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Critique d'album

Empty Head


Empty Head


(14/05/2021 - - Rock alternatif - Genre : Rock)
Produit par Autoproduit

1- Cosmic Rave / 2- Mirror / 3- Hunted from Below / 4- Suffocated Dreams
Note de /5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Omelette de matière grise sur asphalte brûlant"
Olivier S, le 01/08/2022
( mots)

On le sait, le décloisonnement de la production musicale dans les années 2000, poussé par les technologies contemporaines, permet désormais aux plus jeunes pousses d'enregistrer des pistes en mode DIY, capables de rivaliser avec les productions les plus institutionnalisées du milieu. Exit donc les productions cradingues dignes d'une démo enregistrée sur un dictaphone à travers l'eau d'une cuvette de chiottes. L'heure est à l'autoproduction et avec elle, la promesse d'une plus grande liberté artistique. Un changement de paradigme dans le monde musical qui redistribue le pouvoir des majors vers les artistes, en provoquant au passage la remise en question d'un modèle économique bien établi. De là, à y voir l'une des causes du regain de la scène rock indé actuelle, il n'y a qu'un pas. Force est toutefois de constater qu'une flopée de jeunes formations auto-produites, naît à tour de bras, avec pour bagages, une gouaille rafraîchissante et une maîtrise déconcertante sur l'ensemble de leur art.

Empty Head ne fait nullement démentir ce constat avec son premier EP éponyme, preuve s'il en était encore besoin d'une, qu'un jeune quintet fraîchement formé (2018), peut, avec les moyens du bord, proposer une expérience d'écoute capable de rendre justice à chaque contour de son spectre sonore.

Il ne faudra guère que quelques secondes pour prendre pleinement la mesure du potentiel de cette formation liégeoise, tant "Cosmic Rave", titre d'ouverture, incarne à lui seul, l'essence même de l'adjectif efficace. Partageant cette même énergie débridée extrêmement communicative avec "Hunted from Below", les deux singles représentent la vitrine du groupe par leur immédiateté non dénuée d'une grande richesse mélodique. Les médias ne s'y sont d'ailleurs pas trompés, puisque des rédactions telles que Rock&Folk ont tout de suite flairé (coucou Yann Barthès*) le potentiel de séduction de tels titres.

Qui dit immédiateté rock, entend presque forcément des emprunts aux énergies punks. Certes, Empty Head puise dans la matrice de ce mouvement pour insuffler l'urgence brute à ses deux pièces les plus véloces, mais n'en fait pas pour autant des titres miroirs. Si la formation n'a choisi que quatre titres à servir sur son premier amuse-bouche, elle entend bien y placer des pièces couvrant au maximum l'étendue de son champ d'action. Ainsi si "Hunted from Below" est spirituellement plus proche d'un punk'n'roll par son riffing très matraqué ("Comatose", "Superblood Wolfmoon" ou "Take The Long Way" de Pearl Jam étant quelques-unes des références les plus évidentes), "Cosmic Rave" se la joue plutôt hybride, entre efficacité noise-rock bluesy et psychédélisme nerveux façon Graveyard.

"Cosmic Rave" peut d'ailleurs se targuer d'évoquer de telles références, grâce à l'apport des deux guitaristes du quintet, Thomas et François Michels (frères à la ville), qui maîtrisent l'art de proposer des lignes harmoniques se complétant, sans jamais se marcher sur la corde et enrichissent l'espace d'une avalanche de notes parfaitement audibles, tissant ainsi un habillage à large spectre d'une grande richesse. Une caractéristique que le titre d'ouverture partagera également avec le conclusif "Suffocated Dreams", troquant ses guitares délurées pour leurs sœurs plaintives, à la faveur d'un mid-tempo très groovy dans sa structure rythmique.

Dans un registre plus bluesy, "Suffocated Dreams" servira accessoirement de présentoir de luxe pour vanter les qualités vocales du frontman Simon Galloy, qui, non-content d’exceller dans un registre garage-rock par un vocal subtilement éraillé, est également capable d’insuffler une certaine émotion par son timbre assuré, lui évitant de ne jamais verser dans de quelconques approximations punk. Idéal pour servir des thématiques introspectives tournant autour de l'isolement, la folie ou la fuite d'une réalité trop terne. 

"Mirror" Complète cette palette sonore en évoquant les étendues désertiques du stoner racé des Reines de l'âge de pierre, au moyen d'effets de réverb sur les guitares et d'une ossature de morceau typique du grand rouquin. Les espaces laissés vacants dans les couplets par les guitares lointaines (hautes dans le spectre sonore) sont d'ailleurs la meilleure occasion accordée à Benoît Thomé pour faire briller son groove à la quatre cordes. Un titre à la fois robuste et subtil, qui emportera tout autant les fans de stoner bien charpenté que les adeptes de compositions plus vaporeuses que peuvent proposer The Last Shadow Puppets.

La galette réussit ce petit tour de force de frapper fort, rugueux, brut, tout en proposant une profondeur d'écoute allant bien au-delà d'une production typiquement garage punk. Une plus-value imputable à son batteur Thibaut Schouters, qui non-content d'insuffler par son doigté, un groove certain à cet éponyme ; lui permet, par sa double casquette de batteur/ingé son, de proposer des arrangements bien plus étoffés (guitares placées à différents niveaux de profondeur, harmonies vocales en cascades...). Une richesse autorisant de fait, un grand métissage stylistique, libérant ses musiciens du risque d'enfermement dans un genre dont ils pourraient rapidement se sentir à l'étroit.

Malheureusement et ce sera la seule ombre au tableau, ce premier EP éponyme de seulement 17 minutes, se révèle être un amuse-bouche savoureux bien trop court pour ne pas frustrer. C'est d'ailleurs peut-être la seule excuse qu'on pourra se donner pour ne pas s'être fait tatouer ce délicieux cerveau échoué sur la fesse gauche. Allez les gars, encore une nouvelle livraison de cette qualité et promis, on prend tous rendez-vous chez notre meilleur tatoueur.


*Le titre "Cosmic Rave" a même été utilisé comme jingle dans l’émission Quotidien sur TMC de Yann Barthès.

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