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Critique d'album

Foals


Life Is Yours


(17/06/2022 - Warner - ADA - Indie Rock - Genre : Rock)
Produit par John Hill, Miles James, AK Paul, Dan Carey et Jono Ma

1- Life Is Yours / 2- Wake Me Up / 3- 2am / 4- 2001 / 5- (summer sky) / 6- Flutter / 7- Looking High / 8- Under the Radar / 9- Crest of the Wave / 10- The Sound / 11- Wild Green
Note de 3.5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Summer Time"
Nicolas, le 12/07/2022
( mots)

Insaisissables Foals, que l’on a connus chantres d’une musique intello sensible à leurs débuts (Antidote, Total Life Forever) pour venir ensuite épouser une fibre plus pop-rock voire même rock (Holy Fire, What Went Down) avant d’embrasser le concept-album à tiroirs (Everything Not Saved Will Be Lost en deux parties), le tout en délivrant une musique d’une énergie invraisemblable (un live de Foals, ça vaut le détour, tenez-vous-le pour dit) et en alignant toujours davantage de pépites qui sont venues enjoliver le déjà fort rutilant patrimoine musical populaire d’Angleterre. Sommes-nous donc surpris de les voir à nouveau changer leurs fusils d’épaule et de lorgner désormais vers les dancefloors avec Life Is Yours ? À peine, d’autant qu’ils ont déjà à maintes reprises fait bouger nos popotins. Avions-nous peur d’un résultat en berne ? Même pas. Et si au final cet ultime bébé tient sans doute moins la longueur que ses prédécesseurs, nul doute qu’il a déjà fait et qu’il continuera à faire maints heureux tout au long de cet été qui s’annonce torride.


Car oui, Life Is Yours est un appel à la danse, aux longues soirées festives et à l’insouciance. Dans la grande tradition des disques pop, celui-ci a fait appel à sa kyrielle de producteurs avec ici (prenez une grande inspiration) : John Hill, Miles James, AK Paul, Dan Carey et Jono Ma, sans oublier ses quelques dix-huit ingés sons, mixeurs et masteriseurs divers et variés !! Cette ribambelle nous ferait presque oublier que l’effectif de Foals, au fil des années, s’est vu réduit comme peau de chagrin : de cinq homme, le groupe se réduit désormais à un trio après les départs du bassiste Walter Gervers en 2019 et du claviériste Edwin Congreave en 2021. Est-ce à dire que leurs horizons musicaux seront là encore contraints de se rétrécir à l’avenir ? Rien n’est moins sûr, mais il est clair que la perte de Congreave en particulier - parti poursuivre des études supérieures d’économie, carrément - risque de peser sur la complexité du son Foals tout comme, sans doute, sur ses capacités d’écriture. Mais ne vendons pas la peau de l’ours.


Stratégie risquée que celle de teaser son disque en dévoilant à l’avance ses meilleurs atours, et il faut bien avouer que Life Is Yours nous a méchamment fait saliver. Les arrivées successives de “Wake Me Up”, “2AM”, “Looking High” et “2001” avaient placé très haut notre degré de hype tant ces titres se révélaient immédiatement imparables mais non moins addictifs à force d’écoute. C’est tout l’attrait de Foals que de savoir pondre des tubes tout en sachant au poil comment les exposer, les développer et les emballer. À ce petit jeu, “Wake Me Up” remporte haut la main la palme du meilleur single jamais livré par les Poulains. Frais, léger - quoique martelé par une redoutable et musculeuse batterie -, simple dans ses répétitions mais jamais redondant grâce à l’emploi très finaud de juxtapositions instrumentales successives, “Wake Me Up” convainc sur l’instant et trotte dans les têtes dans mois durant. “2AM” lui est à peine inférieur, sorte de spleen des nuits d’ivresse et de sueur passées à perdre le contrôle sur la piste de danse, avec un emploi prodigieux de chaque instrument, et comme d’habitude des lignes de guitares fluides et millimétrées, évidentes, qui s’enroulent parfaitement avec le chant mi-détaché, mi-plaintif de Yannis Philippakis. Si “2001” joue la carte du funk fabuleusement revisité à la sauce oxfordienne - et où l’on se rend compte que Foals a quand-même beaucoup plus de robustesse dans l’assimilation de ce genre d’influences que, à tout hasard, Daft Punk -, “Looking High”, dans une veine voisine, s’articule sur une rythmique de basse chaloupée tout en se montrant moins direct, plus brumeux - et plus distant - sur son refrain. Autant de variations sur le même thème qui carburent à bloc. Quitte à cramer tout le kérosène du disque ?


Sans aller jusque-là, on reconnaîtra néanmoins que Life Is Yours, l’album, ne tient pas toutes les promesses de ses sémillants ambassadeurs. A commencer par “Life Is Yours”, le titre, qui entame les hostilités de façon assez maladroite, avec des fins de phrase de batterie qui semblent pompées sur celles de “Wake Me Up” - qui lui fait suite - mais avec un tempo plus nonchalant. Plus gênant, le morceau ne décolle jamais, et s’il intrigue (comme sur son pont chelou aux voix suppliciantes), il ne captive pas. Manque de corps, manque de matière, et avouez que pour une ouverture on s’attendait à autrement plus séduisant. Dans le même ordre d’idée, mention particulière à “Flutter” qui, en plein milieu du disque, nous propose un titre bizarre entre couplets très distanciés (et ces gimmicks de gratte aigus répétés très spéciaux) et refrain mode rock puissant à la AM d’Arctic Monkeys, et en définitive on peine à comprendre la présence du bidule charnu au sein de cette tracklist gigoteuse. Voilà les vrais points noirs de Life Is Yours (même si vous avez compris que le second, c’est plus une affaire de goût et de cohérence), entendu que les autres titres se tiennent correctement. “Crest Of The Wave” avait été dévoilé quelques jours avant la sortie du disque et il remplit bien son office de dodelinage de tête tout en développant de jolis échos et de chouettes chœurs lascifs, check. “Under The Radar” flirte avec une new wave moins dark avec ses gros claviers baveux qui s’exposent sans aucune gêne et cette petite astuce du pré-couplet d’exposition… plutôt futé, le machin. Plus 90’s dans l’esprit, “The Sound” monte le tempo et nous assaisonne ses facéties bouclesques avec de subtiles touches d’eurodance obnubilante - le morceau aurait d’ailleurs très bien supporté un saxophone. Et “Wild Green” de conclure dans un tableau plus 2020, sorte de récréation aérée (ritournelle presque enfantine dans l’esprit) taillée à l’aide d’un scalpel électro assez redoutable.


On ne tient certainement pas l’album de l’année, ni même le meilleur disque de Foals - on serait plutôt dans le bon tiers inférieur du groupe - mais avouez tout de même que ce Life Is Yours, pas prise de tête et porté par de colossaux singles, se laisse écouter avec un plaisir certain. Sans compter que les actuelles températures clémentes (euphémisme) sont propices à ce genre de trip musicaux. De là à voir les Foals joués jusqu’au bout de la nuit à Ibiza ou à Saint Trope, il n’y a qu’un pas qui ne risque pas d’être franchi. À votre domicile, en revanche, libre à vous de tenter l’expérience… jusqu’au bout de la nuit. Vous nous en direz des nouvelles.

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Critique d'album

Foals


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