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Critique d'album

Massive Attack


Protection


(26/09/1994 - Virgin - Trip hop - Genre : Autres)
Produit par Massive Attack, Nellee Hooper

1- Protection / 2- Karmacoma / 3- Three / 4- Weather Storm / 5- Spying Glass / 6- Better Things / 7- Eurochild / 8- Sly / 9- Heat Miser / 10- Light My Fire (Live)
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Deuxième album tout en finesse par les parents du trip-hop."
Pierre, le 23/02/2010
( mots)

Déboussolé par le succès immédiat de son premier album et par le départ de sa chanteuse Shara Nelson, Massive Attack entre en studio en 1993 pour livrer un successeur à Blue Lines. Loin d’être une redite de leur premier exploit, Protection sort en 1994 avec la lourde tâche de combler les fans, désormais nombreux, en attente de nouvelles compositions. Continuant à puiser dans diverses influences, Massive Attack livre un album sobre et beaucoup plus difficile d’accès que son prédécesseur. La formule reste sensiblement la même, bien que le groupe y apporte quelques évolutions. Avec le départ de leur voix féminine, le groupe recrute deux chanteuses pour venir poser leur timbre sur ce nouvel opus. Dès le titre d’ouverture, "Protection", l’auditeur fait la connaissance de Tracey Thorn, vocaliste du groupe Everything But The Girl. Et l’on peut déjà sentir les nouvelles directions prises par le groupe.

L’instrumentation est beaucoup plus légère laissant tout le champ libre à la voix, c’est elle qui mène la baraque. Car cet album semble  placé sous le signe de l’expérimentation. Le groupe s’affranchit rapidement du côté hip-hop prononcé de Blue Lines. Moins organique, Massive Attack s’amuse beaucoup plus avec les sonorités et la mise en place d’atmosphères. Chacune des pistes évolue tout en finesse à la recherche de contrées musicales inexplorées. "Eurochild" montre la mutation du groupe : le débit de 3D se fait plus chantant, l’instrumentation plus pop. Le reggae est laissé de côté pour laisser la part belle au jazz. A ce titre, deux instrumentaux de grande classe orchestrés par Craig Armstrong et son piano, marquent la volonté du combo de ne pas s’enfermer dans un son qu’il a créé. Très intéressant, "Heat Miser" déploie une palette musicale assez nouvelle avec son ambiance cinématographique et new wave. Plus difficile, plus âpre, plus lent aussi Protection est un terrain d’expérimentation sans pareil. Cela joue forcément sur l’efficacité du disque. De fait, les titres sont moins percutants, et si l’on exclut le morceau de bravoure "Karmacoma" qui aurait eu sa place sur Blue Lines, l’ensemble du disque manque d’une certaine urgence. Ainsi, là où Blue Lines rendait chaque piste indispensable on est en droit de penser que certaines sont ici de trop, notamment la reprise live de "Light My Fire".

L’impression de vacuité face à la pureté mélodique de l’ensemble est parfois déstabilisante. Cela semble aussi s’expliquer par une grande segmentation au sein des titres : les styles ne se mélangent plus, ils sont apposés les uns aux autres. En effet, une large place est faite aux invités : Tracey Thorn, Nicollette, Horace Andy et Craig Armstrong viennent tous apporter leur patte à l’édifice. Et chacun a droit à son moment de gloire : Thorn sur "Protection", Horace Andy, le baroudeur, sur le magifique "Spying Glass" ou Craig Armstrong sur les envoûtants "Weather Storm" et "Heat Miser". Si bien que chaque morceau colle à l’univers de son interprète, tout en s’aliénant à un genre précis : jazz pour Armstrong, reggae/dub pour Andy, pop pour Thorn. D’autre part, la quasi mise sous silence de 3D, Daddy G et Tricky enlève au son de Massive Attack une partie de sa force. En dehors de la diabolique joute verbale de "Karmacoma", le charisme de ces voix pleines d’emphases manque cruellement.

En ce sens, dans sa construction et dans son rendu, Protection apparaît à bien des égards comme l’album d’un collectif. Et même si le groupe réussit le tour de force de donner à l’ensemble une cohésion, la galette parvient rarement à égaler la puissance de Blue Lines. Manquant de groove et de spontanéité, elle n’en reste pas moins captivante parce qu’elle constitue une partie essentielle du cheminement de Massive Attack. Intelligent mais pas toujours jouissif, Protection se doit d’être écouté en profondeur, ne serait ce que parce qu’il abrite les dernières tribulations du grand Tricky au sein du combo.

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