↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

R.E.M.


Accelerate


(01/04/2008 - Warner Bros - - Genre : Pop Rock)
Produit par Jacknife Lee, R.E.M.

1- Living Well is the Best Revenge / 2- Man-Sized Wreath / 3- Supernatural Superstitious / 4- Hollow Man / 5- Houston / 6- Accelerate / 7- Until The Day Is Done / 8- Mr. Richards / 9- Sing for the Submarine / 10- Horse to Water / 11- I'm Gonna DJ
Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (5 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.0/5 pour cet album
"Accélération sonore viscérale et approximative avant implosion"
Etienne, le 19/02/2016
( mots)

R.E.M. est énervé. C'est ainsi qu'on pourrait résumer l'approche du groupe pour la composition de ce quatorzième et avant dernier opus. Il faut dire qu'Around the Sun, l'antépénultième effort du groupe d'Athens, était tout bonnement raté: perte d'identité sonore, mélodies plates, rythmes absents et surtout aucun hit convenable à se mettre sous la dent, ce qui manque cruellement à tout album pop se voulant un tantinet réussi. Quatre années auront été nécessaires au trio pour recouvrer force et inspiration et délivrer une nouvelle galette radicalement différente des derniers opus, revenant à un credo rock assumé et aux revendications politisées d'un Stipe aspirant à la même hargne que sur Monster.


Tout juste auréolé d'un Grammy Award pour son travail avec U2 sur How To Dismantle an Atomic Bomb, Jacknife Lee, jeune producteur issu du milieu punk, se voit affublé de la casquette de sauveur pour ce nouvel opus de R.E.M.. Conseillé par The Edge, Lee peut se targuer de compter à son actif des groupes parmi les plus talentueux et prometteurs de la nouvelle vague (indie) rock du milieu des années 2000: Editors, Bloc Party, The Hives ou encore Snow Patrol sont autant de références qui plaident en faveur d'un renouveau sonore pour R.E.M.. Il n'en fallait pas moins pour déchainer la créativité de Peter Burk, bien aidé par un son de guitare à haute distorsion et sans filtre, et l'engouement d'un Stipe qui de son propre aveu, adorera cracher ses textes sous la pression des trois courtes séances d'enregistrements programmées. C'est dans un état d'esprit guerrier que le groupe part en tournée en 2007 et prend le risque de proposer au public les premières ébauches de ce que sera Accelerate (notamment sur les 39 chansons du live à l'Olympia de Dublin). La réception positive du public laissait présager un retour en force du groupe d'Athens, pour le meilleur, et pour le pire...


Lancé par le single "Supernatural Superserious", Accelerate marque par son côté brut, par sa guitare incisive et son chant juvénile qui doit beaucoup aux harmonies salvatrices de Mike Mills, que l'on retrouvera d'ailleurs sur "Man-Wized Wreath" autant que sur "Hollow Man", second single extrait de l'album. La chanson éponyme bénéficie d'un riff de guitare fourni, certainement le plus travaillé de l'album, et se veut l'un des morceaux marquants de cet album qui avait largement manqué son entame avec un "Living Well Is The Best Revenge" braillé et poussif, déconcertant de rugosité. R.E.M. retrouve pourtant une cohésion de groupe palpable au travers des refrains entêtants de toute cette première moitié d'album: "Yeah you cried and you cried, he's alive he's alive" ("Supernatural Superserious"), "Believe in me, believe in nothing" ("Hollow Man"). Le groupe d'Athens semble avoir appliqué la formule percutante de leurs chansons phares des années 80, et les deux singles lancent ce nouvel album à toute allure vers un rock gras et efficace. Un peu esseulé au milieu de cette multitude de morceaux distordus, le superbe "Houston" voit les arrangements de Mills soutenir un Stipe retrouvant son sombre et singulier lyrisme aux sons de la mandoline de Buck: une bouffée d'oxygène salutaire avant d'entamer un déclin musical certain sur toute la fin de l'album.


Les quatre dernières chansons sombrent dans l'anonymat en ne proposant que de pâles copies des morceaux rock précédemment entendus sur le début d'Accelerate. "Mr.Richards" et son laïus répétitif particulièrement pénible font décrocher et même l'original pont déstructuré de "Sing for the Submarine" ne parvient pas à rattraper ce faux-pas. Pire, Accelerate se conclut sur un piètre ersatz du Stooges version The Weirdness, avec ce "I'm Gonna DJ" abrasif et ennuyeux. Mais ce qui est particulièrement dommageable à Accelerate, en plus de cette fin d'album très moyenne, c'est cette désagréable impression de déjà-vu: l'ombre de Monster plane sur Accelerate, autant dans son propos critique que dans sa signature musicale ("What's the Frequency Kenneth ?" se voit indéniablement comme une source d'inspiration monstre pour "Supernatural Superserious", constat corroboré par un parallèle troublant entre les clips des deux chansons). Les paroles plutôt revendicatrices de Stipe ne choquent pas pour autant et rappellent les heures de gloire de Document ou Green, mais leur mise en musique laisse à penser que le groupe n'a pas changé: le néanmoins très réussi "Until the Day is Done" est calqué sur le cultissime "Try Not to Breathe" et peine à se détacher du fantôme de son prestigieux aïeul, même après plusieurs écoutes.


Écoutes qui, par ailleurs, s'enchainent vite, trop vite. La durée très courte d'Accelerate inhibe une immersion complète dans cet album intriguant tant il marque une volonté certaine de renouer avec la musique directe et primaire du groupe. A peine terminé, et sur une note assez moyenne, Accelerate laisse un goût d'inachevé, de déception tant la première partie de l'album est réjouissante. Mais comme tout bonne accélération, l'écoute se veut franche, intense et courte. Au final, le plaisir de retrouver le groupe d'Athens fougueux et sincère ne peut pas décevoir. Mais leur signature sonore si singulière empreint trop l'esprit et fait immanquablement ressortir les classiques du groupe. Étonnamment, Jacknife Lee avait déjà fait le coup avec U2 et un How to Dismantle an Atomic Bomb plein de bonnes intentions,  finalement rondouillard et sans courage. Ici, R.E.M. voit sa renaissance teintée de coups d'éclats ("Hollow Man", "Houston") comme entachée de faiblesses peu inspirées ("Mr.Richards", "Horse to Water"). A défaut, le Live at the Olympia reste un bien meilleur témoignage du regain de forme du groupe. 


Heureusement pour eux, Mills, Buck et Stipe soigneront leur sortie avec un Collapse Into Now à la musicalité subtile, à la mélancolie magnifiée et qui restera une habile revue de la palette sonore du plus grand groupe de rock alternatif. R.E.M. s'en ira peu de temps après, accédant à une postérité que peu peuvent revendiquer, souvent absorbés par les méandres des prolongations scéniques lucratives et des enregistrements miraculeusement retrouvés et compilés grossièrement. R.E.M. s'en va, et c'est un peu la fin d'un monde, comme nous le savons.


Chansons conseillées: "Houston" et "Hollow Man".

Commentaires
patroc, le 24/02/2016 à 19:09
Merci pour la rétrospective. "Reckoning", "Automatic.." et "Up" mes préférés. Merci à eux..
Application Albumrock

Albumrock sur mobile


Retrouvez votre webzine sur Android & iOS


Publicité

Annoncez sur Albumrock


Votre publicité pour 50€/semaine


Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Groupe

R.E.M.


Critique d'album

R.E.M.


Collapse Into Now


Critique d'album

R.E.M.


Up


Critique d'album

R.E.M.


New Adventures in Hi-Fi


Album de la semaine
À lire également