recherche de ceux de mes parents, planqués en sureté dans leur chambre. Là, au milieu des AC/DC, des Jethro Tull et des Jean Ferrat (tiens, ça doit être ceux de ma mère), c'est l'excitante découverte, le petit frisson devant l'image de quatre mecs qui traversent une rue, avec un petit air de déjà-vu. Et toutes les pochettes suivantes réveillent un petit coin de ma mémoire. Je les tiens, la collection des vinyles des Beatles de mon père !


Si dans un premier temps, le paternel est un peu flippé de voir son ado manipuler sans grand égard ses précieuses reliques, il cède vite à la fierté de pouvoir expliquer que "celui-ci c'est le live at the Star-club in Hambourg 1962, complètement inaudible", à quel point le double blanc a marqué son époque, et comment il avait obtenu un best-of importé d'Allemagne. Pour autant, je ne me suis pas précipitée sur la vieille platine vinyle de mes parents pour les faire tourner en boucle. Non, je les ai regardé, manipulé, mis en évidence pour me la pèter devant mes potes. Mais pas écoutés, non. Jusqu'à ce que j'achète ma propre platine vinyle, quelques années plus tard. Pas de grande qualité, mais suffisante pour faire tourner enfin Please Please Me, Help, Abbey Road et les autres.

Entre temps, un petit CD rouge avec un gros "1" jaune est arrivé. Le "one" a été mon véritable premier contact avec les Beatles. Sauf que je n'avais pas de platine cd à l'époque, juste un poste K7 (aaah les années 90). Ces singles me rappelleront donc toujours deux choses. Des dimanche après-midi où mon père se faisait plaisir en mettant les enceintes du salon à fond (tiens, ça me rappelle aussi quelques fou-rires, voir mon père danser est toujours un grand moment), et les voyages en voiture, où la cassette tournait en boucle dans l'auto-radio. Parce qu'il me paraissait trop difficile d'aborder les Beatles autrement, ce best-of m'a convenu pendant un moment. Quand j'ai eu ma première voiture (avec autoradio CD please!), "One" tournait à fond, les fenêtres grandes ouvertes, parce que faire la jackie sur les Beatles était un plaisir sans nom.


Avec les années, quand on est un peu curieux, la culture musicale grandit. D'autant plus quand on côtoie des gens qui semblent avoir grandi dans une encyclopédie. Ce genre de personnes qui parviennent à vous sortir des anecdotes sur chaque chanson, chaque artiste et chaque mélodie qui passent dans une conversation. Si ce genre d'amis vous font vous sentir tout petit, ils ont aussi le talent de vous pousser à la découverte, et de vous guider sans s'en rendre compte. Le jour où vous voulez les épater, vous mettez donc Revolver sur la petite platine vinyle récemment achetée, avec un détachement feint, genre "je l'écoute tous les jours voyez-vous". Bon, évidemment, ça ne trompe personne, mais cela a un intérêt le lendemain, quand vous vous repassez alors le disque pour vous même. Parce que l'appréhension, la peur d'être déçu, la montagne que vous vous faisiez s'est écroulée sans s'en rendre compte, et qu'il est temps d'accueillir l'histoire dans son salon.

Pour autant, je ne me suis pas alors lancée dans une écoute chronologique, dans des après-midis complètes d'immersion ou de voyage temporel dans les sixties. Non, j'ai choisi un album après l'autre presque au hasard, guidée par les titres que je connaissais déjà. Je mettais le disque sur la platine et vaquait à mes occupations, avec un fond musical terriblement rétro, et très motivant. Ainsi, sans m'en rendre compte, tous ces vinyles ont défilé l'un après l'autre. J'ai commencé à connaître des morceaux, sans pour autant mémoriser leur titre. Une sorte d'apprentissage tranquille, poussé par la seule envie, par le seul plaisir d'entendre le vinyle crissé sur la platine. Parce que c'était finalement ça l'important.


Aujourd'hui, j'ai la discographie des Beatles sur mon Itunes depuis pas mal de temps. Pourtant, je ne l'ai pratiquement jamais écoutée. Parce qu'écouter les Fab Four sur mon ordinateur n'est pas un plaisir. J'ai l'impression que quelque chose s'est perdu en chemin. Ce que j'aime en écoutant mes vinyles sur ma petite platine merdique, c'est qu'il tourne parfois trop vite, que le son craque, que le frottement se répercute dans les petites enceintes, ou que j'oublie parfois de remettre le réglage sur 33. Mais surtout, lorsque je les écoute ainsi, quand "A little help for my friends" ou "I Want to Tell You" sortent des enceintes, j'imagine mon père à mon âge, à côté de sa propre platine. Je vois un jeune mec qui découvre le rock tel que j'aurais rêvé de le faire, un mec qui n'est pas encore mon père, un gamin qui n'a pas envie de faire son service militaire et qui conduit une vieille mobilette en tentant de faire rentrer sa tignasse dans le casque.

Lorsque j'écoute les Beatles, je vis ma version idéalisée des sixties. J'envie la chance d'avoir eu une adolescence bercée par cette musique, j'envie le sentiment de libération, l'explosion d'un genre aujourd'hui installé, l'impression d'être au commencement d'une grande histoire. Au-delà du plaisir musical d'écouter des titres qui ont vraiment l'art de me mettre de bonne humeur ou de me faire planer, il y a ce plaisir de voyager, de quitter une époque pour une autre. J'adore la musique de mon époque, mais je l'apprécie sur le support qui l'a vue naître. Ecouter de l'électro-rock sur mon ordi ne me dérangera jamais, mais malgré tout les défauts de ma platine, elle seule me permet d'apprécier vraiment d'écouter les Beatles, ou les Who, ou même plus récemment The Last Shadow Puppets. Parce que tout celà est lié, parce que tout cela symbolise une époque. Et si nostalgie il y a, autant la vivre complètement.

Elise


les Beatles sur albumrock

http://www.thebeatles.com
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Commentaires
Arbitre, le 27/09/2020 à 03:24
Moi aussi j'ai eu la chance d'avoir un père qui disposait d'un véritable trésor musical. Grâce à lui, j'ai pu connaître Jefferson Airplane, Neil Young et CSNY, Jethro Tull, King Crimson, Genesis, Peter Gabriel, et même Steve Hackett. Rien que ça. Mais les Beatles, c'est grâce à mon oncle. Bien sûr, comme vous le dites vous-même, je connaissais déjà le nom "Beatles", ainsi que les noms des 4 scarabées, tant ils étaient célébrissimes. On entendait encore, à cette époque, "Love me do" à la radio, indépendamment du fait qu'on était au début des années 80, et que John Lennon venait de se faire assassiner. Mais pour Noël 83, mon tonton est venu passer les fêtes chez nous. Il faisait alors son service militaire, et avait amené avec lui les 2 doubles rouge/bleu. C'était des disques qu'un pote de l'armée lui avait prêtés. Eh bien il est rentré à la caserne sans eux. Je lui avais clairement fait comprendre qu'il n'y avait rien à négocier. C'était du racket, ni plus ni moins. Je n'avais que 10 ans. Depuis, pendant au moins 4 années, ma famille se transmettait la liste des albums que je n'avais pas encore, mise à jour scrupuleusement, pour ne pas avoir à me demander quel cadeau je souhaitais pour mon anniv ou pour Noël. 30 ans plus tard, avec des potes de fraiche date, on a passé une soirée/nuit à se passer toute la collection des Beatles, au plus grand plaisir de tous. Qu'on se le dise, au début des années 2010, les Beatles avaient encore la faculté de mettre tout le monde d'accord !
Arbitre, le 27/09/2020 à 03:08
J'ignorais totalement qu' "Helter skelter" avait un lien avec le "I can see for miles" des Who. Morceau effectivement démoniaque, frisant un Metal que n'ont pas renié Slayer ("Haunting the chapel" et "At dawn they sleep"). Quand Charles Manson l'écoutait, il entendait des voix l'incitant à commettre un meurtre de masse (c'est ce qu'il a dit à son procès, à la grand tristesse de Mac Cartney). Concernant le "Satanic majesties" des Stones, il est bien vrai qu'on y retrouve les sonorités "Pet sounds" qui ont influencé "Sgt Pepper" (les claviers doublés d'instruments à cordes, comme dans "She's a rainbow" et "Dandelion"). Les Stones avaient l'avantage sur les Beatles au niveau des percussions ("20 000 light years from home"). Le morceau que les Stones auront le mieux réussi est en fait un rock teinté de psychédélisme, "Citadel".
Arbitre, le 27/09/2020 à 02:49
Je plussoie à tout ce que je viens de lire, et qui est brillamment écrit (comme tous les articles que j'ai lus sur ce site, respect total pour la qualité d'écriture). A l'âge de 10 ans seulement, je me suis plongé dans les Beatles, et après 4 ans d'exploration Livingstonienne, j'étais prêt à aller dans pratiquement toutes les directions prises par la Rock-music (ou Pop) dans les années 60. Pour moi, les Beatles, c'est l'école de musique contemporaine par excellence. Avant d'apprendre la guitare, je croyais (comme beaucoup d'autres), que la musique des Beatles était plus facile que celle des Stones, mais j'ai très vite compris par la suite que c'était archi-faux. Avec les Beatles, j'ai appris des accords dissonnants, ainsi que les arpèges. Les Beatles, ce n'était pas que Lennon et Mac Cartney, mais également Harrison (qui a littéralement explosé avec un titre comme "Taxman"). Brian Wilson n'aurait jamais du se morfondre de n'avoir pu continuer à lutter contre eux, il était seul contre trois. Et non contre deux, comme on l'entend trop souvent.
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