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Critique d'album

Warpaint


Heads Up


(23/09/2016 - Rough Trade - Dream pop - trip hop - Genre : Pop Rock)
Produit par Jake Bercovici

1- Whiteout / 2- By Your Side / 3- New Song / 4- The Stall / 5- So Good / 6- Don't Wanna / 7- Don't Let Go / 8- Dre / 9- Heads Up / 10- Above Control / 11- Today Dear
Note de 3/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Malgré un charme indéniable et un univers toujours aussi envoutant, Warpaint peine à se renouveler."
Valentin, le 31/10/2016
( mots)

La communication de Warpaint pour préparer l’arrivée de ce troisième album s’est révélée assez déroutante. En effet, “New song”, le premier extrait partagé, s’oriente clairement vers une formule FM, avec une structure évidente et une instrumentation suffisamment spacieuse pour mettre en avant ces lignes vocales accrocheuses. Si l’on ajoute à cela un rythme dansant, des samples de voix pitchées (gimmick insupportable, au passage) et que l’on croise tout ceci avec les diverses déclarations du groupe, le message semble limpide : Warpaint a simplifié sa musique pour la rendre plus fun, plus accessible. Mais alors que tout ce processus de promotion aurait dû être l’occasion de faire naître ou de consolider d’éventuelles attentes chez le public, on se retrouve au final avec une fanbase déboussolée et une masse étrangère peu impressionnée par cette tentative maladroite de les stimuler. Pourtant, une seule écoute attentive suffit pour se rendre compte que Heads Up est loin de coïncider avec ce qu’il prétend être, et qu’il s’inscrit totalement dans la continuité de l’opus précédent sans pour autant égaler les meilleures créations du groupe.


Deux années se sont écoulées depuis l’album éponyme, qui, malgré des qualités indéniables, avait déjà modérément divisé les adeptes du groupe. La cause principale : un son encore plus éloigné de ses racines rock, où les guitares s’effacent progressivement derrière une abondance de claviers, où il n’est plus surprenant de retrouver des caractéristiques propres au RnB, au rap us, au trip-hop… Cette volonté de se libérer de certaines barrières musicales est toujours présente sur Heads Up, mais un fois passé “New Song”, le disque est globalement plus sage et s’éparpille beaucoup moins que son prédécesseur, sans doute grâce au retour de Jacob Bercovici, le producteur de leur magnifique premier album. Ainsi, les morceaux entrelacent aisément la dream-pop abstraite et intime de The Fool avec des rythmes plus élevés, tout en poursuivant les aspirations hip-hop clairement dévoilées sur Warpaint. Celles-ci se traduisent ici par des hommages explicites (“Dre”, nommé en référence au fameux producteur de Campton) mais surtout par la disparition de la batterie acoustique au profit de rythmes électroniques clairement hip-hop.


Cette évolution est tout à fait cohérente avec la musique de Warpaint et n’abime en rien l’intérêt rythmique du groupe, qui reste encore l’un de ses plus grands atouts. Pour preuve, les deux premiers morceaux de Heads Up jouissent d’un groove et d’une énergie fantastique : l’insouciante "Whiteout" nous entraîne facilement dans son rythme dansant et forme alors une ouverture idéale pour cet album, notamment grâce à des lignes vocales très inspirées et un chant passionné toujours aussi remarquable. Emily Kokal est en effet capable du nuancer subtilement les intentions de sa voix, qui se montre parfois légère, parfois sensuelle (adjectif d’ailleurs utilisé à outrance pour qualifier le groupe), parfois inquiétante, comme sur "By Your Side", le titre suivant. Si le corps de ce morceau peut donner l’impression de mettre trop de temps à prendre forme, cela se fait ici au service d’une ambiance divinement menaçante qui prend tout son sens dans cette dernière minute où l’auditeur sera charmé jusqu’à atteindre un état proche de la transe. Warpaint se montre alors à son meilleur niveau dès les deux premières chansons, mais malheureusement, on ne renouvellera cet enthousiasme qu’à de trop rares exceptions par la suite.


En effet, il se trouve qu’à partir de "The Stall", les morceaux s’inscrivent dans une sorte de routine où le bon -voire le passable- côtoie souvent l’ennuyeux. On a déjà reproché aux Californiennes une certaine négligence au niveau des structures qui complique l’appropriation de leurs morceaux, mais ici, certaines compositions ne vont tout bonnement nulle part ou manquent simplement de réflexion. La chanson-titre peut certes proposer quelques bonnes mélodies ainsi que des atouts rythmiques de poids (la basse de Jenny Lee Lindberg, définitivement le ciment du son de l’album), cela n’empêche pas le rendu final de s’approcher davantage d’une improvisation en studio que d’un morceau à part entière. Quant à "Don’t Wanna", elle réussit seulement à nous crisper en réitérant inlassablement ces mêmes lignes de basses assourdissantes. Beaucoup d’idées ne sont ainsi pas développées autant qu’elles ne devraient l’être, tandis que d’autres le sont à l’excès, ce qui nous amène naturellement à remettre en question l’intérêt d’un processus créatif aussi rapide, étant donné que l'album a été écrit, enregistré et produit en l’espace de 4 mois seulement. Une durée résolument courte pour un groupe où un soin tout particulier est habituellement accordé aux athmosphères proposées, et qui nécessite donc un travail dantesque en studio. Et il est vrai que sur ce plan -logiquement-, l'album déçoit à cause d'une production bâclée et datée qui ne fait pas honneur à l'univers du groupe. Enfin, il faut absolument revenir sur "New Song", cette pop-song complètement opportuniste qui fait figure d’OVNI au sein de l’album. Sans tomber dans la médiocrité, elle n’arrive tout de même pas à transcender, la faute à un refrain peu convaincant et à une production largement stéréotypée. Warpaint a donc encore des progrès à faire avant de pouvoir proposer des morceaux pop vraiment fédérateurs.


Cela n’empêche pas Heads Up de fasciner, car malgré les reproches avancés jusqu’ici, il ne suffira étonnement que d’un léger manque d’attention pour se laisser emporter par ces claviers rêveurs, ces rythmiques lancinantes et ce chant qui ne cesse de nous mystifier. Ainsi, l’album brille particulièrement lorsque les musiciennes arrivent à mettre de l’ordre au sein de leurs idées, comme sur "Dre", le morceau qui exploite au mieux leurs influences hip-hop. Le travail d’ambiance est tout simplement fantastique, le titre jouissant d’un contraste unique entre ce refrain au chant céleste et le reste du morceau, directement issu des abysses fantasmés par les quatre jeunes américaines. Dans le même ordre d’idée, la folk habitée de "Today Dear" envoûte sans le moindre effort et conclut de la plus belle des manières cette initiation au songe. On regrettera seulement que ces moments de grâce se fassent trop rares sur tout l’album, et que le groupe se laisse aller à une certaine facilité dans l’écriture qui ne leur sied guère. Comme certains morceaux le montrent ici, leur musique gagnerait sans doute beaucoup avec un peu de structure et de discipline, et la présence de "New Song" pourrait être annonciatrice d’une remise en question à venir. On attend donc Warpaint au tournant pour leur prochain essai discographique, en espérant que le groupe tire quelques enseignements de ce Heads Up, certes loin d’être honteux ou désagréable, mais tout de même un peu décevant et redondant pour un groupe aussi talentueux.

Commentaires
mjoem, le 10/01/2017 à 15:06
Tout à fait d'accord, ils auraient du prendre plus de temps
hooky, le 31/10/2016 à 21:01
nimporte quoi cette critique
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