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Critique d'album

Soft Machine


The Soft Machine (Vol. II)


(05/09/1969 - ABC / Probe - Jazz Rock Psychédélique - Genre : Rock)
Produit par

1- Pataphysical Introduction (Part I) / 2- A Concise British Alphabet (Part I) / 3- Hibou, Anemone & Bear / 4- A Concise British Alphabet (Part II) / 5- Hulloder / 6- Dada Was Here / 7- Thank You Pierrot Lunaire / 8- Have You Ever Been Green / 9- Pataphysical Introduction (Part II) / 10- Out Of Tunes / 11- As Long As He Lies Perfectly Still / 12- Dedicated To You But You Weren't Listening / 13- Fire Engine Passing With Bells Clanging / 14- Pig / 15- Orange Skin Food / 16- A Door Opens And Closes / 17- 10:30 Return To The Bedroom
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Le deuxième album des pionniers du jazz rock. Pop, barré, sensible et spontané."
Geoffroy, le 27/01/2010
( mots)

La tournée qui suit le premier album de Soft Machine est un véritable calvaire pour les trois musiciens qui achèvent cette dernière déçus et épuisés, avec la décision de rompre Soft Machine. Ainsi Robert Wyatt reste à New York pour enregistrer quelques morceaux solos, Mike Ratledge rentre à Londres et Kevin Ayers s’en va faire la cour aux jolies filles d’Ibiza et de Majorque à l’aide de son ukulélé et de sa voix suave et langoureuse. Mais chose imprévue, le patron de Probe, label du groupe, rappelle un beau jour Robert Wyatt pour lui demander une reformation de Soft Machine, argumentant savamment sur le fait que les musiciens avaient signé pour deux albums et qu‘ils se devaient d‘honorer leur contrat.

Pas très enclin, le chanteur contacte son ami claviériste qui lui aussi accepte à contrecœur. Léger souci, leur bassiste épicurien semble introuvable, trop occupé à conter fleurette, boire du vin et profiter du soleil des plages espagnoles pour donner de ses nouvelles, et c’est ainsi que Hugh Hopper intègre pour de bon le groupe en lieu et place de Kevin Ayers. Se sentant un nouveau souffle d’énergie, Wyatt et Ratledge se prennent au jeu et commencent à composer le nouvel album de Soft Machine, cette fois ci à Londres. La maison de disque se plaindra de la longueur des deux pièces prévues à la base, forçant les trois musiciens à les couper en petits morceaux pour les garder entières, nommant certaines avec les effets sonores du studio.

La première chose qui ressort de l’écoute de Volume II, c’est l’évolution radicale opérée par le trio en comparaison avec le Volume I. On sent d’emblée que Hopper et Ratledge sont en totale symbiose et poussent leurs instrumentations vers des sommets jazzy très profonds, mais le pouvoir de Wyatt est tel qu’il parvient à canaliser les envolées de ses compères dans des structures d’une brièveté déconcertante, les incluant sans surcharge dans ses compositions pop aux mélodies sublimes.

Divisé en deux parties correspondant aux deux faces du vinyle, Rivmic Melodies et Esther’s Nose Job, ce deuxième album s’ouvre sur une intro très typée jazz, "Pataphysical Introduction (Part I)" où l’on peut entendre un Wyatt décontracté présentant tranquillement le programme de l’opus à ses interlocuteurs avant de le voir entamer après un roulement de caisse claire "A Concise British Alphabet (Part I)", consistant à l’énonciation en treize secondes, de l’alphabet anglais sur un thème simple mais diablement efficace. Le temps de réaliser le délire du batteur spontané, la basse emplie de fuzz de Hugh Hopper se lance dans l’intro de la gigantesque "Hibou, Anemone & Bear", pièce d’une richesse remarquable dans ses harmonies et rythmes, soutenue par les pistes de saxophone de Brian Hopper. Elle est le témoin d’une superbe partie chantée évoquant les saisons et un final percussif se refermant sur "A Concise British Alphabet (Part II)", cette fois à l’envers (pourquoi pas ?) avec une légère variation vocale à sa toute fin, la liant ainsi à la fantastique torpille pop de l’album, "Hulloder" et ses paroles suggestives tellement agréables à l’oreille ("And as I‘m free, white, and twenty-one / I don‘t need more power than I have / Except for sometimes, when I‘m broke").

On réalise alors que Rivmic Melodies n’est qu’une seule et même pièce dont les thèmes et morceaux sont liés par ces changements de ton, de tempo et d’humeurs. Soft Machine a gagné en cohérence, en concision, mais aussi en complexité, se fait explicite et vaporeux à la fois sous l’épaisseur du manteau tissé par les improvisations de Hopper et Ratledge. Wyatt est vocalement fantastique et libéré, chantant en espagnol sur "Dada Was Here", déclarant son amour au monde sur "Thank You Pierrot Lunaire", voguant entre jolies ritournelles et complètes crises de folies, puis se répand en remerciements dans "Have You Ever Been Green" (offrant son hommage à Jimi Hendrix pour la tournée américaine) et "Pataphysical Introduction (Part II)". Ainsi, la première partie de Volume II s’achève sur "Out Of Tunes", une improvisation démente entremêlant solos de saxophone, de clavier et délires vocaux.

Il est difficile d’écouter cette face A sans un sourire aux lèvres tant les textes ne sont que sexe, fête et bonheur, et malgré l’absence de Kevin Ayers, l’humour et la Pataphysique y ont une place prépondérante. En parlant de Kevin Ayers, "As Long As He Lies Perfectly Still", sorte d’interlude "canterburien" avant la seconde partie, est dédiée à son esprit dionysiaque ("Heaven on earth he’ll get there soon"), sa sensibilité ("Good and bad go so well in his tunes"), et est remplie de références aux titres composés par le bassiste sur le premier album. Autre interlude, "Dedicated To You, But You Weren’t Listening" est une charmante ballade composée d’une guitare acoustique entremêlée d’un clavecin et du chant surréaliste de Robert Wyatt.

La face B, Esther’s Nose Job est beaucoup plus abstraite, et là où Rivmic Melodies est le travail de compositeurs et arrangeurs comme Hopper et Wyatt, celle-ci est purement le moment de grâce de Mike Ratledge et certainement la facette la plus progressive de la musique de Soft Machine. Les digressions free jazz de "Fire Engine Passing With Bells Clanging" rappellent les futures compositions de Henry Cow et du Rock In Opposition tandis que Hugh Hopper fait ronfler sa basse dans l’intro de "Pig", ceci en faisant peut être le premier bassiste à utiliser une telle distorsion sur son instrument. Cette seconde face, quasi instrumentale, montre la voie que souhaite prendre le claviériste avec le groupe, s’offrant solo sur solo dans "Orange Skin Food", jammant sauvagement avec Hugh Hopper sur des rythmes et des variations frénétiques sous la frappe sévère et les touches vocales de Wyatt sur "A Door Opens And Closes", jusqu’au monument de complicité improvisée, "10:30 Return To The Bedroom", clôturant l’album sur une coda des plus intenses.

Soft Machine perd en énergie brute ce qu’il gagne en profondeur et en cohérence, rendant ce deuxième opus plus intellectuel que le premier en développant les expérimentations jazzy et un esprit avant-gardiste, mixés avec des piécettes pop dans la veine du Absolutely Free de Frank Zappa. Hugh Hopper fait plus que remplacer Kevin Ayers, il apporte un nouveau souffle à la Machine Molle avec une basse dantesque et surpuissante, et la présence de son frère Brian aux cuivres annonce clairement la direction que finira par suivre le groupe. Mais il est important de dire que Volume II est l’osmose parfaite entre les influences folles de Robert Wyatt et la volonté de Mike Ratledge de tendre sa musique vers des sphères plus savantes, une tension palpable entre des harmonies poussées et des chansons catchy et entrainantes, l‘essence même de l‘école de Canterbury. Il est aussi l’album de la transition, voyant Soft Machine quitter les sphères du psychédélisme pataphysique et surréaliste pour définitivement se tourner vers un jazz rock progressif technique ne laissant plus aucune place à l’humour, ni même aux textes…

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Barème
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Décevant
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Très bon album
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Culte
Critique d'album

Soft Machine


Third


Album de la semaine

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