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Critique d'album

Tame Impala


Currents


(18/07/2015 - Fiction - Interscope - Rock psychédélique, Dream Pop, - Genre : Rock)
Produit par Kevin Parker

1- Let It Happen / 2- Nangs / 3- The Moment / 4- Yes I'm Changing / 5- Eventually / 6- Gossip / 7- The Less I Know the Better / 8- Past Life / 9- Disciples / 10- 'Cause I'm A Man / 11- Reality In Motion / 12- Love/Paranoia / 13- New Person, Same Old Mistakes
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Le rock laisse place à la pop, mais la classe de Kevin Parker demeure ineffable."
Nicolas, le 31/08/2015
( mots)

Rythmique psychotique, ligne de synthétiseur frêle, basse ronde et bondissante à souhait, voix aliénante dans sa fragilité résignée, “Let It Happen”, le morceau d’ouverture de Currents, fait mouche dès les premières secondes et ne lâche plus l’auditeur malgré plus de sept minutes au compteur. Un coup de maître ès pop comme on en voit rarement, un monument qui devrait - et l’avenir nous le dira - éclipser quasi-irrémédiablement les “Time To Pretend” et autres “Kids” de MGMT. Preuve en est, s’il fallait encore en douter, du talent monstre de Kevin Parker, le maître à penser, à composer, à jouer, à chanter, à produire et à mixer de Tame Impala, faux projet solo du grand manitou psychédéliste australien. Et alors que Innerspeaker et Lonerism pouvaient parfois décontenancer les auditeurs les moins avertis de par quelques divagations hallucinogènes à tendance bruitistes-onanistes, ce troisième album taillé pour les dancefloors risque bien de faire un malheur et de propulser son géniteur dans une toute autre stratosphère.


Corollaire de ce qui précède, Currents marque une rupture dans l’oeuvre de Parker, celle qui sépare le rock de la pop. Ici, les guitares ont (quasiment) disparu et ont laissé place à des claviers clinquants, tandis que la basse, dont les lignes ont été particulièrement soignées, cimente le socle de chaque morceau. La psyché early 70’s, base influentielle de l’australien chevelu, se décale temporellement de quelques années pour venir désormais titiller le disco à tendance Staying Alive. Et tandis que les voix robotisées de “Let It Happen” closent avec brio le colosse introductif sur une séquence qui pourrait encore durer des plombes, on ne peut s’empêcher de penser à Daft Punk et à son Random Access Memories, outre les habituels appels du pied aux chantres du neo psyche revival. Sauf que vous vous en souvenez, on restait dubitatif face au vrai succès populaire du duo Banglater - De Homem Christo qui, néanmoins, se montrait aussi superficiel dans sa relecture disco que flemmard dans le nerf de ses compositions. Deux défauts qui ne sont absolument pas présents sur ce disque-ci, tant l’écriture apparaît léchée et peaufinée dans ses moindres détails, et surtout tant les influences passées ont été à ce point digérées qu’on en obtient une oeuvre aussi nouvelle que rafraîchissante. Vous doutiez jusqu’ici du talent de Tame Impala ? Inutile de dire que le doute n’est plus permis.


Et si “Let It Happen” emballe comme un dieu (ou une déesse selon le sexe de l’auditeur), le reste de l’album, quoique plus mesuré dans son tempo, n’est pas en reste. Oh certes, on reprochera toujours à Kevin Parker quelques facéties un peu agaçantes dans leur redondance, cette tendance à jouer sur de pseudo sautes de courant, cette façon d’user et d’abuser d’effets de disque rayé sans parler d’autres expérimentations parfois oiseuses (cf une voix off digne de Dark Vador dans “Past Time”, seul titre réellement dispensable du lot), mais le fait est que malgré ces petites fragilités - auxquelles il faudrait voir à ne pas donner trop d’importance - la musique de Tame Impala fait preuve d’une robustesse absolument effarante. Ce d’autant que la structure du disque ne répond pas aux canons en vigueur : ici un single pantagruélique, là quelques intermèdes instrumentaux concis et oniriques, et au milieu du lascif et du balancé, du friable et du béton armé, de la ligne droite bien lisible et des lacets trompeurs. Currents ne laisse pas indifférent et offre une écoute riche et active, sans pour autant qu’on ne puisse y prendre du plaisir à la sauvette si l’envie nous en prend. Et pour ceux qui aiment se repaître des détails, une écoute sélective centrée sur la basse s’impose tant les lignes de quatre cordes s’avèrent magiques, tout à tour fluides, sensuelles et bondissantes. Du grand art.


Un art qui flamboie d’emblée pour venir soutenir les nappes de synthé de “The Moment”, grande ode rêveuse au rythme langoureux et au chant perdu dans sa réverb’, et qui luit jusqu’à l’entêtante conclusion du disque, “New Person, Same Old Mistakes”, épatante de par sa redondance voulue et ses stupéfiantes superpositions de parties vocales qui transportent la dichotomie des paroles dans une autre dimension pop. Une pop omniprésente, qui s’abandonne plus tôt à l’un des rares moments fuzzé du disque, “Eventually”, tout en contrastes de cordes grasses et de voix éthérées, de comblement d’espaces et de silences en apesanteur, de souffles fougueux et d’apnées réparatrices. Et puis la pop revient, discoïde, taquine, Bee Geesienne, sur le candide “The Less I Know The Better”, imparable, même pas kitsch ni même rétro. Du neuf avec du vieux, peut-être, mais du neuf qui rutile, qui fait briller ses chromes, nettoyé à sec, lustré, peigné et parfumé avec goût et modernité. De belles choses encore avec des titres comme “Disciples” très MGMT - encore - dans l’esprit et le traitement, même si ici le disciple dépasse les maîtres, ou “Cause I’m A Man”, slow à l’ambiance tropical dream, une ambiance rappelant parfois les rares trips béats de l’anxiogène Mezzanine de Massive Attack (cf “Exchange”) tout comme les indolents “Nangs” et “Gossip”, ces fameux intermèdes évoquant un songe au sein duquel des poissons multicolores voleraient dans un ciel fushia.


Mais ce qui fait toute la différence avec la concurrence, c’est la qualité du songwriting. Kevin Parker a beau être un maniaque des studios, un bidouilleur de pédales, un explorateur de sons, un chercheur dans l’âme, il n’en reste pas moins un compositeur particulièrement habité. On peut évoquer des ritournelles qui vont nous rester dans la tête tout le reste de la journée, “Reality In Motion” et ses digressions vocales sur fond de grands accords baveux, “Love / Paranoia” et ses montées et descentes de gamme, mesurées, tendres et tristes. Mais on pensera avant tout à “Yes I’m Changing”, l’autre coup de maître de Currents, une mélodie nostalgique si prégnante qu’elle vous hante pour ne plus vous lâcher, avec toujours une sensibilité, une intelligence, une pudeur dans l’arrangement qui imposent le respect.


Alors respect, Mr Kevin Parker, votre Currents est au moins aussi réussi que votre Lonerism tout en étant - presque, faut pas pousser quand même - diamétralement opposé. C’est quand on écoute un artiste tel que vous que l’on a envie de dire à tous les frustrés qui pensent que le rock et la pop n’ont plus rien à dire depuis les années 70 qu’ils ratent définitivement leur vie. En tout cas, votre “Let It Happen” est d’ores et déjà le tube de cet été qui s’achève. Quant à savoir si votre Currents sera l’album de l’année… au stade où nous en sommes, et mis à part Foals, on voit mal qui sera en mesure de vous surpasser en 2015. Comme ça, c’est dit.

Note de 4.5/5
Kevin Parker embrasse l'electro et la dance pour un résultat tout bonnement saisissant : la voix frêle et pénétrante de l'homme à tout faire épouse à merveille ce revirement pop empreint d'un psychédélisme ensorcelant et synthétique. Un chef-d'œuvre absolu qui vaut indéniablement à Kevin Parker le titre de génie.
Note de 1/5
Rien à faire: Tame Impala, ça ne passe pas. Et c'est une grande consommatrice d'indie pop qui vous parle... Ça commence pourtant bien avec la lumineuse "Let It Happen". Puis ça se noie dans les synthés et la reverb en lorgnant du côté d'un son pseudo-vintage. Résultat, ça sonne comme du mauvais Sébastien Tellier. Et cet artwork... Au secours !
Note de 4/5
L'effrayant revirement électro annoncé se veut d'une maîtrise effarante et d'une justesse folle. Cohérent et entraînant, Tame Impala délivre toute son aérienne richesse mélodique pour mieux toucher son auditoire. Un coup de cœur et un sérieux prétendant au titre d'album de l'année. Mention spéciale pour "Yes I'm Changing", superbe.
Commentaires
Etienne, le 31/08/2015 à 13:42
Plus les écoutes passent, plus le génie créatif de Kevin Parker se révèle encore et encore et magnifie ce qui est à ce jour l'album de l'année.
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Critique d'album

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