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Vieilles Charrues 2017, jour 3 : Royal Blood et Arcade Fire


Nicolas, le 25/07/2017

Royal Blood


19h20, temps idéal à Carhaix : grand soleil, 25° au thermomètre, petite brise légère, toutes les conditions sont réunies pour aborder la venue du duo anglais dans les meilleures conditions qui soient, même s’il me faut pour cela hâter le pas (voire même piquer un petit sprint) pour ne pas louper le début des hostilités. Arrivé près de la scène Glenmor, je constate avec effarement que l’assemblée est loin d’être dense, et je peux ainsi me faufiler sans trop de soucis jusqu’à une position avantageuse qui me permet de jouir d’un panorama plongeant sur la scène sans risquer la foire d’empoigne des premiers rangs. Face à moi, Mike Kerr et Ben Thatcher déboulent sur scène en recevant un accueil poli, et pour cause : interrogez dix types dans l’assemblée, il n’y en aura bien qu’un seul au maximum à savoir qui sont les deux lascars qui prennent leurs marques sur la Glenmor. Le duo de Brighton est ainsi quasiment inconnu de par chez nous, mais comment s’en étonner compte tenu du traitement de la scène rock dans l’hexagone ? La preuve ? Allez sur le site Setlist.fm et tapez Royal Blood : sur la tournée actuelle, la seule setlist qui n’est pas renseignée, la seule, c’est celle de Carhaix. Peu importe si les deux anglais se pavanent en têtes de leurs charts nationaux, les voilà à devoir conquérir une assemblée majoritairement dubitative voire même indifférente (cf l’intro, n’est-ce pas). Qu’à cela ne tienne, les lascars ont des munitions, et dès les premières notes de “Where Are You Know?”, sorte de rejeton bâtard d’une copulation entre Jack White et Tony Iommi, le silence se fait dans l’assistance. Si on se doute que Royal Blood sonne heavy eut égard à ce que crachent leurs deux albums par les enceintes de nos platines, rien ne peut nous préparer à encaisser une telle lourdeur en live, et encore : “Lights Out” enfonce un peu plus le clou. La basse de Mike Kerr, dopée par une dizaine d’amplis consciencieusement empilés au fond de la scène, crée un mur sonore qui s’effondre par soubresauts sur la foule au rythme de ses coups de médiator jubilatoires. Et il ne s’en faut que d’un seul instrument, maltraité avec gourmandise par le jeune britton qui prend visiblement un malin plaisir à nous en mettre plein les oreilles. Royal Blood pourrait ainsi quasiment se résumer à ce seul aspect ludique du rock, un aspect pour lequel on ne peut que remercier le duo de Brighton et en particulier son chanteur : une basse capable de créer un son monumental et que son possesseur s’échine à malmener de toutes les façons possibles - où l’on se rend compte que, eh oui, on peut en faire du boucan rien qu’avec une seule main. Mais ce serait passer outre un répertoire furieusement percutant, fort de riffs carnassiers, de mélodies gloutonnes et de refrains à s’en claquer les cordes vocales de bonheur. Ce serait également oublier que Thatcher fait le job à la batterie, propre, net, efficace et redoutablement précis. Si l’homme est avare en mimiques et semble même par moments s’emmerder “royalement” sur son piédestal, il n’en demeure pas moins le relai indispensable de son compagnon d’arme. Chacune de ses interventions, chacune de ses attaques après un temps de pause relance implacablement la locomotive et mène son train à une cadence infernale.


La suite du concert s'égrène sans coup férir, avec un programme réservant malgré tout une place de choix au premier album du tandem qu’on ne présente plus. À ce titre, aucun doute possible : les “Come On Over”, “Little Monster” et autres “Ten Tonne Skeleton” font des ravages dans le public, entamés un poil moins vite que sur album afin d’en accentuer la pesanteur et la puissance de chaque riff. Cà et là mes voisins dans l’assistance n’en finissent pas de s’étonner : “Mais c’est qui ces types ? Ils sont trop forts !”. Eh ouais les gras, z’avez quelques années de retard à rattraper. L’occasion justement d’aborder le second disque finalement sous-employé par la paire Kerr-Thatcher, juste pour signaler que les nouveaux tubes se calent au poil avec les anciens : “Lights Out” avec son pont aliénant, “I Only Lie When I Love You” avec son riff syncopé qui déboite ou “Hook, Line & Sinker” avec sa collection de demi-tons pachydermiques font tous au moins aussi bien que leurs aînés. On touche là sans doute à l’une des limites de Royal Blood : si leur second opus avait été aussi bon que le premier, ils nous l’auraient davantage proposé sur scène - ici, seulement 5 de leurs 11 titres sont nouveaux. Force est de constater que les autres incursions récentes des anglais ne sont pas aussi convaincantes, notamment l’essai de synthé intriguant de “Hole In Your Heart” qui ne dépasse pas le stade de la simple bizarrerie. On préfère Kerr uniquement à la basse, voire même à la fois à la basse et à la batterie comme sur le conclusif “Out Of The Black” dont les rafales de semi-automatique tétanisent l’assistance avant qu’un interlude à rallonge ne voie le frontman rejoindre son collègue batteur, lui emprunter un drumstick et s’acharner perversement sur un tom - avec un Ben Thatcher se mutant lui aussi en forgeron implacable - tout en violentant nos tympans à la quatre cordes de son unique main gauche : la grande classe. Ajoutons que les deux hommes ne sont pas avares en contacts physiques : ils n’hésitent pas à s’avancer sur le devant de la scène ou sur la rampe qui plonge dans la foule, même le batteur - tandis que son binôme comble le show à grands renforts de larsens -, afin d’aller taper dans une nuée de mains et accessoirement se faire palper par une poignée de fans en transe.


Quelques regrets à la fin de cet ultime morceau, car il y en a : une communication avec le public assez stéréotypée - quand on a vu l'un de leurs lives, les suivants se ressemblent tous dans leurs jeux de scène et interpellations du public… Kerr aime visiblement beaucoup les chiens et les chats, les connaisseurs comprendront -, et une setlist beaucoup, mais alors beaucoup trop courte pour un groupe et un répertoire de ce gabarit. OK on est en festival, OK le cahier des charges est serré, mais 55 petites minutes sur l’heure et quelques allouée, ça fait quand même un peu radin. Quoi qu’on soit prêt à tout pardonner, car ces 55 minutes se sont révélées intenses, brûlantes et électrisantes, emmenées par deux rockers au faîte de leur talent et de leurs instruments, généreux et capables de convertir sans aucun problème une foule d’inconnus. Allez, continuez comme ça, bossez davantage votre troisième album, faites-nous encore rêver quelques années et continuez de tabasser quelques assistances de par le monde. On ne vous en demande pas plus, les gars.


Setlist :


Where Are You Now?
Lights Out
Come on Over
I Only Lie When I Love You
Little Monster
Hook, Line & Sinker
Hole in Your Heart
Figure It Out
Loose Change
Ten Tonne Skeleton
Out of the Black


(Crédit Photo : Ouest France, Yves-Marie Quéméner)

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Commentaires
Olivier, le 26/07/2017 à 11:06
Quel concert ! un (tout petit) bémol pour le rendu de la voix de Régine Chassagne, un peu en dessous. C'était clairement le concert à ne pas rater cette année.