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Steven Wilson : l'homme qui se cache derrière Porcupine Tree


Nicolas, le 10/03/2009

Derrière Porcupine Tree, une discographie riche mais méconnue

No-Man : le choix de l'intégrité et de l'indépendance


A l'opposé de la carrière ascensionnelle de Porcupine Tree, le duo composé par Steven Wilson et Tim Bowness reste cantonné à un succès d'estime. Après les pressions exercées sur le duo afin qu'il se tourne vers une carrière plus commerciale à l'époque de Flowermouth, après le semi-échec critique d'un Wild Opera jugé à l'opposé un peu trop expérimental, No-Man s'accorde une pause de quelques années afin de mûrir son style. Ce n'est qu'en 2001 que le quatrième album du groupe finit par pointer le bout de son nez. Returning Jesus tranche une fois de plus avec son prédécesseur en abandonnant l'électronique pour se tourner vers une musique plus acoustique, douce et atmosphérique. L'album, qui initialement devait être bien plus long, a été largement amputé par les deux auteurs pour lui donner plus de cohésion et de force. Bowness avait notamment composé une pièce pop-symphonique d'une vingtaine de minutes, finalement abandonnée après mures réflexions car ne satisfaisant pas vraiment les deux hommes. Quelques chutes de cet album sont néanmoins rendues disponibles en 2003 sur le maxi All That You Are.

En 2003 toujours, No-Man profite largement de l'engouement créé autour de la personne de Steven Wilson (après la sortie d'In Absentia de Porcupine Tree) pour proposer un cinquième album, Together We're Stranger. Encore plus calme et ouaté que son prédécesseur, il ancre durablement le style du duo vers une musique désormais tranquille, portée par les compositions sensibles de Bowness et les arrangements tout en subtilité de Wilson. Le succès du duo s'en trouve renforcé, et celui-ci commence à atteindre des chiffres de vente qui deviennent de moins en moins négligeables. Le groupe décide ensuite de marquer une nouvelle pause de cinq ans, période mise à profit par Bowness pour réaliser un album solo en 2004. Un peu plus tard, une rétrospective de No-Man est réalisée en 2006, une anthologie même, intitulée All The Blue Changes et mêlant best-of et reprise de certains singles et raretés. Pourtant, à cette époque, littéralement submergé de projets alternatifs de plus en plus prenants, Steven Wilson pense sérieusement à arrêter sa collaboration avec Tim Bowness.

Il n'en a rien été, et heureusement car le sixième album du groupe, Schoolyard Ghosts, est une vraie réussite. Poursuivant dans une veine ambiante et apaisante, le duo étoffe sa palette instrumentale avec de nombreux artistes invités et offre des compositions chargées d'émotion parfaitement rehaussées par les flûtes, violoncelles et autres orchestres symphoniques. Porté par la communauté progressive des amateurs de Porcupine Tree, l'album connait un succès d'estime très appréciable, récolte les éloges de multiples magazines spécialisés comme Classic Rock, Metal Hammer ou Rock Sound, et finit album de l'année sur le site Prog Archives pour l'année 2008. Mieux : le duo a même pu donner quelques concerts en Angleterre, événement qui ne s'était pas produit depuis 1992 !

De ce fait, No-Man va très probablement poursuivre sa carrière musicale à l'avenir, même si celle-ci sera probablement parcellaire et entrecoupée de longues périodes d'absence. Qu'à cela ne tienne : ce projet musical, désormais sans aucune entrave ni pression, ne peut que progresser vers une musique encore plus originale et ambitieuse.

Blackfield : le projet alternatif qui monte


Si Steven Wilson a systématiquement été à l'origine de tous ses projets musicaux en solo, une exception de taille doit néanmoins être signalée : Blackfield. La genèse de ce projet quasi-improvisé est plutôt étonnante. En 2000, Porcupine Tree vient se produire à Tel Aviv à la demande d'Aviv Geffen, rock star très connue en Israël et grand amateur de Porcupine Tree. Rapidement, à la faveur de cette première rencontre, une solide amitié se noue entre Wilson et Geffen. Les deux hommes décident de collaborer le plus possible, entraînant même Wilson à acheter un pied à terre en Israël. Geffen, en retour, est invité à interpréter des chœurs sur In Absentia. Plus encore : le duo se livre à des séances de songwriting débridées, mélange répertoires et influences, et décide de produire quelques nouveaux titres. Parmi ceux-ci, "Hello" marque les esprits de l'entourage des deux hommes, ce qui les pousse à aller plus loin. Le duo se nomme Blackfield, du nom d'une de ses chansons, et décide de se produire en première partie de Porcupine Tree sur certains concerts de la tournée In Absentia. C'est d'ailleurs Chris Maitland, ancien batteur de Porcupine Tree, qui tient le poste de cogneur en live durant cette période. Le répertoire se compose de trois anciens morceaux de Geffen traduits en anglais par Wilson ("Scars", "Cloudy Now" et "Glow"), d'un titre de Porcupine Tree ("Feel So Low") et de quelques compositions originales comme "Blackfield" ou "Hello", donc. Le succès est immédiat, à tel point que l'EP initialement envisagé par les deux hommes se transforme bien vite en projet d'album studio.

Blackfield voit donc le jour en 2004, tout d'abord en Israël, et reprend le répertoire live du groupe agrémenté de titres inédits comme "Pain" ou "The Hole In Me". Le groupe s'étoffe pour le live et recrute Daniel Salomon au piano (puis Eran Mitelman), Seffy Efrati à la basse et Tomer Z à la batterie. Deux concerts sont initialement prévus, à Londres et à Tel Aviv, mais les critiques de l'album sont si bonnes que Blackfield se voit proposer plusieurs shows télévisés israëliens. Dès sa sortie anglaise, les fans de Porcupine Tree découvrent avec bonheur ce side-project talentueux, mêlant richesse mélodique et lyrisme tout en restant très accessible. En un rien de temps, l'album est plébiscité partout sur le globe et parvient à percer d'emblée sur le marché américain. Résultat : les deux concerts initialement prévus se transforment en tournée européenne et américaine (à plus petite échelle, cependant).

L'année suivante, Wilson et Geffen se réunissent de nouveau pour préparer un deuxième album, mais les premières séances de songwriting ne débouchent sur rien de bon. Prenant le taureau par les cornes, Steven Wilson déménage purement et simplement à Tel Aviv début 2006 et y passe 6 mois entiers aux côtés de Geffen pour affûter leur collaboration musicale. Cette fois-ci, la méthode s'avère payante. Wilson décrit cette période comme étant l'une des plus riches de sa carrière artistiquement parlant : alors qu'il enregistrait les titres du nouvel album de Blackfield l'après-midi, il composait pour Porcupine Tree le matin et rassembla ainsi très rapidement la totalité des thèmes et des arrangements de Fear Of A Blank Planet. Blackfield II sort dans les bacs début 2007 et se retrouve de nouveau acclamé par les critiques. L'album est plus homogène, plus cohérent, et ne comporte que des titres forts dont les principaux sont "Once", "Epidemic" ou "Where Is My Love". Pour ce disque, Blackfield se fait signer aux Etats-Unis chez We Put Out Records, filiale de Atlantic, ce qui permet à l'album de se hisser jusqu'à la 31ième place du Top Heatseekers. De la tournée qui suit, le duo enregistre le DVD live Blackfield NYC au Bowery Ballroom de New York, qui voit le jour début 2008.

Actuellement, Blackfield n'a plus de projet concret, mais Steven Wilson a récemment affirmé qu'il y aura très probablement un troisième album à voir le jour.

IEM, l'expérimental récréatif trop rapidement abandonné


Après les débuts discrets du side-project le plus atypique de Wilson, IEM connait une intense activité entre 1999 et 2001, dates auxquelles sont réalisés successivement l'EP An Escalator To Christmas et les albums Arcadia Son et IEM Have Come For Your Children, toujours uniquement en vinyle et avec les mêmes fantaisies d'artworks et de crédits. Wilson y dévoile son goût pour les expérimentations sonores en tous genres, mixant des guitares psychédéliques avec des samples farfelus (bruitages imitant des voix d'aliens, films pornographiques, et même vieux enregistrements de lui en train de réciter une comptine lorsqu'il était enfant). Sur le dernier album, Steven se laisse aller à des improvisations délirantes basées sur le titre "Arcadia Son", ce qui fait de cet album plus une curiosité qu'autre chose. Le groupe restant virtuel et instrumental, IEM n'a bien évidemment jamais donné le moindre concert.

Et depuis 2001, plus rien. Bien sûr, l'homme est absolument débordé (et on le comprend), mais il n'a pas indiqué si le projet était laissé en sommeil ou purement et simplement abandonné. Néanmoins, en 2005, le premier album d'IEM a été réédité en CD, avec en bonus l'EP An Escalator To Christmas. Pas de mix 5.1 prévu...

Bass Communion et Continuum : la maîtrise de la musique ambiante


Autre projet solo de Steven Wilson, lui aussi totalement instrumental, Bass Communion voit initialement le jour en 1994 bien que son premier album ne soit réalisé qu'en 1998. Ce projet explore une autre passion musicale de Wilson : la musique ambiante (ou ambient). Se tournant initialement vers un mélange de textures synthétiques et organiques, le travail de Wilson se réoriente rapidement vers une utilisation exclusive d'instruments concrets : guitare, piano, flûtes, cordes diverses, qui sont ultérieurement retravaillés et remixés en studio. Si Steven interprète lui-même un maximum d'instruments, il fait appel à de nombreux collaborateurs pour les sons additionnels et notamment au flûtiste Theo Travis (invité régulier au sein de Porcupine Tree et de No-Man).

Bass Communion I voit donc le jour en 1998, et laisse déjà apercevoir quelques réussites comme le titre "Drugged" au milieu d'autres morceaux plus bancaux. En revanche, Bass Communion II est déjà bien mieux maîtrisé. Sorti en 1999, le disque abandonne quasiment tous les sons électroniques (à l'exception de bruitages type sonar et de quelques percussions) pour se focaliser principalement sur des nappes de flûtes, avec de très belles réussites comme "16 Second Swarm" ou le magnifique "Drugged 3", version retravaillée et particulièrement aboutie du meilleur titre de l'album précédent, alliant souffles délicats de vents et belles arabesques de guitare.

A partir de là, Steven Wilson va littéralement se passionner pour cette musique planante et arythmique en enchainant les sorties physiques et digitales, que ce soit pour le grand public ou à la demande via le label Burning Shed (appartenant à son compère Tim Bowness). On dénombre ainsi pas moins de six albums studio et trois EP sortis entre 2001 et 2008 ! Parmi ces réalisations, Ghosts On Magnetic Tapes, quatrième album de Bass Communion, franchit une étape supplémentaire en produisant une musique plus sombre et angoissante constituée d'un seul et unique morceau fragmenté en cinq parties.

Signe que Steven Wilson ne passe pas inaperçu dans le milieu, Bass Communion intéresse fortement les ténors de l'ambient qui s'empressent de solliciter le projet en vues de collaborations plus ou moins fixes. Le nom de Bass Communion va ainsi se retrouver rattaché à des pointures comme Muslim Gauze, Pig ou Fear Falls Burning au sein d'albums communs ou de splits. Parmi ces artistes, Wilson se lie d'amitié avec Dirk Serries, un musicien ambient belge plus connu sous le nom de scène de Vidna Obmana. Tous deux fondent le collectif Continuum, qui aboutit à deux albums sortis respectivement en 2005 et 2007, ainsi qu'à deux réorchestrations (dont une est encore à venir). La musique de Continuum est encore plus minimaliste et radicale que celle de Bass Communion.

En solo ?


Les travaux solos véritablement qualifiés comme tels de Wilson restent assez rares. Jusqu'à 2009 (et la sortie de son premier véritable album solo, Insurgentes), on ne lui crédite qu'un disque de musique électroniques intitulé Unrealesed Electronic Music (sorti en 2004), ainsi que quelques reprises d'artistes connus comme Allanis Morissette, ABBA ou The Cure.
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In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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