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Critique d'album

Agent Fresco


Destrier


(07/08/2015 - Record Records - Art rock progressif - Genre : Rock)
Produit par Agent Fresco & Styrmir Hauksson

1- Let Them See Us / 2- Dark Water / 3- Pyre / 4- Destrier / 5- Wait For Me / 6- Howls / 7- The Autumn Red / 8- Citadel / 9- See Hell / 10- Let Fall The Curtain / 11- Bemoan / 12- Angst / 13- Death Rattle / 14- Mono No Aware
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Agent Fresco revient à la charge, paré d’un éclatant alliage de pop et de metal"
Franck, le 17/02/2021
( mots)

Destrier de Agent Fresco : au cas où vous en doutiez, il ne s’agit ni d’une publicité contre la migraine, ni d’un récit chevaleresque, mais bel et bien d’un album de rock ! Et qui plus est, une véritable pépite méconnue, tout droit venue d’Islande !  


Agent Fresco c’est avant tout quatre musiciens, qui, après avoir remporté le concours Músíktilraunir en 2008 (quelques mois seulement après leur formation), ont rapidement suscité l’intérêt d’une nation mélomane ayant déjà vu émerger Björk, Sigur Ròs ou encore Kaleo. Dès lors, tout s’enchaine très vite pour ce jeune groupe qui s’amuse à combiner des genres aussi opposés que la pop et le metal, tout en incorporant des éléments de djent, de post-rock ou encore de musique classique (le groupe qualifie lui-même sa musique d’"Art rock progressif"). Un EP sort dans la foulée - raflant au passage de nouvelles récompenses - suivi deux ans plus tard d’un premier album intitulé A Long Time Listening. Il faudra ensuite cinq ans aux quatre Islandais pour donner suite à ce premier opus. La sortie en 2015 de l’album Destrier - dont il est question aujourd’hui - vient confirmer avec brio toutes les attentes qui étaient placées en eux, leur permettant en autre d’accéder à une visibilité plus internationale en rejoignant la tournée européenne de Katatonia.


Premier constat pour ceux qui ont eu l’occasion d’écouter le premier album : Destrier se veut plus direct et nettement moins expérimental que son prédécesseur. L’album perd donc en folie ce qu’il gagne en efficacité. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Agent Fresco fait ici preuve d’une efficacité redoutable en donnant une véritable leçon en matière de composition.


Dès l’introduction, entre puissance et volupté, suivie de l’imparable "Dark Water", il apparait que cet album a quelque chose de spécial et qu’il sera difficile de s’en détacher. On y découvre en effet la voix radieuse et chargée en émotion du leader Arnór Dan Arnarson, qui, sans jamais tomber dans la surenchère, illumine les différents morceaux et marque durablement l’auditeur grâce à une prestation poignante et d’une grande justesse. Que l’on aime ou pas, les envolées vocales du chanteur (dans un registre aigu amenant régulièrement les comparaisons avec Einar Solberg de Leprous) sont un atout majeur pour le groupe.


Le groupe se distingue également sur la partie instrumentale : les guitares laissent régulièrement place au piano qui joue ici un rôle essentiel, aussi bien comme vecteur mélodique que pour des fins plus rythmiques. Et pour cause, les deux instruments sont gérés par un seul homme (du moins pour la partie studio), à savoir Þórarinn Guðnason, qui, grâce à cette alternance apporte un certain dynamisme et un côté épuré conférant à chaque instrument une exposition optimale. C’est le cas notamment de la batterie : à la fois technique et sans fioriture, le jeu de Hrafnkell Örn Guðjónsson dégage une énergie saisissante, faisant de chaque note un véritable impact à bout portant. Le tout gagnant en explosivité grâce à l’usage occasionnel de la double pédale (plus souvent utilisée pour le metal), notamment lors d’un break particulièrement entrainant sur le morceau "Pyre". N’oublions pas non plus le travail du bassiste Vignir Rafn Hilmarsson, qui en plus de son instrument à quatre cordes, gère les synthés et autres samples conférant à l’album une profondeur d’écoute supplémentaire.


Comme indiqué précédemment, le groupe prend un virage plus léger et pop à travers cet album sans pour autant renier ses racines progressives. On aurait pu craindre qu’après des titres aussi redoutables que "Dark Water" et "Pyre", le destrier s’essouffle, mais il n’en est rien. Le groupe enchaîne les moments forts et les mélodies entêtantes avec une facilité déconcertante, que ce soit avec le sautillant "Howls" ou encore avec le très beau "Bemoan", et ceci jusqu’au final "Mono no Aware". Ce dernier morceau - le plus progressif de l’album - nous ramène à la ligne mélodique du refrain de "Pyre", permettant à l’auditeur déjà conquis de se replonger sans attendre dans une nouvelle écoute.


Bien que ce deuxième album soit moins dispersé, le groupe n’en reste pas moins imprévisible et est capable au sein d’un même morceau de basculer, parfois de manière particulièrement abrupte, d’une ambiance à l’autre. C’est le cas notamment du titre "Destrier" débutant pourtant sur un couplet pop dans la continuité des titres précédents, qui bifurque ensuite vers des sonorités industrielles aussi corrosives qu’inattendues. 


Mais c’est surtout avec le titre "Angst" que les Islandais marquent une véritable cassure en sombrant dans un metal particulièrement brutal, saccadé et discordant, pendant lequel Arnór Dan crie à s’en rompre les cordes vocales. On se doute bien que le groupe a tenté de jouer sur les variations émotionnelles en pensant l’album comme un tout ; mais pour le coup ce passage paraît bien hors de propos et arrive comme un cheveu sur la soupe… A trop vouloir viser l’album-concept, certains groupes en perdent l’essentiel et ont tendance à s’aventurer dans des choix pour le moins discutables. Bien entendu, ce n’est qu’un détail au vu de l’ensemble de l’album.


Malgré certains détours dispensables, Destrier fait partie de ces albums pour lesquels on peut tout pardonner, tant l’immersion s’avère passionnante et addictive. Le petit pays nordique accouche d’un nouveau groupe aussi talentueux que singulier, dont l’ascension n’a de limite que la rareté de ses apparitions. Hormis la parution d’un live en 2016, ainsi qu’un single en 2018 pour Arnór Dan (annonçant les prémices d’une carrière solo qui semble depuis avortée), pas grand-chose à se mettre sous la dent concernant les quatre Islandais. Le début de l’enregistrement d’un troisième album ayant été annoncé en 2019, il n’y a plus qu’à espérer que cette année voit enfin le grand retour des Agent Fresco.

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Commentaires
FranckAR, le 19/02/2021 à 22:36
@Nicolas: je me doutais que tu connaissais ! Cet album tourne en boucle chez moi depuis quelques semaines. J’espère vraiment que le troisième album finira par arriver cette année ! ????
NicolasAR, le 19/02/2021 à 16:57
Je les ai vus en première partie de Leprous lors de leur tournée française en 2018, c'était assez excellent. Une très bonne surprise pour moi. L'album est vraiment bon par ailleurs.