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Critique d'album

The Who


Quadrophenia


(26/10/1973 - MCA - British rock - Genre : Rock)
Produit par The Who, Kit Lambert

1- I Am the Sea / 2- The Real Me / 3- Quadrophenia / 4- Cut My Hair / 5- The Punk and the Godfather / 6- I'm One / 7- The Dirty Jobs / 8- Helpless Dancer / 9- Is It in My Head? / 10- I've Had Enough / 1- 5:15 / 2- Sea & Sand / 3- Drowned / 4- Bell Boy / 5- Doctor Jimmy / 6- The Rock / 7- Love, Reign O'er Me
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"What's next ?"
Etienne, le 24/06/2015
( mots)

Questionnement pertinent en préambule de l’écoute de Quadrophenia, tant la bande à Pete Townshend a forgé sa légende avec son précédent opus, relevant purement et simplement du génie musical le plus indiscutable. Difficile donc de savoir comment passer la vitesse supérieure quand le moteur créatif a déjà atteint les limites de la zone rouge. À l’instar de Tommy, c’est en assumant un contrepied courageux, celui du concept album cher à ce diable de Townshend, que les anglais envisagent ce nouvel effort.


L’immersion dans ce Quadrophenia doit s’affranchir de quelques pré-requis indispensables pour satisfaire à l’intelligibilité d’une oeuvre complexe, autant dans sa musicalité que dans sa narration : phénix s’extirpant des cendres d’un étrange échec que fut le projet mégalomaniaque du groupe de créer un scénario sans film (le projet Lifehouse), Quadrophenia se veut la bande originale d’un film qui n’existe pas (mais qui, pas de chance, existera en 1979). Narrant la vie débridée du mod Jimmy, à la personnalité dissociative prenant les traits de caractère des quatre membres du groupe, l’album est dispensé en deux disques, plus qu’inégaux. Il est difficile de prétendre que ce clivage est volontaire tant les chansons courtes et débordantes d’une instrumentalisation chargée du premier disque contrastent avec les hymnes rock épurés du second, condamnant Quadrophenia à une écoute schizophrénique.


Comme pour s’émanciper des attentes suscitées par ce nouvel opus, Pete Townshend cherche son salut dans le travail de nouvelles sonorités, plus chaudes, apportant indéniablement du corps et du volume à la musique rugueuse des Who. Les cuivres sont légion et apposent eux seuls le sceau du renouveau sur Quadrophenia ("The Dirty Jobs", ou le refrain de "The Real Me"). Les claviers, poussés dans leurs retranchements synthétisés ("Cut My Hair"), engagent avec franchise les anglais dans cet album surprenant, à la production révolutionnaire pour l’époque. Bien au delà de simples additifs instrumentaux se superposant aux couches sonores rageuses des Who, ces innovations dominent les arrangements orchestrés par John Entwistle, reléguant Keith Moon au rang d’accompagnateur de luxe. À ce titre, la longue pièce éponyme de ce double album regorge de subtilités mélodiques magnifiant la composition de Townshend mais abstractisant sa perception.


C’est d’ailleurs un tort du concept album d’un point de vue plus général : son incessante volonté d’intellectualiser la moindre note, le moindre changement de rythme, le moindre souffle maladroit, rendant l’écoute digne d’un parcours du combattant, où le bon côtoie le mauvais, l’inspiré le fourvoyé, l’intelligible le délirant. "Helpless Dancer" ou encore "The Rock" sont des foutoirs incommensurables où tous les instruments sont mêlés dans un bric-à-brac sauvagement interprété, paradoxalement opposé aux sublimes arrangements zeppeliniens du superbe "I’m One" où Daltrey et son aura mystique envoute adroitement un auditeur quelque peu décontenancé par toutes ces variations de style. La douce acoustique d’"I’ve Had Enough" laisse le chanteur conter son mécontentement avant que la batterie de Moon ne prenne feu et que Townshend n’égratigne le manche de sa guitare de quelques furieux accords. Contrasté dans sa réussite, ce morceau est à l’image même de la diversité musicale présente sur Quadrophenia : un propos étayé sur des élucubrations étranges mais une musique directe d’où émane l’essence même du rock dur si singulier du groupe londonien.


Car The Who est une machine à hymnes rock intemporelle, l’intemporalité ne se mesurant pas au nombre de génériques de célèbres séries TV policières usant de morceaux du répertoire du groupe, bien heureusement. "The Punk and the Godfather" voit Keith Moon sortir de sa torpeur et s’affairer derrière ses fûts. Les vocalises endiablées de Daltrey, le groove inimitable de John Entwistle et, bien sûr, les furieux riffs de Townshend propulsent "5:15" ou "The Real Me" au rang de standards du groupe. Telle l’apothéose de Quadrophenia, "Doctor Jimmy" est la synergie idéale entre le son sauvage du groupe et les nouvelles expérimentations cuivrées de cet opus : une réelle cohésion musicale au service d’un propos intelligible. Et c’est avec une mélancolie palpable que les envolées éraillées de Daltrey concluent Quadrophenia avec un "Love, Reign O’er Me" culte, s’achevant dans un vacarme de décibels orageux, clap de fin du mod Jimmy.


A l’époque où sort Quadrophenia (fin 1973), quatres autres londoniens ont déjà brigué la paternité du plus grand concept album de l’année, voire du siècle. Les populaires Pin Ups de Bowie et Goodbye Yellow Brick Road d’Elton John feront de cet album des Who le Poulidor des charts US et UK. Si le groupe a su s’extirper du succès de Who’s Next, Quadrophenia se veut moins d’une oeuvre à considérer dans son ensemble que Tommy, et doit son succès à ses fulgurances et tubes incontournables qui le parcourent, point quand même dommageable pour un concept album. Un manque de grandiloquence et une narration bien plus brouillonne empêchent cet opus d’accéder à la postérité. Bien que musicalement très réussi et doté de singularités fascinantes, l’histoire de Jimmy est floue et son déroulement bien vague, le groupe se devant même d’expliquer chaque titre à ses fans avant leur interprétation en concert. 


L’aventure quadrophonique des Who s’achèvera dans une tournée rocambolesque, où les frasques d’un Keith Moon s’écroulant sur sa batterie, shooté aux somnifères pour chevaux, et la furie de Townshend détruisant les bandes sonores sur lesquelles le groupe jouait en live, amèneront les anglais à prendre congés de l’industrie musicale pour quelque temps. On ne les retrouvera jamais vraiment. Ce qui donne à ce Quadrophenia un écho bien spécial, résonnant comme le chant du cygne d’un groupe culte. Les qui ?


Chansons conseillées: "The Real Me", "I'm One" et "5:15"

Le trailer du film Quadrophenia sorti en 1979, soit 6 ans après l'album.

Commentaires
Wilburnzesky, le 09/09/2016 à 13:02
Manque de grandiloquence???!!! Bigre, on a pas du écouter le même album^^
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