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Critique d'album

Fleet Foxes


Shore


(22/09/2020 - - pop indie - Genre : Rock)
Produit par

Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"La catharsis selon Fleet Foxes"
Diego, le 07/12/2020
( mots)

La nouvelle a pris tout le monde de court lorsque, fin septembre 2020, Fleet Foxes a annoncé la sortie de son nouvel album, Shore.


Après la tournure (très) expérimentale de leur dernier opus Crack-Up, bien malin celui qui aurait pu prédire la route que la bande à Robin Pecknold allait emprunter. Et bien surprise, on change de cap pour ce qui pourrait s’approcher le plus d’un "feel-good" album à la sauce Fleet Foxes.


On démarre même les hostilités par une collaboration "conte de fées" puisque c’est la douce et chaleureuse voix d’Uwade Akhere qui résonne en premier sur "Waiding In Waste-High Water". La chanteuse d’origine nigérianne a été repérée par Robin Pecknold grace à… ses reprises sur Instagram (dont une -magnifique- du culte "Mykonos": c'est ici). L’explosion musicale du second couplet est en phase avec la thématique de la chanson : la solitude puis la force dans l’action solidaire (on peut y voir une forte allusion au mouvement racial Black Lives Matter aux Etats-Unis) ; Pecknold n’a pas caché la forte influence de l’actualité sur la composition de l’album.


Sur la deuxième piste, "Sunblind", les premiers mots prononcés par la tête pensante du groupe sont "for Richard Swift", hommage au génial musicien tragiquement disparu en 2018. Robin Pecknold ne s’arrête par ailleurs pas en si bon chemin, puisque c’est une constellation de ses inspirations qui est mise en valeur sur ce morceau d’une surprenant jovialité. Le vœu pieu de poursuivre l’œuvre de ses héros disparus (Swift donc, mais aussi pêle-mêle Bill Withers, David Berman, Elliott Smith, Buckley –pèrefils ou les deux !-, ou encore le culte John Prine) est exprimé de manière brutale et limpide. Le thème de l’hommage est également évoqué sur "Jara", en référence au poète chilien Victor Jara, victime de Pinochet. Pecknold a insisté en interview sur le fait qu’aucun trucage de type auto-tune n’a été utilisé sur les vocalises en introduction du morceau, pour le reste toujours sur cette ambiance up-tempo ! 


Certaines pistes auraient leur place sur l’expérimental Crack-Up ("Quiet Air/ Gioia", "Going-To-The-Sun Road et son fabuleux duo avec l'artiste brésilen Tim Bernardes) tandis que d’autres constituent des transitions qui se laissent apprécier sans pour autant réellement nous faire tomber de notre chaise ("I’m Not My Season", "For A Week Or Two", "Thymia" sont des ballades où les jeux d’harmonies vocales s’inscrivent dans la plus pure tradition du groupe). 


En revanche, des accents nettement plus rock et plus groovy, avec des lignes basse-batterie omniprésentes se font clairement ressentir sur de nombreux morceaux de cet album. On pense notamment à "A Long Way Past The Past" (de forte inspiration Bill Withers), "Young Man’s Game" (avec la famille Leithauser pour les chœurs), "Maestranza" ou encore "Can I Believe You". La collaboration avec l’excellent Chris Bear (Grizzly Bear), pour la première fois derrière les fûts de Fleet Foxes, y est pour beaucoup. C’est d’ailleurs une des franches réussites de ce disque, tant le style unique du batteur se mêle parfaitement à la complexité des compositions de Pecknold. L’approche musicale est globalement plus agressive qu’à l’accoutumée. Entendons-nous bien, il s’agit de Fleet Foxes, dont le niveau maximum d’agressivité serait plus proche d’un panda sous tranxene que d’une envolée furieuse punk rock à la Parquet Courts, mais cela méritait d’être noté !


Arrêtons-nous, enfin, sur quelques points culminants de cet album : le très rythmé et réussi "Can I Believe You", qui évoque la confiance mutuelle et notre capacité à l’accorder (tout en gardant à l’esprit qu’il peut tout à fait s’agir d’une conversation intime avec soi-même). La dernière piste, intitulée "Shore", fait également écho à cette perte de repère ("afraid of the empty but too safe on the shore", "apeuré par le vide, mais trop en sécurité sur la côte"), matérialisée par le finish complètement déstructuré.


Sur le splendide "Featherweight", tout sauf léger comme une plume tel que son titre pourrait l’indiquer, le cheminement existentiel emprunté par Robin Pecknold sur ce morceau passe d’un naïf désir d’utopie à un optimisme réaliste ("feel some change in the weather", "je ressens des changements dans le climat") après avoir été confronté à la dureté du monde, particulièrement d’actualité… Musicalement c’est un sommet du disque, la justesse des arrangements et du doublement de la voix de Pecknold sont à couper le souffle, et le duo de pianos baroques en fin de morceau est époustouflant. L’influence Beach Boys est très notable ici ; Brian Wilson himself fait d’ailleurs une apparition sur "Cradling Mother, Cradling Women", sous la forme d’un sample. Ce morceau pourrait d’ailleurs se rapprocher au plus près d’une sorte de synthèse des styles mis en avant sur ce disque et décrits dans cette chronique.


Dans l'océan de marasme qu’aura été l’année 2020, Shore ressemble à une bouée de sauvetage. Le titre de l'album (littéralement la côte), et la musique de Robin Pecknold apparaissent comme un refuge à la mélancolie et à l’angoisse ambiante. Après s’être intéressé à sa place dans le monde (Helplessness Blues) et à la signification de celui-ci (Crack-Up), le leader de Fleet Foxes nous a ouvert les portes de son univers personnel, de son ressenti sur l’actualité et nous a ainsi offert sa présence, alors que nous sommes tous confrontés à une situation d’isolation inédite… Rien que pour ça, Shore devrait être d’office catégorisé comme produit de première nécessité.

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