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Critique d'album

Opeth


Sorceress


(30/09/2016 - Moderbolaget Records - Nuclear Blast - Death metal progressif - Genre : Hard / Métal)
Produit par Tom Dalgety

1- Chrysallis / 1- Persephone / 2- Sorceress 2 / 2- Sorceress / 3- The Seventh Sojourn / 3- Wilde Flowers / 4- Strange Brew / 5- A Fleeting Glance / 6- Era / 7- Persephone (Slight Return) / 1- Will O The Wisp
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Opeth à l'apothéose de ses allants 70's. Un album splendide."
Nicolas, le 21/10/2016
( mots)

Avant d’aborder ce douzième album solo d’Opeth, autorisons-nous une petite remise au point en tout bien tout honneur. Depuis 2011, on lit partout les mêmes poncifs de la part de la communauté metal, que les suédois étaient bien meilleurs quand ils faisaient du death, que le groupe a perdu de sa superbe, que la plaisanterie a assez duré et que même si Heritage, Pale Communion et donc Sorceress se montrent “intéressants” (guillemets de politesse), il serait grand temps qu’Ackerfeld cesse ses caprices et qu’il se reprenne sérieusement en main. Bien.


La première remarque vis-à-vis de ce constat se montrera tout aussi sévère que la critique inhérente aux trois albums incriminés : pour 99 % des auditeurs de rock lambda, le death metal, c’est inaudible. Point barre. Et dans mon cas, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Remarquez que j’y ai été molo : je n’ai même pas essayé de me frotter à Blackwater Park (pourtant réputé leur meilleur album) et encore moins à Deliverance, ni même à Ghost Reveries. Pour ces disques, quelques minutes effarées m’ont suffi pour m’enfuir sans demander mon reste. Non, uniquement à Watershed, le disque dans lequel la part de voix death se montre la plus congrue. Eh bien rien à faire : même s’il faut reconnaître au groupe un talent certain dans l’écriture et la restitution musicale, des thèmes splendides, des riffs carnassiers, des intermèdes étonnants de fragilité, une ambiance à nulle autre pareille, dès qu’Ackerfeld se met à grawler, ce n’est plus possible. Et je gage que nombre de personnes n’auront pas eu ma patience. Dès lors, pour le tout venant rock n’ roll, la question de savoir si c’était mieux avant n’a virtuellement aucun sens, et il n’y a alors plus qu’à laisser les puristes à leur snobisme de métalleux extrêmes. Sans rancune, messieurs.


En second lieu, il serait temps que les adeptes des tendances macabres d’Opeth se fassent une raison, car il est désormais bien peu probable que le groupe fasse machine arrière. La part de morceaux avec grawls ne cesse de diminuer dans leurs setlists - 60 % actuellement selon Ackesson -, sans parler du fait que sur certaines prestations - comme lors du Be Prog My Friend festival de Barcelone en juillet dernier -, le taux de metal extrême est immédiatement tombé à zéro. On pourrait même faire un parallèle entre le pourcentage de grawls et le look d’Ackerfeld qui, d’une longue tignasse et d’une barbe à la rigueur toute nordique, a récemment opté pour une coupe aérée et une moustache beaucoup plus soft. Le jour où il décidera d’avoir la tête de Maynard James Keenan, les death métalleux risquent d’avoir des sueurs froides. Là-dessus Opeth tourne également le dos aux ouvertures trop violentes : Anathema assure les premières parties du groupe en Angleterre, et c’est The Sword qui se charge de chauffer les salles américaines. Enfin, si on peut bien sûr incriminer Ackerfeld quant à la tournure actuellement prise par le quintette, on n’oubliera pas l’influence majeure de Joakim Svalberg aux claviers qui, avec son appétence pour le mellotron et l’orgue Hammond, contribue amplement au virage stylistique entrepris à son entrée dans le groupe en 2011. Sachez également que ni le vieux compère bassiste Martin Mendez, ni les plus récemment arrivés Frederik Akesson (guitare) et Martin Axenrot (batterie) ne semblent avoir envie de quitter un effectif dont la production musicale leur va visiblement à ravir. Il serait donc temps que certains fassent leur deuil, et pour de bon.


D’autant qu’il ne faut tout de même pas charrier : Heritage, Pale Communion et Sorceress sont des albums bigrement réussis, et le petit dernier encore plus que les autres - ce qui n’est pas peu dire. Le problème, finalement, est d’accepter que la part progressive d’Opeth s’est décalée dans son degré d’intensité. Avant, tout était question de contrastes abyssaux entre violence inouïe et douceur exquise, tandis qu’aujourd’hui, la fibre opethienne se tisse sur des axiomes infiniment plus traditionnels et éprouvés au gré des décennies passées, moins paroxysmique, plus fine. Ainsi, même s’il est indiscutable que le groupe a perdu en singularité, il ne manque certainement pas de talent, et c’est bien là l’essentiel. Reste que la position actuelle des suédois demeure on ne peut plus inconfortable : ex-cadors d’un genre auquel ils ont renoncé en se mettant à dos une grande partie de leur fan-base, et nouveaux venus dans un univers progressif épuré qui jouit d’un éclairage et d’un accueil critique nettement moins enthousiastes que dans l’univers du death metal, ils se sont eux-mêmes condamnés à se surpasser sans cesse afin de garder leur droit à tout simplement exister selon leurs convictions et à ne pas se plier aux carcans imposés par un public rigoriste. Cela explique peut-être aussi leur mise en retrait de Roadrunner au profit de leur propre label baptisé Moderbolaget Records, la distribution étant assurée chez Nuclear Blast. Somme toute un pari osé et difficile, d’autant qu’on le voit actuellement sur les réseaux sociaux, les anciens adorateurs d’Opeth commencent à se rendre compte qu’il n’y aura plus de retour en arrière, un constat accueilli avec beaucoup d’amertume et pas mal de rancœur.


Et cette Sorceress, alors, vaut-elle le coup ou non ? La réponse est oui, sans l’ombre d’une hésitation. Sur ce nouvel opus doté d’un visuel magnifique, les suédois remontent encore un peu plus vers le début des années 70, tournant davantage le dos au metal qu’ils affectionnaient depuis leurs débuts. Sans se départir de sa patte mélodique, Mickael Ackerfeld pousse encore plus avant sa volonté de rejoindre les standards hard-psyché-prog de la grande époque, et si jusqu’à maintenant les influences extérieures d’Opeth n’étaient pas forcément très voyantes, il en va autrement avec ce disque hétéroclite fortement imprégné de hard rock 70’s, Led Zeppelin, Black Sabbath et surtout Deep Purple, on le voit particulièrement dans la tonalité des riffs heavy qui regagnent un peu de blues, dans l’emploi immodéré d’un orgue Hammond désormais mis sur un rang égal à celui de la guitare et dans les appétences classiques chères à Ritchie Blackmore. Mais Sorceress n’est pas qu’un disque heavy, c’est aussi un album de contrastes qui va se ressourcer dans un bucolisme très flower power, on pensera bien sûr à Jethro Tull dans les accompagnements à la guitare sèche et dans les progressions mélodiques radieuses teintées de mellotron (“Will O The Wisp”, superbe). À signaler que les arrangements de cordes de l’arabisant “The Seventh Sojourn” sont à mettre au crédit de Will Malone, un spécialiste du genre qui s’était déjà livré au même exercice pour Black Sabbath et Iron Maiden. Et si la tracklist laisse croire à un concept album, sachez qu’il n’en est rien et que le groupe s’est en fait amusé avec les manies de l’époque - cf le “Sorceress #2”, le “Slight return” de “Persephone”, gros clin d’oeil à Jimi Hendrix, ou “Wilde Flowers” qui rappelle le premier nom du groupe Caravan.


Sorceress est aussi bien plus accessible que ses prédécesseurs, ce qui n’est pas forcément un reproche. Bon nombre de morceaux se montrent frontaux, voire même catchy, tout en épiçant la sauce instrumentale pour en faire ressortir les saveurs (“Sorceress” avec son riff sludge buldozer, “Era” avec sa rythmique obnubilante) alors que la simplicité se manifeste encore dans certains titres calmes mais qui s’épanouissent dans le plus simple appareil, qu’ils soient hispanisant (“Persephone”), oriental (“The Seventh Sojourn”), nimbé de folk pastorale (“Will O The Wisp”), bucolique à la King Crimson (“Sorceress 2”) ou encore médiéval-jazz (“A Fleeting Glance”). Bien évidemment, bon sang ne saurait mentir, les suédois affectionnent toujours les pièces à tiroir qui prennent des chemins de traverse aventureux en métissant leur rock heavy de jazz (“The Wilde Flowers”) et de blues (“Strange Brew”, composé par Frederik Akesson). Mais sur ces pièces, une certaine redondance dans l’exposition des thèmes principaux permet à l’auditeur de pleinement se les approprier, en particulier sur le sombre “Chrysalis” qui, quoique labyrinthique, repasse toujours par les mêmes endroits avant de s’évader hors des sentiers battus. On appréciera encore plus qu’avant les jeux instrumentaux très techniques mais toujours très musicaux des suédois, les riffs tantôt acerbes, tantôt lumineux d’Ackerfeld, les soli souvent saisissant de virtuosité d’Akesson (on vous met au défi de rejouer celui de “Wilde Flowers”), le jeu de batterie souple d’Axenrot, les charges guerrières à l’orgue Hammond de Svalberg.


On pourrait gloser encore longtemps, mais l’heure est à la conclusion. Au terme d’une écoute passionnante, l’auteur de ces lignes avancera que Sorceress est le meilleur album d’Opeth… “dans leur période post death metal” - pour ne froisser personne. Tout à la fois riche et direct, tantôt caressant, tantôt cauteleux, balayant un large spectre d’influences et de couleurs musicales, ce douzième album sait se montrer plus accrocheur que Pale Communion et plus cohérent et foisonnant qu’Heritage. Ajoutons que c’est Tom Dalgety, l’un des jeunes producteurs les plus en vogue du moment (Royal Blood, Ghost), qui est à la tête de l’esquif, et que les B-Sides de la version extended valent elles aussi un coup d’oreille, en particulier le nostalgique “Spring MCMLXXIV” (référence au Summer 67 et à la date de naissance d’Ackerfeld) qui sonne comme un Porcupine Tree optimiste. Du tout bon, donc. Si le cru 2016 du rock progressif a eu du mal à démarrer, nul doute qu’avec ce disque et le superbe Your Wilderness de The Pineapple Thief, les aficionados seront ravis. Pour les autres, il est plus que temps de vous convertir.


A écouter : "Sorceress", "Wilde Flowers", "Will O The Wisp", "Era"

Note de 3.5/5
Evidemment, ce nouvel opus d'Opeth est superbe. Les arrangements sont somptueux, d'une variété étonnante et l'album ne souffre d'aucun temps mort. Mais alors qu'on pouvait encore entrevoir par toutes petites touches ci et là le passé "death" de sa discographie, celui-ci est bel et bien enterré avec Sorceress. Le son si tranchant et si relevé d'Opeth est aujourd'hui d'une perfection quasi-clinique et d'une percussion toute mesurée. C'est presque dommage... Mention spéciale à "Era", morceau de bravoure d'un disque épique.
Commentaires
josax, le 28/11/2016 à 16:29
Album génial (les deux pistes bonus sont un peu plus classiques mais restent appréciables). Difficile de dire par contre s'il est meilleur qu'Heritage et Pale Communion, car malgré une certaine ressemblance entre les 3 opus, ceux-ci ont tout de même leur patte propre et méritent qu'on s'y attarde longtemps pour découvrir toutes leurs subtilités.
Synthsan, le 14/11/2016 à 23:13
En effet, peut-être aurait-il fallu laisser de côté les puristes, puisqu'il me semble que Opeth c'est justement un death très influencé, nuancé, pas très pur au final (et tant mieux). Personnellement j'ai écouté du rock progressif avant d'écouter (vraiment) du death et Opeth, et c'est bel et bien le Prog' qui m'a apporté la maturité pour apprécier le Death sous toutes ses coutures techniques. Le retour au progressif par la voie du Death c'est donc tout simplement magnifique, une révérence renvoyée aux origines, et comme nourrie par une longue saison en enfer.
Zackdlr, le 23/10/2016 à 23:45
Excellente critique sur ce superbe album que je ne me lasse pas d'écouter en boucle depuis sa sortie ! C'est toujours un plaisir de lire vos chroniques d'albums.
Dislo, le 22/10/2016 à 22:37
4 paragraphes sur les vieux fans sont des gros cons, avec des petites piques par ci par là quand ça commence (enfin) à vraiment parler de l'album. C'est très désagréable à lire, et c'est vraiment suffisant, pour le coup. Sinon je n'ai pas aimé celui là, alors que j'avais adoré Pale Communion. Mais j'adore le morceau "A Fleeting Glance".
Nicolas, le 21/10/2016 à 15:27
Je me permets de répondre sans du tout chercher à envenimer les choses, bien au contraire. Je n'ai pas du tout voulu faire preuve d'arrogance, du moins il ne me semble pas. J'ai simplement retourné bêtement leur argument à ceux qui disent qu'Opeth, c'était mieux quand il y avait des grawls et du death, et oui, c'est un peu bas du front de ma part, je le reconnais. Pour être tout à fait honnête, j'ai dû écouter Blackwater Park jusqu'à mi-parcours, et après j'ai lâché l'éponge. Watershed, je l'ai vraiment écouté plusieurs fois en entier. Ce que je veux dire, c'est que j'ai essayé, vraiment essayé. Je ne dis pas que personne ne peut écouter du death, et je n'oserais certainement pas réduire l'ancien Opeth à ses atours death metal, évidemment qu'ils sont bien plus que ça. Ce que je veux dire, c'est que pour une très grande majorité de personnes, l'Opeth d'avant est inécoutable, indépendamment des indéniables qualités musicales et mélodiques déployées sur les albums en question. Pour une très grande majorité, et évidemment pas pour tout le monde. Et je n'incite absolument pas les lecteurs à snober ces disques. Deux choses encore. Ce n'est pas parce que j'aime la période non grawlée du groupe qu'ils vont poursuivre dans ce sens, ce serait sacrément présomptueux de ma part ! Encore une fois il y a plein d'indices semés au fil de leurs interviews qui laissent entendre qu'ils ne feront pas marche arrière, même si Ackerfeld ne se ferme pas la porte... mais c'est un peu le même discours que Steven Wilson avec Porcupine Tree : il ne dit pas qu'il ne réactivera jamais son groupe, même si on sait qu'en pratique il n'y reviendra pas. Quant à Damnation, l'opus fait partie d'un diptyque avec Deliverance, le second représentant la part douce du groupe et le second sa part violente. C'est presque un double album, et la démarche n'était pas de faire un album sans grawls, juste de dissocier sur deux disques les deux facettes d'Opeth... ce qui quelque part revient au même, mais l'intention n'est absolument pas la même. Et accessoirement je n'ai pas beaucoup apprécié ce disque que j'ai trouvé justement un peu lisse, pas assez contrasté... enfin bref, je me réjouis des trois derniers opus, mais que les plus aventureux n'hésitent pas à s'essayer au reste de la discographie des suédois... en les prévenant bien que ça risque quand même d'être difficile pour eux d'accrocher.
Arnold, le 21/10/2016 à 11:06
Disons que la review a le mérite de lancer la conversation...mais elle est difficile à prendre au sérieux dès le paragraphe sur le death et sur blackwater park. Y a une forme d'arrogance massive à dire: "ok j'aimais pas avant mais aujourd'hui je préfère, alors fermez vos bouches et faites le deuil de votre ancien opeth). Bon heureusement en fait, il se trouve que j'aime autant la période death que la période actuelle. Et si la période actuelle attire du monde, tant mieux je dis. Le vrai problème de cette review est de classer Ghost Reveries (leur meilleur selon moi) et donc Blackwater dans du death. Si on tend l'oreille, il y a une vraie culture prog metal dans ces albums, c'est parfois aéré, ça tend vers l'ouverture. Wilson ne s'y est pas perdu pour rien, du reste. Watershed, c'est un peu le compromis mou entre les albums actuels et l'ancien régime. Mon message est qu'Opeth n'a pas attendu d'être un groupe de prog 70's respecté par la critique (y compris ceux qui ont une allergie somme tout acceptable contre le death) pour ... faire du prog. N'oublions pas Damnation, album magnifique où l'on entend la disto peut être deux ou trois fois, qui est tombé pile dans la période la plus hard du groupe. Opeth, c'est et ça a toujours été du prog, comprendre: des variations thématiques, de la richesse musicale, et les growls ou pas les growls, ça n'est même pas un débat. Mais par pitié sortons nous de cette arrogance, Opeth a une histoire et elle va plus loin que les derniers albums. Rendez vous service, ceux qui veulent découvrir Opeth, et ne vous limitez pas qu'aux derniers albums. Regardez contrairement à la review l'ensemble de la disco (le premier album est dur à digérer, ça je le reconnais direct).
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