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Critique d'album

Temples


Volcano


(03/03/2017 - Heavenly, Fat Possum - Psyché pop/rock - Genre : Pop Rock)
Produit par James Bagshaw

1- Certainty / 2- All Join In / 3- I Wanna Be Your Mirror / 4- Oh! The Saviour / 5- Born into the Sunset / 6- How Would You Like to Go? / 7- Open Air / 8- In My Pocket / 9- Celebration / 10- Mystery of Pop / 11- Roman God-Like Man / 12- Strange or Be Forgotten
Note de 3/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"La pop psychédélique dans ce qu'elle a de plus fédérateur. Incontournable en 2017."
Nicolas, le 20/03/2017
( mots)

“Le seul reproche que l’on pourrait formuler à Sun Structures, finalement, serait un manque d’accessibilité, d’immédiateté, d’attachement et de fédération”. Voilà ce que votre serviteur écrivait à l’époque où sortait le premier album de Temples, un disque encensé comme le renouveau du rock psyché alors que le courant était porté par des non-anglais comme MGMT ou Tame Impala. Vanté par Noel Gallagher et Johnny Marr, le carré tracté par le plénipotentiaire James Bagshaw - c’est lui qui écrit, compose, enregistre, chante et joue de la guitare - promettait de grandes choses mais laissait encore sur sa faim. À l’écoute de ce Volcano tout feu tout flammes, on a presque l’impression que le jeune chevelu timide a pris pour argent comptant la remarque ci-dessus. D’où l’engouement, d’où l’enthousiasme, d’où la note.


A croire que le psychédélisme peine à s’accommoder d’un songwriting moderne et d’un apparat de guitares… en effet, Volcano reprend exactement la même entourloupe que le toujours aussi fabuleux Currents de Kevin Parker : composer des titres frontaux, miser sur une production rutilante et équarrir les cordes électriques pour privilégier les claviers en tous genres. Et ça marche. La voix évanescente de Bagshaw se marie parfaitement avec les synthétiseurs rêveurs d’Adam Thomas Smith qui prennent ici une importance considérable, tout comme avec la batterie lourde et grave de Samuel Toms. “Certainty”, lancé en ambassadeur il y a quelques mois, annonçait déjà la couleur avec son binaire cadencé, ses nappes gorgées de LSD et ses gimmicks baveux enjôleurs, mais ce qui frappait surtout, c’était la pertinence mélodique du morceau, ce chant lascif s’écoulant naturellement en passant par tous les stades émotionnels, ces allées et venues d’une gamme à l’autre d’une redoutable pertinence. Un single efficace, clinquant et aliénant qui ne pouvait que présager du meilleur, mais à ce stade, on ne pouvait pas encore se douter que le niveau ne redescendrait pas avant la fin des 48 minutes et quelques que dure l’album.


Car Volcano ne faiblit pas. D’autres titres se révèlent tout aussi réussis que “Certainty”, comme le sémillant “I Wanna Be Your Mirror” et sa ritournelle confondante de naïveté, ses guitares crâneuses - car oui, il y en a -, son couplet en béton armé fourmillant de pirouettes sonores, la placidité qui n’a d’égale que la force persuasive de la mélodie. Complexe dans sa structure, la chanson épate par sa justesse de ton, sa relevance. Au rang des autres grands hits, on citera “Oh The Saviour”, débutant en acoustique à la Syd Barrett avant de s’embraser, la mèche étant allumée une fois encore par des claviers impériaux ; “Open Air” avec sa rythmique balancée, ses chœurs hagards et sa force de persuasion ; ou “Mystery Of Pop” qui, là encore, joue sur un riff instrumental et vocal assez irrésistible, ce qui n’empêche pas le développement du morceau de s’effectuer en toute candeur. Volcano sait aussi faire preuve de variété, contrairement à ce qu’une écoute dilettante pourrait laisser penser. Tout paraît simple, simpliste même, mais il n’en est rien. L’humeur peut se faire plus sombre, presqu’en bad trip dont on ne réchappe qu’à la force d’un chanteur qui vient nous repêcher après nous avoir entraîné par le fond (“All Join In”), ou alors au contraire plus guillerette, toute l’armada sonore de Temples se mettant au diapason dans une certaine fébrilité entre deux instants de relâchements (“Born Into The Sunset”). Quand le tempo se pose, la voix peut se développer, se démultiplier, se charger d’échos et résonner dans tous les sens entre les spirales de synthétiseurs (“Celebration”), ou au contraire s’abandonner à la force d’un crépuscule surnaturel, quasi-apocalyptique mais porteur d’un espoir de béatitude (“How Would You Like To Go?”). Certains morceaux vont même très loin dans les élucubrations cérébrales : début en acoustique claqué, ajout progressif de stroboscopes tintinnabulant, déballage de batterie, ascension vocale à l’hélium vers une lumière multicolore, “In My Pocket” prouve que la poche en question est vaste et qu’elle recèle bien des secrets.


Y compris dans ses derniers retranchements, Temples sait séduire avec brio. Dans un registre moins aérien bardé d’une testostérone fantasmée (la voix moins aiguë et la tonalité plus directe de “Roman God-Like Roman”) comme dans des chassés-croisés de nuances et d’émotions (“Strange Or Be Forgotten”). Volcano ne faiblit pas, donc. Bien sûr, le discours ne passera pas aussi facilement chez tout le monde : la voix suave et haut perchée peut agacer, la production tape à l’œil peut agacer, l’esthétisme psyché bigarré peut agacer. Mais en terme de composition, d’écriture, de fédération, Temples se pose là. Si l’on passe outre les griefs ci-dessus - et en définitive, ce n’est pas si compliqué que ça -, ce volcan ne risque pas d’entrer en sommeil dans votre discothèque et aura tôt fait de squatter vos platines de longues semaines durant - sans parler des émissions de télé réalité immobilières d’M6, mais là, le critère est sans doute moins reluisant. Bref, d’ores et déjà l’un des disques de 2017.

Note de 3.0/5 pour cet album
"De bons morceaux en partie gâchés par une production dégoulinante. Attention à l'overdose."
Valentin, le 20/03/2017

Un album de B-sides de Tame Impala. Voilà comment on aurait pu vous prémâcher ce Volcano si on s’était exposé au monde impitoyable mais très divertissant de la mauvaise foi. Pour être tout à fait honnête, l’auteur de ces lignes était il y a quelques jours à deux doigts de tomber dans ce genre de facilités : à trop vouloir saisir l’intérêt d’un album qui nous laisse complètement de marbre à première vue, on finit souvent – et assez bêtement – par s’en dégoutter.  Mais il faut bien comprendre les raisons derrière cette abnégation : moi qui vit quotidiennement avec une dépendance maladive envers les deux premiers MGMT, qui aime tant m’abandonner au groove de “Let it Happend” et au charmant falsetto de son géniteur, comment est-ce possible que la pop psychédélique de ce Volcano me touche aussi peu ? Cette quasi indifférence s’est donc presque transformée en écœurement au fil des écoutes : alors qu’on s'enlise lentement dans cet univers de sons bigarrés, surpeuplé de figures géométriques inconnues ou indiscernables, il apparaît que chaque pression du bouton play de mon vieux baladeur fait ici le même effet qu’un de ces space cookies vraiment mal dosés. Car oui, malgré d’excellents morceaux en entrée de piste, les gars de Temples se sont à moitié plantés sur ce deuxième essai, à un point où seuls les estomacs les plus expérimentés pourront éviter l’indigestion d’arc-en-ciel.

 

Présenté quelques mois plus tôt en apéritif, "Certainty" avait pourtant tout pour lui. L’avalanche de couleurs impressionne de maîtrise dès les première secondes, grâce à cet alliage de réverbération, de chorus et d’effets en tout genre qui transcende chant et synthétiseurs à chaque seconde, le tout finalement canalisé dans une structure ultra frontale qui permet enfin à Temples de prétendre à l’universalité. Un peu plus loin, l’appel à l’aventure candide qu’est "(I wanna be your) mirror" marque un pas supplémentaire dans cette direction tout en laissant d’avantage d’espace aux guitares et en complexifiant les motifs mélodiques au passage, pour un mélange final saisissant de beauté. La subtile rupture mélodique et rythmique qui sépare le refrain du reste est également remarquable : on se laisse alors balader d’un songe carnavalesque à l’autre, sans jamais que le sensible ne se rappelle à nous. En démarrant l’album ainsi, le groupe anglais nous fait implicitement une promesse, celle de proposer une odyssée psychédélique moderne, intelligente et accessible, aussi capable de rivaliser avec ses contemporains qu’il s’agisse des patrons de The Flaming Lips ou du fougueux Kevin Parker.

 

Puis Temples commence à montrer ses failles. On ne va pas s’étaler sur les enjeux artistiques et techniques de la production puisque Nicolas a déjà bien balayé le sujet lors de son dernier édito. Toujours est-il que nous sommes ici en présence d’un cas d’école, puisque James Edward Bagshaw - qui produit le groupe depuis le sympathique Sun Structures en plus d'en être le frontman - semble s’être ici bien trop investi dans le rendu sonore de son album, au dépend des chansons elles-mêmes. Dès lors, le cœur de Volcano ennuie, fatigue, insupporte. Déjà par son manque d’ambition – non, faire de la pop n’est pas une excuse pour reproduire les mêmes structures simplistes sur tout un album - mais surtout par l’usage excessif de ces mêmes sonorités boursouflées, qui perdent un peu plus de sens et de pertinence à chaque nouvelle itération. Avec des lignes mélodiques molles et plates comme une soirée en Beauce, "How Would you Go" était pourtant déjà bien balourde avant que la production ne vienne tuer le peu d’âme du titre. Pourquoi abuser à ce point de réverbération, en particulier pour les claviers qui s’en retrouvent étouffés, dénués de toute émotion ? Pire encore, les riffs introductifs de "Open Air" ou de "Celebrations" débordent complètement de niaiserie en plus d’être balancés avec aussi peu de finesse. Si la musique pouvait directement jouer sur votre taux de glucides, nul doute qu’une écoute répétée de ces deux titres vous rendrait diabétiques. Heureusement, tous les morceaux ne se révèlent pas aussi insupportables. Sans atteindre les hautes sphères, "Oh The Saviour" et ses parties acoustiques restent très appréciables, on croirait même sentir un peu de retenue dans le chant et la production dans ce titre qui parait comme le plus aéré du disque. Et dans un album au son aussi dense que celui-ci, toute forme de respiration est la bienvenue.

 

Avec un peu de recul, l’écoute de ce Volcano demeure donc assez paradoxale. Imaginez une boîte remplie de vos sucreries favorites, le genre qui vous donnerait un sourire idiot mais satisfait à chaque nouvelle bouchée. Pas si sûr qu’il en soit de même si vous engloutissez tout le paquet d’un coup, et c’est un peu ce que se passe ici avec Temples : pris en dehors du contexte du disque, les morceaux sonnent bien – voire très bien – mais c’est bel et bien dans ce cadre assez formaté qu’est l’album studio qu’on doit en premier lieu les supporter. Et le fait est que la lecture de ces douze morceaux à la suite met en exergue un bon nombre de défauts qui salissent suffisamment la musique des anglais pour la rendre éreintante sur la longueur, que ce soit la production bien trop envahissante, les compositions qui manquent de charisme ou, pour les plus exigeants, une voix de tête à la limite du supportable. On espère donc que la bande de James Bagshaw saura par la suite se focaliser sur l’essentiel, quitte à mettre un peu de côté l’artillerie lourde de ce Volcano afin de développer un peu leur songwriting et leur personnalité , car de ce côté-là, on voit mal ce qui les ferait survivre à l’épreuve du temps.

 

Morceaux conseillés : "Certainty" ; "(I wanna to be your) mirror" ; "Oh the Saviour"

Note de 2.5/5
Un bric-à-brac bigarré de sonorités psychédéliques boursoufflées, déballées sans retenue ni finesse pour compenser un manque criard de mélodies et un chant à la limite du supportable par instants. Quelques pépites radio ci et là ("Certainly", "Open Air") viennent donner un peu de relief à ce "sous Tame Impala" sans grande saveur.
Note de 4.5/5
Après l'excellent Sun Structures, le groupe Temples frappe encore plus fort avec ce Volcano. Rarement un rock psychédélique aura été à la fois si chiadé et accessible. Laissez-vous tenter, vous ne serez pas déçu. La barre est placée très haute pour cette année 2017.
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