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Critique d'album

R.E.M.


Automatic for the People


(05/10/1992 - Warner - - Genre : Pop Rock)
Produit par Scott Litt, R.E.M.

1- Drive / 2- Try Not to Breathe / 3- The Sidewinder Sleeps Tonight / 4- Everybody Hurts / 5- New Orleans Instrumental No.1 / 6- Sweetness Follows / 7- Monty Got a Raw Deal / 8- Ignoreland / 9- Star Me Kitten / 10- Man on the Moon / 11- Nightswimming / 12- Find the River
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Le contrepoint sombre d'Out Of Time, et le meilleur du R.E.M. pop"
Nicolas, le 16/02/2016
( mots)

Automatic for the People est considéré par beaucoup comme le meilleur album de R.E.M. Son plébiscite critique a été unanime à l’époque de sa sortie et demeure inchangé à ce jour. Mieux : de l’avis de Peter Buck et de Mike Mills, le quatuor d’Athens n’a jamais fait mieux. Et pour couronner le tout et achever de convaincre les plus septiques quant aux orientations pop FM de Stipe & Co, il faut savoir que ce disque a été l’un de ceux qu’écoutait le plus Kurt Cobain avant de se faire sauter le caisson, en particulier sa balade phare, “Everybody Hurts”. Tu parles d’un argument, mais bon, peut-on nier au sauveur du rock un bon goût forcément irréfutable ? Quant à Bono (d’où l’art de pratiquer le grand écart en terme de références), il a qualifié cet album de “plus grand disque country jamais fait” (sic). Bref, il est difficile de passer derrière une telle unanimité. Mais après tout, il n’est jamais interdit de remettre à plat les légendes.


Lorsque débutent les sessions d’enregistrement du disque, à peine quelques mois après la sortie de Out of Time, R.E.M. n’est plus le même groupe. L’album à la pancarte jaune a complètement changé la vie des quatre hommes, les propulsant d’un seul coup de modeste formation alternative au rang de superstars mondiales. Cette célébrité naissante n’est pas forcément simple à gérer, on pensera notamment aux attaques mesquines essuyées par Michael Stipe dans plusieurs talk shows à propos des paroles benêtes de “Shiny Happy People”. De fait, l’intention est initialement d’aller complètement à contresens du carton Out of Time, de prendre le contre-pied de “Losing My religion”, de revenir à un son plus dur et à une tonalité moins “tout le monde il est beau”. Après avoir décidé de ne pas effectuer de tournée, R.E.M. se remet donc illico au travail. Pour se motiver, les trois instrumentistes réitèrent l’expérience de Green en s’essayant à d’autres instruments que ceux auxquels ils sont habitués, Buck la mandoline (certes déjà éprouvée sur les deux albums précédents), Mills les claviers et Berry la basse. Les premiers jams se déroulent ainsi sans aucune batterie, et rapidement l’évidence s’impose : l’album à venir sera non pas bruyant, mais intimiste. La tonalité sombre des compositions instrumentales, jugées comme “foutrement bizarres” par Michale Stipe, lui inspirent des paroles noires ressassant les thèmes de la tristesse, de la perte et du deuil. Tout s’enchaîne ensuite très vite : Scott Litt est réembauché au poste de producteur, John Paul Jones de Led Zep contribue à l’édifice en signant plusieurs arrangements de cordes (et non des moindres : “Drive”, “The Sidewinder Sleeps Tonite”, “Everybody Hurts” et “Nightswimming”) et les quatre hommes mettent en boîte leur oeuvre entre La Nouvelle Orléans et Miami, l’artwork réprésentant d’ailleurs l’étoile qui servait d’enseigne à leur hôtel lorsqu’ils dormaient dans cette dernière ville. Pour l’anecdote, le titre Automatic for the Pepole fait référence à un restaurant d’Athens très apprécié des quatre zicos, Weaver D’s Delicious Fine Food, dont il s’agit du slogan.


Automatic clôt donc la trilogie “mainstream” initiées avec Green et Out Of Time, et des trois disques, c’est probablement le plus réussi formellement parlant. Tandis que les deux premiers enchaînent les chansons au petit bonheur la chance, sans réelle tentative (musicale, s’entend) de cohérence et/ou de progression au fil de la tracklist, on sent ici une volonté de livrer une oeuvre comme un tout, un parcours progressif de l’ombre à la lumière. L’album est essentiellement acoustique, délaissant les effets de style pastoraux de Out Of Time et ratissant les arrangements symphoniques parfois envahissants de ce dernier opus pour se concentrer sur une musique plus brute, plus terre à terre. En témoigne l’un des poids lourds F.M. de R.E.M., “Everybody Hurts”, là encore si galvaudé qu’on en oublierait presque que cette chanson composée par Mike Mills traite du suicide des adolescents. Michael Stipe, contrairement à son habitude, signe ici des paroles particulièrement simples et frontales, non sujettes à interprétation, destinées à soutenir ce jeune public auquel il s’adresse. Si la mélodie douce-amère de ce single a maintes fois fait le tour du monde, si les envolées de violons (les rares du disque) sont tout de même plus que consistantes à digérer, on en oublierait presque la justesse de ton employée. “When you're sure you've had enough /Of this life, well hang on”. C’est bien sûr très touchant et très fort émotionnellement parlant, même si ce morceau n’aura pas empêché Cobain de passer à l’acte.


Plus généralement, l’entame d’Automatic for the People est une totale réussite. “Drive”, référence au futur National Voter Registration Act voté par Clinton en 1993 et qui élargit la possibilité d’acquérir le droit de votes aux détenteurs d’un permis de conduire, ouvre le voyage en déroulant tranquillement ses arpèges folk avec une sourde tristesse tandis que Stipe, voix serrée et habitée, nous cueille à vif sans prendre de gants. Le vrai prodige de ce morceau tient dans ses sautes de rythmes, ses fins de phrase à bout de souffle, presque silencieuses, ses longues respirations pendant lesquelles on a l’impression d’étouffer et qui laissent place à des vagues libératoires sur lesquelles, en fin de titre, la guitare de Buck gronde comme si un lointain orage menaçait de se rapprocher. D’étouffer, il en est encore question sur le plus enlevé “Try Not To Breathe”, encore un parfait exemple de valse à trois temps totalement maîtrisée, espiègle, emportée par la diction et le timbre parfaits du chanteur désormais chauve, une caractéristique qui, couplée au fait que le groupe n’a pas tourné en soutien de l’album précédent ni de celui-là, a suscité les rumeurs les plus catastrophistes quant à l’état de santé du frontman, rumeurs bien évidemment infondées. R.E.M. ne souhaitait certainement pas faire croire à la mort prochaine de son chanteur ni s’enfermer irrémédiablement dans la noirceur, en témoigne un single aussi léger que mal aimé, “The Sidewinder Sleeps Tonite”, pourtant porté par une très jolie mélodie très caractéristique du style de Buck, et que dire de la maîtrise vocale de Stipe, ses notes aiguës tenues comme une exultation de douleur et de joie mélangées sur les couplets, sa diction là encore parfaite sur les refrains ? “Sidewinter” n’est présent sur aucun best-of du groupe, mais le mériterait haut la main. Toujours est-il que oui, cette première partie d’album close par le tranquille instrumental “New Orleans” vaut un sacré détour, et même plus.


Mais l’histoire ne se répétant pas forcément et alors que R.E.M. a toujours l’habitude de bétonner ses fins d’album, la seconde moitié d’Automatic ne tient pas toutes ses promesses. Certes, il y a encore de superbes pièces à se mettre sous la dent. On pensera notamment aux deux titres enlevés du lot, “Ignoreland” avec ses refrains scandés à perdre haleine et ses “yeah yeah yeahs” goguenards, ou encore au très country “Man On The Moon”, hommage au comédien Andy Kaufman immortalisé par Jim Carrey dans le film du même nom signé Milos Forman (avec un autre morceau de R.E.M. dans la BO, “The Great Beyond”). Mais d’une manière générale, les titres lents, malgré la tristesse qu’ils sont censés charrier, dénotent une tendance neurasthénique un poil désolante. En témoigne “Sweetness Follow” avec ses notes d’orgue tenues et ses violoncelles sépulcraux qui ont du mal à faire décoller une mélodie assez plate, ou encore dans une moindre mesure “Monty Got A Raw Deal” qui, malgré un rythme un peu plus emballant, se montre assez peu convaincant dans ses lignes de chant qui tentent de se faire une place entre la mandoline de Buck et un accordéon. Quant à “Star Me Kitten”, cette complainte paresseuse n’a vraiment pas grand intérêt. Aucun intérêt non plus à conclure l’album sur deux morceaux ayant le même emploi, la sympathique balade “Nightswimming” avec ses boucles de piano gaillardes se suffisant largement à elle-même. En l’état, l’acoustique folk “Find The River” fait plus office de B-Side et n’apporte rien à l’album, même si le morceau se laisse écouter sans se faire prier.


Automatic For The People demeure un album très réussi, meilleur que ses deux prédécesseurs même si beaucoup lui préféreront des disques plus musclés (New Adventures In Hi-Fi, Accelerate) ou plus primitifs (Reckoning, Lifes Rich Pageant). Il n’en reste pas moins l’une des pierres d’angle de la carrière de R.E.M. et son dernier disque réellement pop, Monster se chargeant de remettre la fée électricité sur le devant de la scène dès l’album suivant (sans vraiment convaincre, d’ailleurs). Malgré ses 18 millions de copies vendues et son aura de respectabilité critique, il est un fait que si le groupe brille dans la pop sombre, il resplendit dans l’alternatif rock sensible et malin, et la pire erreur que l’on pourrait commettre serait de s’arrêter à ce disque considéré comme définitif. Le carré d’Athens a bien d’autres facettes à vous faire découvrir.

Commentaires
patroc, le 26/02/2016 à 19:51
Pas d'accord sur la 2eme partie de l'album, somptueuse, notamment les 3 derniers morceaux. Un disque magnifique, sombre et paisible à la fois, qui possède sa propre ambiance.
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