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Critique d'album

Emerson, Lake & Palmer


Tarkus


(10/06/1971 - Island - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par Greg Lake

Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Le bestiaire rock est infini… Et Tarkus figure parmi ses animaux les plus improbables du grand zoo. "
Daniel, le 27/03/2021
( mots)

Le bestiaire rock est infini… Et Tarkus figure parmi ses animaux les plus improbables du grand zoo. 


Concept "contre-darwinien", Tarkus est un couillon blindé qui incarne la violence imbécile. C’est le croisement entre un char d’assaut modèle "Lee / Grant" de la guerre 14-18 et un grand tatou très méchant (ce qui est rare). Pour des raisons ignorées de tous, Tarkus, né après une éruption volcanique, décide d’affronter la Manticore, c’est-à-dire la bestiole qui illustre le label discographique d’Emerson, Lake and Palmer. 


La Manticore est une créature cannibale qui combine une tête humaine barbue, un corps de lion et une queue de scorpion. A la fin (attention : spoiler !), la Manticore, symbole de sagesse malgré ses habitudes alimentaires douteuses, gagne le combat en crevant les yeux chafouins de Tarkus. Terrassé, le tatou chenillé va se réfugier dans la mer (où l’on peut supposer que sa partie mécanique a fini par rouiller à cause de l’eau salée). Destin tragique.


En 1971, on fumait beaucoup…


En 1971 également, ELP est probablement le plus grand et le plus cultivé des supergroupes anglais du monde. Le meilleur de Nice, de King Crimson et d’Atomic Rooster. Chacun des trois musiciens est simplement le plus brillant dans son domaine. Point barre. 


Mais, après un premier album qui a atomisé l’univers rock, des rumeurs de divorce agitent déjà le trio. Greg Lake, boudeur, refuse platement de jouer le "Tarkus" de Keith Emerson. En termes diplomatiques, le bassiste dénonce le fait qu’Emerson choisit volontairement des tonalités sur lesquelles il ne peut pas chanter. Dans la vraie vie, Greg hésite surtout à cautionner le concept assez idiot du tatou géant.


Il est pourtant écrit qu’ELP ne va pas splitter (comme le font volontiers les combos de surdoués). Après de longues négociations, Greg Lake accepte d’enregistrer – et de produire – le nouvel album. Il va même apporter une petite contribution au titre-phare. Le monde respire… 


"Tarkus" – décliné en sept chapitres – occupe toute la première face du vinyle. C’est de la pure musique narrative, à savoir que la pièce est composée au départ d’un élément extra-musical (le fameux combat Tatou / Manticore). C’est définitivement une pierre angulaire du rock progressif. Un jalon cosmique. Alternant des rythmes « classiques » puis des passages impossibles en 5/4 ou en 9/8 (difficile de savoir si c’est de la musique ou de la chimie moléculaire), le titre est à considérer dans sa globalité. Il forme un ensemble cohérent qui se décline – et c’est sa grande force – dans un mode très classique de narration (mise en situation, corpus et conclusion avec rappel du thème). 


Si la base rythmique (basse / batterie) est familière, les sons de claviers sont absolument inédits et déroutants. Il faut écouter le disque avec des oreilles de 1971. On n’avait jamais entendu de tels délires croisés d’orgue Hammond, de piano et de Moog. Keith Emerson finira même par avouer que quelques sonorités sont purement accidentelles (il n’y avait pas de mode d’emploi fourni avec le synthétiseur).


De tous les groupes progressifs "populaires", ELP est probablement celui qui faisait le moins de concessions à son public. Ce qui permet d’affirmer que le public "rock" des seventies est, au même titre que le public "jazz" des sixties, extrêmement intelligent, curieux, ouvert et tolérant. On ne vend pas 48.000.000 d’albums à quelques babas qui réinventent le monde dans des volutes de fumée.


Ecrasée par l’énormité de la longue plage titulaire, la face B de Tarkus prend a priori des allures anecdotiques. Pourtant, parmi ses six titres, elle comprend quelques perles absolues, encadrées par deux témoignages d’humour progressif britannique : "Are You Ready, Eddy ?", un rock’n’roll à la Jerry Lee (dédié à l’ingénieur du son Eddy Offord) et "Jeremy Bender", très court titre piano-bastringue contant les déboires d’un travesti déguisé en nonne qui séduit une mère supérieure, laquelle s’avère être à son tour un travesti... On savait rire en ce temps-là…


Beaucoup plus intéressant, "The Only Way (Hymn)", enregistré sur les grandes orgues de la St. Mark Church au Nord de Londres, reprend des fragments de l’œuvre Jean-Sébastien Bach, ce qui donne envie de réécouter Rick Wakeman ("Awaken") ou Dennis de Young ("I’m OK"). 


A des kilomètres de là, "Bitches Crystal" est un hommage appuyé à Dave Brubeck tandis que la pièce au piano "Infinite Space (Conclusion)" pourrait être la coda de toute l’œuvre atypique du pianiste Lennie Tristano. 


Malgré un déséquilibre évident entre sa face A et sa face B, Tarkus est un immense album de 1971. Il allait être suivi par deux autres albums exceptionnels, en 1972 et en 1973. Ensuite, l’inspiration allait se tarir et le monde rock allait se passionner pour d’autres choses…


 

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