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Compte-rendu de concert

Oasis


Date : 12/01/2009
Salle : Zénith (Nantes)
Première partie : Twisted Wheel
Nicolas, le 19/01/2009
( mots)
Putain d'hiver. Alors que le froid s'est enfin décidé à lever le camp, c'est au tour du vent et de la pluie de prendre illico le relais. De quoi être proprement découragé d'avaler les quelques cent kilomètres qui me séparent du Zénith de Nantes. Sauf que ce soir, ce sont les frangins Gallagher qui sont de la partie. Et un concert d'Oasis, ça ne se refuse pas.

Salle comble, ambiance chaude et survoltée, ce sont donc quelques 8000 bretons qui sont venus entonner en chœur les "Wonderwall" et autres "Don't Look Back In Anger" de la grande époque. Mais pas que. Ça et là, les bavardages vont tous dans le même sens : Dig Out Your Soul, le dernier né des rejetons de Manchester, fait plus que se défendre. Reste à voir ce que ça va donner en live. En attendant, c'est le groupe Twisted Wheel qui se charge d'ouvrir les hostilités. Grosses guitares à la Oasis (justement), rythme sautillant, voix tendue rappelant un peu Alex Turner (sans la raucité), le groupe livre un set propre et énergique mais sans surprise, d'ailleurs rapidement expédié. Vingt minutes plus tard, les rockers anglais ont déjà quitté la scène. Bof. Pas grave, l'essentiel est ailleurs.

Et puis ça y est, Oasis en chair et en os fait son entrée au son du désormais classique "Fuckin' In The Bushes", sous un tonnerre de hurlements et de vivats. Les anglais empoignent leurs grattes, se regardent en chien de faïence pendant un petit laps de temps, et balancent bille en tête un "Rock N' Roll Star" au taquet. La sono est claire, et pour une fois les décibels restent supportables. Soudain, stupeur : sans crier gare, Liam se met à vociférer son texte avec fébrilité, à couper systématiquement toutes ses fins de phrase et à se rejeter spasmodiquement en arrière au lieu d'aimanter le micro comme il en a l'habitude. Bon sang, mais qu'est-ce qu'il se passe ? Je me pince pour bien vérifier que je ne suis pas en plein cauchemar, mais non ! Avec "Lyla", c'est encore pire car le titre est complètement faux du début à la fin. Une partie du public semble ne pas trop apprécier, quelques sifflets commencent à se faire entendre, l'ambiance se dégrade subrepticement. On guette un signe de reprise, mais en vain : Liam parvient à se maîtriser un peu sur "The Shock Of The Lightning" (excellent en live), avant de faire de nouveau n'importe quoi et de massacrer purement et simplement "Cigarettes & Alcohol". Je remarque alors qu'il effectue de fréquents allez et retour vers le fond de la scène pour aller boire. Alors quoi ? Saute d'humeur ? Défonce de dernière minute ? Extinction de voix ? Dans son coin, isolé sur l'extrême droite de la scène, Noel déballe sans broncher ses partos de guitare, l'air maussade, le nez plongé dans les chaussures, tandis qu'Andy Bell et Gem Archer suivent mollement leurs deux leaders en s'affranchissant du strict minimum. Seul Chris Sharrock, le nouveau batteur, semble véritablement se faire plaisir. Hallucinant. C'est donc ça, Oasis ?

Heureusement, "To Be Where There's Life" remonte un peu le niveau en imposant ses plages psychédéliques à pleine puissance. Le titre est copieusement rallongé et agrémenté par de bons solos de guitare, tandis que Liam a déjà filé en backstage avant la fin. C'est le tournant du concert. Car à partir de là, Noel se décide enfin à reprendre les choses en main. Salutation au public, présentation de Sharrock, tentatives de communication en anglais avec la foule, ça fait du bien. Je subodore que les deux frangins ont encore dû se mettre sur la tronche avant le set... bref. Un riff heavy à souhait se fait entendre et "Waiting For The Rapture" emplit l'espace, déroulé à la perfection par un aîné des Gallaghers resté parfaitement maître de sa voix et de sa sensibilité. Suit un "Masterplan" toujours aussi grandiose : moi qui suis un adorateur du recueil de B-Sides, me voilà comblé. D'autant plus que lorsque Liam revient sur scène entonner son "Songbird", il parvient enfin à maîtriser sa voix et à lacher des fins de phrases correctes. Ouf ! Après, la partie est gagnée : que ce soit sur les classiques impérissables que sont "Slide Away" et "Morning Glory", ou sur les plus récents "Ain't Got Nothing" et "I'm Outta Time", Oasis fait un véritable malheur dans la salle, d'autant que Liam a enfin retrouvé la pleine possession de son organe. Justesse, verve, timbre éraillé à souhait, attitude nargueuse et désinvolte, tout y est, et plus encore. Je constate néanmoins qu'à l'évidence, les titres issus des deux premiers albums sont infiniment plus porteurs que les suivants. Sans vouloir pour autant dénigrer a posteriori les disques qui ont suivi Standing On The Shoulder Of Giants - et qui restent à mon sens de très grande qualité, force m'est de reconnaître qu'Oasis n'arrive plus à emporter l'enthousiasme aussi facilement qu'avec les tubes éternels de Definitely Maybe et de (Whats The Story) Morning Glory. Même l'excellent "The Importance Of Being Idle" fait tristement pâle figure à côté d'un "Wonderwall" énormissime, dédicacé par Liam à toutes les minettes de Bretagne et repris à tue-tête par une foule littéralement tétanisée. Puis c'est à l'impeccable "Supersonic" de conclure en apothéose un concert qui semblait pourtant bien mal parti, mais qui s'est finalement avéré d'une tenue largement honorable. Inutile de signaler que Be Here Now a encore été tout bonnement méprisé par les frangins Gallagher. Qui ira s'en plaindre ?

Mais ce n'est pas fini ! Le rappel parvient à faire revenir Noel Gallagher et Gem Archer sur scène. Après avoir salué la foule, Noel enfile nonchalament sa guitare acoustique et débute sans annonce "Don't Look Back In Anger". Et là, un frisson secoue l'assemblée. Et pour cause : le titre est sublime, incroyablement sublime. Dépouillé de toute son ornementation habituelle, à peine relevé par les solos électriques discrets d'Archer, et surtout magnifiée par un Noel Gallagher totalement possédé, la chanson déclenche une immense vague d'émotion dans l'assistance, qui ne peut s'empêcher, moi compris, de reprendre à tue-tête l'ensemble des textes. Probablement la plus belle expérience de concert de toute ma vie, et je pèse mes mots : j'en ai vraiment eu les larmes aux yeux. Après, le reste n'est qu'un bonus de haute volée qui semble ne jamais devoir s'achever, pour notre plus grand plaisir. "Falling Down" en remet une couche dans le psychédélisme à ralonge, tandis que "Champagne Supernova" trompe son monde en faisant croire à un final britpop anthologique. Mais c'est finalement un "I Am The Walrus" en roue libre qui se charge de mettre un point final à la soirée. Puis Noel, Gem Archer, Andy Bell et Chris Sharrock s'autorisent à rester sur scène quelques minutes pour saluer chaleureusement l'assistance, visiblement ravis de savourer l'énorme ferveur qu'ils ont déclenchée. Quant à Liam, il avait déjà quitté la scène avant même que le dernier titre ne se soit achevé. Putain de Gallagher.

Setlist :

0. Fuckin In The Bushes
1. Rock'n'Roll Star
2. Lyla
3. The Shock Of The Lightning
4. Cigarettes & Alcohol
5. The Meaning Of Soul
6. To Be Where There Is Life
7. Waiting For The Rapture
8. The Masterplan
9. Songbird
10. Slide Away
11. Morning Glory
12. Ain't Got Nothing
13. The Importance Of Being Idle
14. I'm Outta Time
15. Wonderwall
16. Supersonic

Rappel
17. Don't Look Back In Anger
18. Falling Down
19. Champagne Supernova
20. I Am The Walrus

 

 

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Opeth


In Cauda Venenum


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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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