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Critique d'album

Black Temple


It All Ends


(28/08/2015 - Razzia Notes Records - Punk - Stoner - Genre : Hard / Métal)
Produit par Magnus Lindberg

1- Unlikely Event / 2- Acid Rain / 3- Great Things / 4- Difficult Journey / 5- Oncoming Fire / 6- Lowpoints / 7- Sleep With The Stars / 8- 100 Years / 9- Sleepy River
Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Brut mais entêtant, répétitif mais singulier, pour Black Temple tout commence avec It All Ends."
Etienne, le 04/09/2015
( mots)

Le froid glacial suédois catalyse certainement le processus de composition de chaque musicien tant le pays a toujours fourni des formations et des artistes majeurs de la scène internationale. On vous épargnera l'évocation du célèbre quatuor pop mixte afin d'éviter le fredonnement intempstif de leurs tubes pendant les deux prochaines heures qui suivront la lecture de cette chronique. Plaisanterie à part, la scène métal doit beaucoup à des formations comme In Flames, At The Gates, Opeth ou HammerFall et voit encore aujourd'hui émerger des groupes plus que prometteurs comme Ghost, et ces diables de Black Temple. Initialement connus sous le nom d'Odyssey, leurs prestations scéniques depuis 2010 sont à chaque fois le théâtre de massacres instrumentaux, au sens propre du terme, rappelant à chacun les grandes heures de la bande à Cobain. Loin d'être un gage de qualité pour autant, cette démonstration (un peu) vigoureuse d'énergie a eu le mérite d'attirer les yeux sur ce trio composé de musiciens aux influences diverses, des Beatles au rock garage des années 70, en passant par le hardcore punk plus moderne. A l'écoute de ce premier effort de Black Temple, les influences sont palpables mais force est de reconnaitre que le groupe a une signature sonore très singulière, mélange de punk enragé et d'un froid rock alternatif, le tout lorgnant méchamment vers un subtil stoner.


Ce premier effort des suédois remplit sa mission d'initiateur au rock qui tâche de Black Temple et fournit au cours de ces neuf titres un son sauvage et distordu, sans pour autant verser dans une violence incontrolable et fatigante. D'une cohérence indéniable, on se plait à retrouver un certain nombre d'influences notoires ci et là, les structures alambiquées de certains phrasés rappelant sans mal Mastodon ("Acid Rain") et les riffs et cassures rythmiques le Biffy Clyro pré-Puzzle ("Great Things"). Mais c'est dans le chant et sa forte accentuation de certaines syllabes, principalement en début de phrases, que l'ombre de Perry Farrell plane sur Witold Östensson et ses vocalises chancelantes ("Difficult Journey"). Même si son lyrisme saccadé est particulièrement restreint en terme de spectre vocal et de variations mélodiques, force est de constater que le jeune chanteur délivre avec sincérité un vrai chant garage rock, fragile et aïgu, loin des vagissements abrasifs des formations métal scandinaves. Une sobriété dans le chant qu'on retrouve sur un artwork glacial, curieux et engageant, qui dégage une stature, une force mêlée à un sens certain de l'art nordique, qui n'est pas sans rappeler nos locaux de Glaciation.


Emergent de cet album répétitif dans la construction de ces chansons comme dans ses mélodies, deux titres particulièrement efficaces ("Oncoming Fire" et "Lowpoints") situés étrangement en plein milieu d'album l'un à la suite de l'autre et présentant un fracture courageuse tant les quatre premiers titres semblent posséder la même progression d'accords et les mêmes couplets braillés. Le premier titre, accessoirement le plus long de l'album, monte en température à grands coups de riffs stridents et spatiaux avant d'entamer une longue phase troublée de couplets lourds et de ponts plus roulants. Pièce complexe et peu intelligible dans ses intentions, "Oncoming Fire" reste pourtant particulièrement bien exécutée et après un pont chaotique retombe sur un refrain finalement entêtant, pour se conclure sur quelques délires instrumentaux et larsens anodins laissant le silence s'installer graduellement. "Lowpoints" voit quant à lui un chant beaucoup plus en retrait servir un morceau brut, riche en décibels et accords gras, dont l'introduction rappelle l'espace de quelques secondes "Unlikely Event" ouvrant l'album. Les chants plaintifs d'Östensson sur la conclusion toute en flanger qu n'aurait pas renié Van Halen se greffent remarquablement à la sauvagerie des mélodies du trio. Si en somme, ces deux titres à fort caractère identitaire sont les moments clés de l'album, c'est aussi que les morceaux restants peinent à se démarquer les uns des autres et semblent embourbés dans une mélasse punk frigorifique.


Assez peu variés rythmiquemment, les titres s'enchainent sans liant notoire et s'achèvent tous aussi abruptement les uns que les autres. Si on distingue très bien les passages d'une piste à l'autre, on distigue beaucoup moins les pistes entre elles, même si le refrain de "Great Things" ou l'introduction de "Difficult Journey" nuancent un ensemble terni par ce trop plein de similitudes mélodiques. Pour autant, la fin de l'album, très court au demeurant (une trentaine de minutes), voit les suédois s'essayer à quelques variations de style, oubliant le chant poussif d'"Acid Rain" sur le refrain plus sobre de "Sleep With The Stars", faisant encore écho à ces diables d'écossais de Biffy Clyro. Ce même titre sera même le théâtre de l'exécution expresse d'un solo de guitare tout en longues notes tirées, pas franchement un modèle du genre, mais pas franchement désagréable non plus. Et c'est en variant enfin son tempo que Black Temple décide de conclure son premier effort, sur un lent et lancinant "Sleepy River", qui laisse l'auditeur perdre pied dans une ambiance noire avant d'asséner des riffs ravageurs soutenus par une batterie affolée. Le long accord de guitare s'éteignant à petit feu et achevant l'écoute ne sera pas sans rappeler ce bon vieux "In Bloom".


La plongée dans l'inconnu de Black Temple se veut donc particulièrement intéressante et marque les esprits, autant par sa signature sonore très singulière que par son manque de rigueur dans les compositions et ses maladresses de constructions. Ces erreurs de jeunesse ne doivent pas masquer les qualités indéniables des suédois qui peuvent se targuer de compositions entrainantes et énervées, recelant de petits diamants bruts et de détails qui laissent présager le meilleur. Laissons maintenant le groupe tourner en Europe avec In Flames et The Sword et gageons que la proximité de ces formations majeures leur apportera maturité et envie, sans pour autant atténuer ce grain de folie plus que plaisant.


Chansons conseillées: "Oncoming Fire" et "Lowpoints"

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