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Critique d'album

The Dear Hunter


Antimai


(01/07/2022 - Equal Vision Records - Rock progressif US - Genre : Rock)
Produit par Casey Crescenzo

1- Ring 8 - Poverty / 2- Ring 7 - Industry / 3- Ring 6 - LoTown / 4- Ring 5 - Middle Class / 5- Ring 4 - Patrol / 6- Ring 3 - Luxury / 7- Ring 2 - Nature / 8- Ring 1 - Tower
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Premier chapitre d’une dystopie qui s’annonce déjà passionnante"
Franck, le 29/07/2022
( mots)

Malgré une notoriété toute relative, The Dear Hunter est incontestablement une des formations les plus talentueuses de sa génération. Évoluant dans des registres à la croisée des chemins du rock indé et des musiques progressives, le groupe américain mené par l’inépuisable Casey Crescenzo s’est bâti en l’espace d’une quinzaine d’années une discographique remarquable composée de plusieurs concept-albums. Tout en poursuivant son hexalogie autour du personnage du "Dear Hunter" (une épopée musicale initiée en 2006, dont le sixième et dernier acte s’est vu repoussé à une date indéterminée), le groupe a pu étoffer son portefeuille avec plusieurs projets parallèles : un concept autour des couleurs (The Color Spectrum, 2011), une réinterprétation orchestrale (The Fox & The Hunt, 2020) ou encore une escapade en solitaire pour son leader (Honorary Astronaut, 2020). Quel que soit le projet abordé, Crescenzo a su valoriser ce qui l’anime et le caractérise : l’envie de nous conter des histoires. Autant dire que la musique de The Dear Hunter a toujours eu une affinité avec le cinéma. Cette prédisposition se voit désormais concrétisée, puisque que c’est le film The Indigo Child : Cycle 8 qui fait office de prologue pour la nouvelle aventure de la bande. Ce court métrage (accompagné d’un EP du même nom) sorti en 2021 pose ainsi les bases esthétiques de ce nouveau récit, à travers un univers évoluant entre fantasy et science-fiction (quelque part entre Dark Crystal et le Cinquième Élément).


Antimai a donc la lourde tâche de succéder à l’excellent Act V (Hymns with the Devil in Confessional) de 2016, mais aussi d’embarquer les fans de The Dear Hunter dans une nouvelle saga. Un défi de taille mais largement à la portée du groupe originaire du Rhode Island ! Et comme Casey Crescenzo ne fait jamais les choses à moitié, c’est tout le fonctionnement de cette société dystopique qui est établi à travers ce nouvel opus : ce qui reste de l’humanité a trouvé refuge dans la cité d’Antimai, une ville qui prône un système où les classes sociales sont hiérarchisées dans différentes portions concentriques de la ville ; Chaque caste étant décrite succinctement à travers les 8 titres qui composent l’album. Même si le concept a été largement exploité dans le domaine de la science-fiction, celui-ci offre néanmoins un terrain de jeu optimal pour la musique de notre cher chasseur. A l’instar d’un Transpersneige, nous débuterons par le bas de la pyramide sociale ("Ring 8 - Poverty") pour remonter jusqu’à l’élite ("Ring 1 - Tower"). Les amateurs de concepts ambitieux seront aux anges ; les autres pourront simplement profiter de la musique, qui comme pour les opus précédents, peut totalement s’apprécier en faisant fi de ce contexte romancé (qui reste encore une fois très métaphorique).


Venons-en à la musique ! Même si l’on retrouve les attributs du groupe, Antimai marque une évolution notable dès le titre d’ouverture "Ring 8 – Poverty". Toujours aussi propice à l’imagination, la musique du combo gagne ici en expressivité avec un usage plus prononcé de cuivres et de chœurs en tout genre. La guitare utilisée avec parcimonie laisse désormais place à toute une panoplie de percussions et d’arrangements électroniques, conférant à l’ensemble un côté plus lisible et futuriste. Avec "Ring 7 - Industry" le groupe migre vers un registre nettement plus funk et entrainant, et s’amuse à jouer sur le côté intemporel de sa musique grâce à quelques sonorités 80’s. Casey Crescenzo et ses acolytes auraient-ils l’intention de nous faire danser comme a pu le faire le dernier Foals il y a quelques semaines ? Il ne s’agit sûrement pas de l’intention première, mais vous pourriez vous surprendre à bouger votre popotin sur le très rythmé "Ring 4 – Patrol" ! 


Fidèle à son concept, le groupe prend soin de donner une tonalité différente à chacun de ses chapitres. Même si cela n’est pas flagrant à la première écoute, on remarquera qu’une certaine cohérence d’ensemble est maintenue grâce à la répétition de quelques thèmes mélodiques. On notera notamment ces très beaux chœurs fredonnés en début de récit, qui réapparaissent un peu plus tard lors de "Ring 6 – LoTown". La montée en intensité permet alors de déboucher sur un final des plus radieux tel que The Dear Hunter sait si bien les faire. L’avancée vers les hautes sphères d’Antimai nous permet d’atteindre le climax de l’album avec le morceau "Ring 3 – Luxury", qui se démarque par sa folie et sa forte théâtralité. Ce titre de presque dix minutes - particulièrement imprévisible - marque immédiatement les esprits avec son couplet aux allures de discours de dictateur, son refrain au groove imparable et son final explosif.


Fidèle à sa réputation, le groupe nous livre un travail remarquable. On pourra cependant regretter que la trame narrative prenne parfois le dessus sur la musique. Certaines compositions se voient parfois rallongées de manière injustifiée et on ne comprend pas toujours l’intérêt d’associer au sein du même morceau des sections mélodiques qui n’ont au final pas grand-chose en commun… Ceci ajouté à un titre final assez décevant (et abrupte dans sa conclusion), pourra laisser un léger goût d’inachevé à l’issue de l’expérience. Bien entendu, cela est de l’ordre du détail et ne constitue en rien un frein à la découverte de cet album qui reste de très haute facture. 


Alors que l’on attendait l’acte VI de son hexalogie, The Dear Hunter a préféré nous embarquer dans une nouvelle aventure. En découle un album au concept ambitieux, qui accompagne son récit dystopique d’une musique chaleureuse et entrainante. S’il est loin d’être le meilleur album du groupe, Antimai constitue la première pierre d’un édifice qui s’annonce majestueux, et il ne fait aucun doute que Casey Crescenzo et sa bande sauront monter en puissance avec les opus qui suivront. En attendant, ce cru 2022 aux allures d’opéra-rock se pose comme une porte d’entrée idéale vers les précédentes réalisations du groupe... Une discographie que nous vous conseillons de découvrir sans plus attendre !


 


A écouter : "Ring 8 - Poverty", "Ring 5 - Middle Class", "Ring 3 - Luxury"

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