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Critique d'album

Tame Impala


The Slow Rush


(14/02/2020 - Interscope / Caroline - Rock psychédélique, Dream Pop, - Genre : Rock)
Produit par Kevin Parker

1- One More Year / 2- Instant Destiny / 3- Borderline / 4- Posthumous Forgiveness / 5- Breathe Deeper / 6- Tomorrow's Dust / 7- On Track / 8- Lost In Yesterday / 9- Is It True / 10- It Might Be Time / 11- Glimmer / 12- One More Hour
Note de 4/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"T'es même pas là (OK, elle est facile)"
Nicolas, le 06/03/2020
( mots)

On avait laissé Kevin Parker et son Impala Apprivoisé en pleine gloire avec un sémillant Currents qui affichait crânement sa couleur pop psyché dancefloor-friendly sans se départir d’une immense classe et d’un songwriting à l’avenant. 2015 marquait ainsi le triomphe de ce projet originaire de Perth et de son talentueux homme-orchestre, couronnés de deux ARIA Awards et d’un APRA Award (récompenses musicales australiennes). Dire qu’un tel triomphe ne laisserait personne indemne relève dès lors de l’euphémisme. Fanboy avant l’heure des acteurs modernes de la scène pop et hip hop, et suite à une médiatisation amplement méritée, Parker ne s’est pas fait trop prier pour accepter de produire les plus grands, de Kalis Uchis à Lady Gaga, de Kayne West à Travis Scott. Le temps passant, on se demandait comment le petit prodige aux allures de Christ New Age allait pouvoir donner suite à ses émoluments discographiques, et ce n’est que l’an passé que l’on a vu poindre deux singles indolents, “Patience” et “Borderline”, censés annoncer une sortie prochaine. Las : c’est presque une année de plus qu’il a fallu patienter pour enfin découvrir le 4e LP de Tame Impala paré de sa sublime pochette carmine ensablée. Autant dire que les attentes autour de The Slow Rush étaient grandes, et qu’elles ne sont malheureusement pas toutes comblées. Loin s'en faut, même.


Si “Patience” ne se retrouve finalement pas sur la tracklist, ce n’est sans doute pas un mal, même s’il n’aurait pas fait tâche sur The Slow Rush. Le titre entérine le virage voulu ouvertement pop par Kevin Parker, couleur déjà nettement présente sur Currents mais ici quasi exclusive. La guitare se voit réduite au rôle de faire valoir, d’enjolivement annexe, supplantée sans autre forme de procès par la basse - pas spécialement sur “Patience” ceci dit - et surtout par les synthés qui réalisent une sorte de croisement vintage-moderne, à la fois rétro futuristes et complètement dans l’air du temps, mordorés, tour à tour éthérés et chatoyants. La langueur qui baigne ce single ne pose pas spécialement souci dans l’absolu, mais elle questionne, d’autant qu’elle ne s’accompagne pas d’une ligne mélodique aisément identifiable. Comme single radio friendly, on a vu bigrement mieux (au hasard, “Let It Happen”). Le souci est que cette torpeur extatique règne sur quasi tout l’album qui nous occupe ici (The Slow Rush pouvant se traduire par : “la lente ruée”), et en cela toutes les craintes soulevées par “Patience” se trouvent confirmées. Dès l’introductif “One More Year”, la messe est dite : synthèse vocale sous LSD égrenée en boucle, voix fantomatique et lointaine de Parker soutenue par une quatre cordes lascive et quelques giclées de gratte, on peine à voir où le sorcier australien souhaite nous entraîner. L’entame du disque intrigue plus qu’elle ne passionne, et pire, elle ennuie plus qu’elle ne convainc au fil des écoutes. C’est autant vrai sur un “Instant Destiny” à la solarité naïve que sur le balancé “Borderline”, réussi mais sans plus, qui se singularise surtout dans ses envolées de flûte comme échappées des 70’s et son refrain qui joue de répétitions obnubilantes. On pense alors que le tempo va remonter, mais même pas : “Posthumous Forgiveness” enfonce le clou dans l’apathie béate en faisant une impasse dommageable sur la mélodie et en s’appuyant un peu trop sur les claviers baveux. On touche là à une carence assez symptomatique du disque : une écriture au mieux banale, au pire peu inspirée. Avouez qu’on a connu meilleur démarrage...


The Slow Rush est-il pour autant à jeter dans son intégralité ? Non, fort heureusement, car il arrive à séduire par épisodes. On pense à la permanence rêveuse de “Breathe Deeper” et ses accroches vocales en montagnes russes, pour le coup aussi délicates que cadencées ; mais aussi au seul réel coup de génie du disque, “Lost In Yesterday” qui, enfin, donne un peu de peps à l’ensemble. La basse se voit ressuscitée, l’air se montre intéressant voire séduisant, le tempo remonte, et le refrain tout en nuances achève de convertir l’auditeur. Quel dommage que le morceau n’arrive qu’en huitième position ! On retiendra également “Is It True” qui lui fait suite, invitation au gigotage cool et vaguement halluciné qui s’appuie sur une science rythmique à toute épreuve, mais aussi - dans une moindre mesure - “It Might Be Time” qui apporte un peu de chair et de lourdeur instrumentales par instants, ou le conclusif et étrange “One More Hour” qui retrouve un peu d’esprit rock dans sa dernière moitié.


Pour le reste, on ne peut que déplorer la paresse de The Slow Rush, recyclant ici des couleurs 70’s psyché datées sans leur redonner de cachet (“Tomorrow’s Dust”), là une recette de slow éculée qui ne se démarque que par quelques tintements synthétiques en apesanteur (“On Track”, banal), là encore un intermède recuisinant sans beaucoup de bonheur les recettes de Daft Punk (“Glimmer”). Bien sûr la production se révèle impeccable, mais on ne comprend pas forcément ce qui a conduit Parker à tant de fignolage car, après tout, il n’y a là rien qui puisse se détacher des standards pop actuels. Bien sûr le disque se révèle écoutable, voire même captivant par moments, mais on en attend plus, bien plus de la part de Tame Impala au regard de sa discographie passée. À l’écoute de ces cinquante-sept minutes de ruée lente, on ne peut s’empêcher de trouver le temps long, ce qui est quand même un comble. Il ne s’agit pas encore une fois de conspuer cette hégémonie de la pop qui enfonce un peu plus le rock dans sa fange, étant entendu que le virage a été pris il y a de cela cinq ans maintenant par Kevin Parker. Simplement de marteler une évidence : Currents, dans un genre très voisin, se révélait autrement plus réussi. C’est dit.

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