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Compte-rendu de concert

Julien Doré


Date : 18/12/2008
Salle : La Carrière (Nantes)
Première partie : Armand Méliès
Nicolas, le 22/01/2009
( mots)

L'existence offre parfois des expériences pour le moins saugrenues, jugez plutôt. Alors que j'étais en train de me morfondre auprès d'un ami sur le manque de concerts potables en Bretagne, voilà que celui-ci me fait part de sa passion (de sa lubie ?) pour Julien Doré, m'encourage chaleureusement à aller le voir avec lui à Nantes et me prête son album (Ersatz) dans la foulée. Et hop, comme je suis plutôt accommodant, me voilà embarqué dans une soirées quasiment improvisée.

Julien Doré ? Bah honnêtement, à part les souvenirs de la Nouvelle Star d'il y a deux ans (car je regarde l'émission, moi, oui madame), une vague écoute de son album sur Deezer et le faux sujet destroy qui a fusé sur le forum d'albumrock l'an passé, je n'ai a priori pas la moindre idée de ce que ça peut donner. Ma seule certitude est que je vais me retrouver au concert d'un type dont je connais à peine le répertoire et dont je ne suis pas franchement un fanatique du style musical. Allez zou, en route.

Première partie assurée par Armand Méliès. Chanson à texte, accompagnement minimaliste à la guitare, le gars assure bien à l'instrument mais me laisse totalement de marbre quant à ses mélodies. Ça commence bien. Tiens, sur sa dernière chanson, un groupe de potes vient le rejoindre pour chanter sur scène, et le type à l'extrême gauche ne m'est pas inconnu. Bon sang mais c'est bien sûr, Mr Doré himself. Et puis j'apprends que Méliès tient la guitare dans le groupe de ce dernier. Tout s'explique.

Après un interlude assez long, le concert commence. Ou plutôt devrais-je dire : le show. Car Julien Doré est avant tout un showman, au cas où les adeptes de l'édition 2007 du télé-crochet d'M6 l'auraient oublié. La star de la soirée aimante les regards sans aucun effort, suscite souvent la sympathie, déclenche parfois l'hilarité, et parvient toujours à maintenir l'attention de son public en éveil. Alternant chansons douces acoustiques, mélodies pop plus radio-friendly, sketches musicaux bien sentis et rock sauvage (une bonne version de "Superman" des Kinks , surprenant), l'homme reste aussi insaisissable qu'avant son spectacle, offrant à son auditoire une image changeante au fil des minutes. Tour à tour sensible, grotesque, émouvant, décalé, timide, parodique, enragé, nerveux, empathique, manipulateur, désopilant ou même odieux, rares seront ceux qui, à la fin de la soirée, sauront qui se cache derrière ce jeune homme au physique plutôt flatteur, s'exprimant souvent par saccades incontrôlées trahissant malgré tout une nature à fleur de peau, et prenant un malin plaisir à jouer avec les apparences.

Et ce ne sont pas ses chansons qui vont pouvoir nous aiguiller sur la bonne voie. Le set brouille les cartes, fait une part finalement assez minime à son album, et brille par son éclectisme. Les fans hardcores (si si, il y en a déjà) apprécient l'excellent "Piano Lys" qui ouvre les hostilités et qui montre un Julien Doré au fait de son art du jeu scénique, tourbillonnant au sein de son groupe avec ses cymbales. On retrouve aussi les superbes titres acoustiques de l'album, "Acacia", "Les Bords De Mer" ou encore le vénal "Bouche Pute" (ce titre, je vous jure). Et puis il y a aussi le Doré plus tape à l'oeil, le single "Les Limites" ou encore "Figures Imposées", et même un début du "Moi Lolita" d'Alizée/Mylène Farmer qui se fait vite pulvériser en plein milieu de son exécution par une volée de batterie complète. Finalement, l'individu arrive-t-il à assumer son image jusqu'au bout ?

Beaucoup de chansons en langue anglaises se succèdent, bien plus rock que sur son album. L'hurluberlu prend même un malin plaisir à faire entonner à la salle le refrain d'un titre de son groupe, Dig Up Elvis, dont les paroles ne signifient strictement rien : "I want to play my country to save the world". Et le pire, c'est que ça marche ! Un peu plus tard, le voilà qui fait monter une fan sur scène et qui joue avec elle à une mise en scène un rien libertine lors d'une chanson d'amour factice. Puis il lance des vannes, insulte son public et éclate de rire avant d'empoigner son ukulele et de lâcher une impeccable balade acoustique pleine de pudeur. Respect. N'oublions pas cette étonnante reprise du ringardissime "Everybody's Got To Learn Sometimes", revisité avec bonheur par l'homme à la barrette (qu'il n'a d'ailleurs plus) et qui aurait immanquablement réussi à tirer une larmichette à son jury de la Nouvelle Star. En fin de concert, Juju a droit à deux rappels euphoriques qui, visiblement, le touchent au plus haut point. A moins que ce ne soit l'idée de terminer sa tournée (Nantes étant sa dernière date) ?

Toujours est-il que non seulement je ne me suis pas ennuyé, mais qu'en plus j'ai assisté à un concert des plus étonnants. Et je suis le premier surpris de le dire : beaucoup plus rock n' roll que ce à quoi je m'attendais. Quant à savoir qui est vraiment Julien Doré, bien malin qui connaît la réponse...



Setlist (approximative) :

Piano Lys
Les bords de mer
Acacia
Moi Lolita
Les limites
Play My Country (Dig Up Elvis)
Callas
Freaky New Child
Helsinki
Figures imposées
Russian Roulette
Bouche Pute
Everybody’s Got to Learn Sometimes (The Korgis)
I N*e*r*d Someone
Brown Ears
Superman (The Kinks)

 

Photo : Kacendre (www.vacarm.net)

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In Cauda Venenum


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