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Critique d'album

Soft Machine


The Soft Machine (Vol. I)


(10/12/1968 - ABC / Probe - Jazz Rock Psychédélique - Genre : Rock)
Produit par

1- Hope For Happiness / 2- Joy Of A Toy / 3- Hope For Happiness (Reprise) / 4- Why Am I So Short ? / 5- So Boot If At All / 6- A Certain Kind / 7- Save Yourself / 8- Priscilla / 9- Lullabye Letter / 10- We Did It Again / 11- Plus Belle Qu'une Poubelle / 12- Why Are We Sleeping / 13- Box 25/4 LID
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Pionniers du jazz rock, entre psychédélisme et délires pataphysiques... "
Geoffroy, le 27/01/2010
( mots)

Ecouter Soft Machine, c’est comme passer une soirée avec de vieux amis. Vous êtes dans un salon aux couleurs orangées, confortablement installé dans un fauteuil, discutant autour d’un Earl Grey, évoquant vos pensées sans ambigüité, sans chercher à trop en faire, vous laissant porter par leur spontanéité. Ainsi écrire sur Soft Machine c’est parler de ces amis. Parler de leur personnalité, de leur caractère, de ce qu’ils aiment et détestent, de leurs rêves et de leur réalité. Vous ne les avez jamais rencontré mais vous semblez pourtant les connaître tant leur musique est expressive, tant ils sont vrais dans ce qu’ils font et fiers de ce qu’ils sont. Et pour citer Robert Wyatt: "Vous remarquerez sans aucun doute quelques insuffisances techniques dans certaines de mes prestations: une hésitation rythmique par ci, une note un peu douteuse par là. Tout ceci est évidemment voulu et reproduit, preuve de ma sincérité quasi maladive".

Canterbury ne se doutait certainement pas qu’elle engendrerait une scène d’une telle importance dans l’histoire du rock. Elèves et proches de la Simon Langton School, refuge d‘intellos à tendances artistiques, Kevin Ayers, Robert Wyatt, Mike Ratledge, Richard Sinclair et les frères Hopper, Brian et Hugh, sont également amateurs de Jazz et de Rock ‘n’ Roll. Après la rencontre d’un guitariste australien errant à qui la mère de Wyatt loue une chambre, Daevid Allen, ils œuvrent dans plusieurs groupes dont le Daevid Allen Trio et The Wilde Flowers qui au fur et à mesure des changements de formation, finiront par former une figure stable, The Soft Machine, emprunté au roman du même nom de William Burroughs. Composé de Robert Wyatt au chant et à la batterie, de Mike Ratledge aux claviers, de Kevin Ayers à la basse et au chant et de Daevid Allen à la guitare, le savant mélange d’influences jazz, de rythmes ternaires, d’humour pataphysique (philosophie consistant à ne rien prendre au sérieux) et de dadaïsme fait de Soft Machine un ovni dans le sillage duquel s’engouffreront des dizaines de musiciens formant ainsi la scène de Canterbury (terme évidemment réprimé par la plupart de ses membres), dont les groupes centraux seront Caravan, Hatfield & The North, Gong et donc Soft Machine.

Après une première démo Jet Propelled Photographs (1966), un single "Love Makes Sweet Music", des concerts extravagants à l’UFO, et un happening très médiatisé en France (le morceau "We Did It Again" joué en boucle durant quarante minutes pour la Nuit Psychédélique d‘Eddie Barclay), Daevid Allen se trouve dans l’incapacité de retourner en Angleterre avec ses comparses suite à un problème de Visa et décide alors de sillonner notre pays en hors la loi, foutre le bordel sur les barricades en 68 et fonder Gong. Ainsi devenu un trio, Soft Machine s’attèle à l’enregistrement de son premier album éponyme à New York après leur première tournée américaine avec Jimi Hendrix et en compagnie de leur roadie et ami, Hugh Hopper.

L’intro de "Hope For Happiness" est d‘une infinie douceur, Robert Wyatt enrobant l’auditeur de sa voix veloutée, tendre et chaleureuse, cachant ses légères percussions sous les nappes de Mike Ratledge. Puis tout s’accélère, la basse de Kevin Ayers martèle ses accords, Wyatt part en live et se lâche totalement, répond à ses propres parties de chant puis laisse son claviériste s’offrir un solo dantesque avant la transition de "Joy Of A Toy". La montée progressive du morceau s’articulant autour de la guitare de Kevin Ayers, il se fait de plus en plus intense pour s’achever sur les accords dissonants et la reprise de "Hope For Happiness" et son final free jazz. Là est la force de The Soft Machine, des pièces spontanées qui peuvent changer d’humeur à tout instant, être interrompues par une transition de trente secondes avant de voir le morceau précédent reprendre son cours. De quoi surprendre et interpeller l'auditeur.

Les mélodies pop accrocheuses sont une autre facette de Soft Machine et même si le morceau qui les utilise ne dure qu’à peine deux minutes, elles restent immédiatement en tête, en est témoin celle de "Why Am I So Short ?" observant Wyatt s’exprimer librement, exposant les problèmes venant de sa petite taille et le fait qu’il aime taper sur son instrument, directement liée aux explorations jazzy et autres délires expérimentaux de "So Boot If At All". Dans "A Certain Kind", ce dernier parle de la vie et de l’amour avec légèreté, soutenu par un clavier superbe et une coda de batterie démente, suivie du psychédélisme des compositions de Kevin Ayers, se vautrant dans l’hallucinant telle le triptyque "Save Yourself", "Priscilla", court hommage à la compagne de Ratledge, et "Lullaby Letter".

Car même s’il se fait discret, Kevin Ayers marque de son emprunte tout l’album avec une basse profonde et un humour délirant que l’on ressent dans des titres comme la fameuse "We Did It Again", morceau répétitif au possible alimenté par une fausse cassure et la reprise de la litanie, non sans rappeler un esprit Monty Python, et ses chef d’œuvres de pataphysicien que sont "Why Are We Sleeping" et son intro "Plus Belle Qu’une Poubelle". Les paroles qu’il daigne enfin chanter de sa suave et puissante voix de basse sont fascinantes de non-sens ("It begins with a blessing, it ends with a curse / Making life easy by making it worse"), Robert Wyatt pète littéralement un câble, matraquant sa batterie comme un dingue pour retomber sur un refrain d’une simplicité effarante mais d’une efficacité à couper le souffle, pour finir (et c‘est un thème récurrent de l‘album) sur le marquage de temps dissonant de "Hope For Happiness". L’album se termine sur "Box 25/4 LID", un duo technique improvisé basse / clavier entre Mike Ratledge et Hugh Hopper, complice et autre compositeur (ainsi que son frère) de la Machine Molle.


Pas encore arrivé à la maturité qui les glorifiera, Soft Machine pose déjà les bases de l’école de Canterbury : des harmonies à la fois jolies et recherchées, un style raffiné, des improvisations jazzy non conventionnelles incluant des passages psychédéliques et un humour typiquement anglais. Rares sont les musiciens dont le jeu est le parfait reflet de leur personnalité. Ils jouent comme ils pensent, chaque détail, chaque motif récurrent étant une part de leur sensibilité, d’eux mêmes, et Soft Machine, en particulier Robert Wyatt, va développer ce mode d’expression qu’il utilise déjà comme une nouvelle forme de langage, de par ses cadences étranges frôlant la conversation et cet art d‘utiliser sa voix comme un instrument. Mais déjà après ce premier album et la tournée qui va suivre, le groupe entame une sérieuse évolution où vont finir par s’imposer les influences jazz et le sérieux du glacial et austère Mike Ratledge. La suite au prochain épisode...

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Critique d'album

Soft Machine


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