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Steven Wilson : l'homme qui se cache derrière Porcupine Tree


Nicolas, le 10/03/2009

1996 - 2009 : la consécration d'un grand musicien

1996, année charnière pour Steven Wilson


En effet, c'est à partir de cette date que ses projets musicaux vont prendre une ampleur toute autre que par le passé.

D'un côté, Wilson s'investit beaucoup dans le quatrième album studio de Porcupine Tree, Signify, qui sort en début d'année. En effet, il n'a pas digéré l'amalgame effectué par les médias entre sa formation et le mouvement progressif, qui n'était pas reconnu à l'époque pour être particulièrement vivace et novateur. Signify est donc le premier album entièrement composé et interprété par les quatre membres du groupe, ainsi que le premier à contenir des titres pop avec harmonisations vocales. A mi-chemin entre le progressif instrumental de l'album précédent et la tonalité pop-rock du suivant, le disque est largement apprécié tant par les critiques que par le public : il permet d'assoir durablement la crédibilité de Porcupine Tree dans le paysage underground anglais. Pour la première fois également, Wilson accepte de laisser une part primordiale à sa voix au sein des compositions du groupe, et prend petit à petit confiance en ses capacités vocales. A ce jour, Signify reste encore l'un des disques dont Steven Wilson se dit le plus fier. La phase créatrice que l'homme a connu durant les périodes d'enregistrement de ce disque a été telle que pas moins de 2 recueils de chutes de studio ont vu le jour ultérieurement : Insignificance et Metanoia.

A l'inverse, les choses sont plus délicates du côté de No-Man. Lâché par sa maison de disque et donc sans obligation de résultats, le duo en profite pour se lancer dans des expérimentations sombres entre trip-hop, dream music et art-rock, en privilégiant l'instinct et la construction des titres autour d'improvisations. Difficile d'accès, Wild Opera, troisième album de la paire Wilson - Bowness, reçoit un accueil assez mitigé. C'est à ce moment précis que Porcupine Tree commence à prendre l'ascendant sur No-Man dans la carrière de Steven Wilson.

Enfin, c'est également en 1996 que Steven Wilson donne corps à son groupe fictif IEM, soit Incredible Expanded Mindfuck (qu'on pourrait traduire à peu près par "énorme et incroyable foutage de gueule"). De nouveau en solo, Wilson repart dans les délires qui avaient précédés la formation de Porcupine Tree alors que le projet n'était encore qu'un groupe fictif peuplé d'ex-taulards. Artworks faits de photographies noir et blanc (dont plusieurs semblent mettre en scène la famille de Wilson), musique étrange mêlant psyché et krautrock, IEM ne se prend clairement pas au sérieux. Jouant la carte du mystère, l'artiste ne donnera jamais aucune indication sur les musiciens participant aux enregistrements, allant même jusqu'à imprimer des listes de musiciens erronées à l'arrière des pochettes. L'idée initiale de Wilson est même de publier un disque anonyme, sans indiquer qu'il est à la base de ce projet. Le premier album de IEM, proposant une musique psychédélique entièrement instrumentale et alors proche des élans de Porcupine Tree, sort en 1996 sous la forme d'un vinyle tiré uniquement à 500 exemplaires et qui se verra réédité deux ans plus tard sous forme de CD par Delerium.

Porcupine Tree, de l'ombre à la lumière


Fort du succès de Signify, mais restant tout de même catalogué parmi les groupes progressifs (ce qui a le don d'irriter Wilson au plus haut point), Porcupine Tree décide de passer à la vitesse supérieure. Abandonnant son label initial (Delerium) non sans avoir auparavant sorti chez cet éditeur son premier live (Coma Divine enregistré en Italie et paru en 1997), la formation effectue le premier virage radical de sa carrière avec l'album Stupid Dream, sorti en 1998 chez Snapper. Délaissant les couleurs progressives des deux précédents disques, Steven Wilson prend le pari de sortir un album plus accessible, possédant une tonalité pop-rock froide et onirique et réduisant drastiquement les passages instrumentaux. La production de Wilson prend de plus en plus d'ampleur, et l'homme fait même appel aux services d'un orchestre pour les besoins du titre "A Smart Kid". Bien que déconcertant une partie des fans de la première heure, Stupid Dream est un franc succès commercial - tout du moins dans le milieu indé, grâce à la force de compositions comme "Piano Lessons", "Pure Narcotic" ou encore "Baby Dream in Cellophane".

Ni une ni deux, le groupe persiste et signe quelques mois plus tard le disque jumeau de Stupid Dream. Lightbulb Sun parait en 2000, toujours chez Snapper, et enfonce le clou en direction d'une musique formatée et accessible, étonnant par la sensibilité poignante de titres comme "How Is Your Life Today ?" ou du magnifique "Shesmovedon", mais réservant des passages plus énervés comme "Four Chords That Make A Million" ou "Hatesong". Plus lumineux que son prédécesseur, cet album traine également une tristesse touchante au travers de paroles faisant référence à une rupture amoureuse récente. Il s'agit certainement du disque le plus personnel de Steven Wilson. Les B-Sides des deux albums sont ensuite édités sous la forme d'un recueil en tirage limité (seulement 20000 exemplaires) intitulé Recordings. Actuellement introuvable, ce disque devrait faire l'objet d'une réédition très prochainement.


Nouveau virage à 180° à l'heure de la sortie du sixième album du groupe. En effet, depuis 2000, Steven Wilson voit ses commandes de production de disque exploser. Parmi les groupes à faire appel à ses talents de producteur/ingénieur du son, on retrouve notamment Opeth, formation suédoise affiliée au death metal progressif et emmenée par le charismatique chanteur Mickael Akerfeldt. Wilson s'investit énormément dans l'enregistrement de l'album Blackwater Park (sorti en 2001), allant même jusqu'à y interpréter certains chœurs et à y jouer guitare et claviers. Conséquence logique : l'influence metal ne tarde pas à imprégner irrémédiablement la musique de son groupe fétiche. En 2002, après avoir abandonné Snapper pour Lava Records et après avoir remplacé Chris Maitland par Gavin Harrison derrière les fûts, Porcupine Tree étonne tout le monde avec la sortie d'In Absentia, qui renoue un peu avec les racines progressives du groupe tout en durcissant le son des guitares. Mais les titres pop ne sont pas évacués pour autant, "Trains" ou "The Sound Of Muzak" en étant d'ailleurs des exemples assez remarquables. Wilson signe ici un album riche et extrêmement varié, qui s'écoule à 100.000 copies lors de sa première année de commercialisation, et grâce auquel Porcupine Tree parvient enfin à percer aux Etats-Unis (l'album se hisse en 35ième position du Top HeatSeekers, classement des meilleurs ventes d'artistes jusque-là inconnus aux States).

A partir de ce moment, tout s'enchaine : tournée triomphale aux côtés d'Opeth et de John Wesley (incorporé comme cinquième membre le temps des concerts), rencontre avec le photographe et cinéaste Lasse Hoile qui va ultérieurement se charger de l'ensemble de la communication visuelle de Steven Wilson et de Porcupine Tree (artworks, clips, réalisation de DVD etc), et fondation du propre label du groupe : Transmission. Le succès de In Absentia offre également la possibilité financière à Steven de réaliser un vieux rêve : rééditer ses vieux albums et les remixer en 5.1. Il commence par s'attaquer à The Sky Moves Sideways et réenregistre les morceaux conçus en solo en les dotant de partitions de batterie composées et interprététées par Gavin Harrison, puis ré-enregistre et remixe une bonne partie de Up The Downstairs, avant de poursuivre par le remixage stéréo puis 5.1 (en DVD audio) de Stupid Dream et de Lightbulb Sun. A l'heure actuelle, chacun des nouveaux disques de Steven Wilson se voit systématiquement doté d'une version 5.1.


En 2005, Porcupine Tree signe son huitième album studio. Conçu autour d'un script de long métrage dont le scénario a été imaginé par Steven Wilson et son ami Mike Bennion (projet encore à l'état de pré-production par manque de moyens), Deadwing marque une nouvelle étape dans la carrière du groupe en revenant à des morceaux plus longs et plus progressifs dans l'esprit, tout en continuant à mélanger pop songs délicates et metal percutant (avec respectivement "Lazarus" et "Shallow") mais en cultivant plus d'homogénéité et de noirceur. Parmi tous les titres de l'album, le brillantissime "Arriving Somewhere But Not Here" se détache sans difficultés par sa progressivité parfaitement maîtrisée qui en fait encore à l'heure actuelle le titre préféré de Steven Wilson, tous projets confondus. L'album se vend mieux qu'In Absentia, atteint la deuxième place du Top HeatSeekers US, rafle le Surround Music Awards 2005 au nez et à la barbe de Trent Reznor / Nine Inch Nails (qui concourait avec le remix 5.1 de With Teeth) et se retrouve propulsé album de l'année 2005 par le magazine Classic Rock.

Le succès grandissant de Porcupine Tree pousse Steven Wilson à voir plus loin. En 2006, le groupe quitte Lava Records et signe sur un label majeur, Roadrunner. Après avoir sorti son premier DVD live intitulé Arriving Somewhere..., réalisé par Lasse Oile, Porcupine Tree entame une tournée mondiale au cours de laquelle la formation rode une série de nouveaux morceaux. Réunis autour d'un concept album traitant des troubles comportementaux de la jeunesse moderne, abandonnée aux méfaits des drogues, du lavage de cerveau télévisuel et de l'hyperconsumérisme, fortement influencés par le roman Lunar Park de Bret Easton Ellis, ces titres se bonifient progressivement en live puis autour de jams improvisés. Le résultat est sans appel : Fear Of A Blank Planet, 9ième album studio du groupe sorti en 2007, est une réussite incroyable qui renoue avec toutes les influences du groupe, mariant allègrement metal pur et dur, plages atmosphériques torturées, ballades pop en apesanteur et rock progressif classieux, tout en s'autorisant quelques longueurs audacieuses ("Anesthetize" dépasse les 17 minutes). Malgré son caractère peu accessible, l'album est un carton majeur : il atteint la 59ième place du Billboard américain, la 31ième place des charts anglais, reçoit une nomination aux Grammy Awards et est une fois de plus élu album de l'année par Classic Rock. C'est le plus gros succès commercial du groupe à ce jour. Avec cet album, Steven Wilson se réconcilie avec l'étiquette progressive accolée à son groupe, n'hésite plus à se réclamer de se courant (même s'il continue à détester les segmentations musicales) et invite d'ailleurs des artistes progressifs célèbres en tant que guests sur le disque : Alex Lifeson (Rush) et Robert Fripp (King Crimson), même si la participation de ce dernier est éliminée du montage final de l'album. Elle peut néanmoins être entendue sur l'EP Nil Recurring sorti en 2008.

Porcupine Tree vient de rentrer en studio pour donner corps à son dixième album, attendu à priori pour la rentrée 2009.
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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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