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Critique d'album

The Who


Who Are You


(18/08/1978 - MCA - British rock - Genre : Rock)
Produit par Jon Astley, Glyn Johns

1- New Song / 2- Had Enough / 3- 905 / 4- Sister Disco / 5- Music Must Change / 6- Trick of the Light / 7- Guitar & Pen / 8- Love Is Coming Down / 9- Who Are You
Note de 4/5
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Note de 2.0/5 pour cet album
"Dark side of the Moon"
Etienne, le 03/07/2015
( mots)

A l’aube de l’année 1966, quatre jeunes britanniques fort inspirés chantaient leur génération au travers d’un des meilleurs premiers albums de tous les temps, enregistré d’après la légende en un seul et même après-midi. 13 ans plus tard, devenus eux-mêmes légendaires, les hommes de Londres peuvent se targuer d’avoir tout fait ou presque dans leur carrière: révolutionner la production studio (Quadrophenia), inventer l’opéra rock (Tommy), enregistrer un live de légende (Live At Leeds) et sortir un de dix albums les plus marquants de l’histoire du rock (Who’s Next). Pourtant, le groupe se questionne sur son identité avec Who Are You, dessinant à nouveau les contours d’un genre hybride, mélange de rock sauvage défraîchi et de new wave naissante. 


Minés par leurs addictions diverses, Townsend, Entwistle et Moon accouchent difficilement de Who Are You. Seul Daltrey semble équilibré, et pourtant son investissement dans cet album sera moindre et pas toujours opportun. Noyé dans les déboires de chacun, le groupe ne retrouve pas sa furieuse cohésion d’antan, celle qui dévastait les scènes du monde entier pour aboutir à un show anthologique, celle qui fusionnait quatre esprits géniaux en studio à des fins créatives exceptionnelles. La technicité qui époustouflait les précédents opus du groupe s’efface et Moon n’est même pas capable d’enregistrer le rythme en 6/8 de "Music Must Change", laissant un groupe résigné se passer de lui. La patte du batteur n’apparait d’ailleurs que très peu sur Who Are You, la part belle étant laissée aux expérimentations d’Entwistle qui submerge le groupe londonien de ses nappes de claviers appuyés ("New Song").


Quant au constat musical de ce Who Are You, c’est un mélange fragmenté de familiarités plaisantes et de curiosités consternantes. La musicalité novatrice d’un rock brut et assoupli porté par les synthétiseurs d’Entwisle déroute : "905" semble même tiré d’un mauvais album de Genesis. "Sister Disco" se veut plus réussie mais encore une fois trop portée sur des claviers qui ramollissent le rythme et affaiblissent les mélodies. Pourtant la deuxième partie de l’album présente un potentiel énergétique inexploité, tant le riff heavy de "Trick Of The Light" fait frissonner et laisse présager un sursaut de puissance. Moon retrouve un semblant de vigueur sur "Guitar & Pen", Entwistle la met enfin en veilleuse et Daltrey tente de pousser son chant éraillé au delà de ses propres capacités. Mais le constat implacable d’une jeunesse envolée s’impose: faussetés, couplets fragiles, refrains collectifs cache-misère, à l’instar de "Love Is Coming Down" les compositions des Who sont aussi faibles que désagréables. Pire, le groupe surjoue sa propre musique, envoyant le signal alarmant d’une formation se cachant derrière de piètres inspirations classiques, manquant d’audace et lassant un auditeur qui se détournera de tant de conformités. La chanson éponyme clôturant cet album reste le seul moment de grâce des Anglais, quand l’union de quatre âmes inspirées rend possible l’émergence d’un morceau entrainant et entêtant. "Who Are You" se veut la vitrine de tout ce que l’album recèle en termes d’influences, d’instrumentalisations et de mélodies. Elle restera d’ailleurs la seule chanson de cet album à accéder à la postérité, non pas pour son utilisation abusive en tant que générique TV, mais bien pour la qualité de la mise en musique subtile de cette interrogation identitaire un peu lourde.


Loin d’être une réussite musicale, ce dernier effort du line-up original des Who se veut pourtant troublant et présente une portée historique singulière. Précédent d’un mois la mort de son batteur d’une overdose médicamenteuse accidentelle, Who Are You s’affiche avec une pochette au macabre présage, montrant Keith Moon assis sur une chaise à l’inscription suivante : Not to be taken away. A la mort du batteur, tout le monde s’offusquera de cette coïncidence perturbante, laissant place à toute une gamme de théories du complot insensées, mais mettant malgré lui en lumière cet album tragique, adjectif relatif autant au fait divers suivant sa sortie qu’au piètre baroud d’honneur qu’il offre à Moon. Batteur extraordinaire, aussi fou derrière ses fûts que dans la vie, il aura sans aucun doute marqué une génération entière par un jeu rapide, fluide, inspiré et claquant. L’antithèse de l’autre référence de l’époque, John Bonham qui lui, s’abrogeant de toute retenue manquait alors d’une chose essentielle: la classe. Ironie du sort, ce même Bonzo suivra son défunt comparse dans son macabre destin quelques mois plus tard. Il est d'ailleurs étrange de voir à quel point la carrière de ces deux mastodontes du rock, Led Zeppelin et The Who sont similaires.


Au crépuscule de l’année 1978, la fracture musicale opérée par le groupe ne lui permettra pas de survivre à l’explosion du punk, de la new wave, du heavy metal. La nuit tombe, les Who avec elle. Et c’est une lune bien trop jeune qui s’élève dans le ciel, regardant ses trois frères de scène pleurer celui qui aura rythmé quinze années d’une carrière flamboyante: "See you on the dark side of the Moon".


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Commentaires
Etienne, le 06/07/2015 à 14:18
Mauvaise tournure de phrase qui avec un mot en moins prête à confusion. Mes excuses. En ce qui concerne le propos, le jeu puissant de Bonham (dû en partie au choix du matériau de son instrument) a le défaut de l'enfermer dans un style lourd, rond, en totale opposition à celui de Moon plus racé, plus fin et subjectivement plus classe. Le charleston est un élément beaucoup plus travaillé chez Moon que chez Bonham par exemple. De plus, Moon confère aux compositions des Who une intensité et une palette sonore complexe et unique, là où Bonham soutenait avec vigueur mais simplicité le Zeppelin. Attention, il n'est nullement question de remettre en cause les qualités extraordinaires de Bonham, simplement d'émettre un avis dissonant concernant l'admiration compassée dont il est parfois le sujet.
DD, le 03/07/2015 à 18:52
"L’antithèse de l’autre référence de l’époque, John Bonham, qui s’abrogeant de toute retenue, manquait alors d’une chose essentielle: la classe" : duquel des deux plus grands batteurs rock parlez-vous ? Dans les deux cas, je n'ose croire que vous parliez de musique...
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