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Critique d'album

Fu Manchu


We Must Obey


(19/02/2007 - Liquor And Poker / Century Media - Stoner Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- We Must Obey / 2- Knew It All Along / 3- Let Me Out / 4- Hung Out To Dry / 5- Shake It Loose / 6- Land Of Giants / 7- Between The Lines / 8- Lesson / 9- Moving In Stereo / 10- Didn't really Try / 11- Sensei Vs. Sensei
Note de 3/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Entre hard rock sous stéroides et punk massif, le retour d'une légende du stoner"
Maxime, le 11/04/2007
( mots)

Pour un amateur de stoner, il est difficile de résumer en une critique l’impact qu’a exercé, et continue d’exercer (avec moins de force qu’avant toutefois), Fu Manchu sur le mouvement. Pour rendre hommage comme il se doit à ce groupe fédérateur, il faudrait chroniquer une bonne moitié de leur discographie, ce qu’on ne fera pas dans l’immédiat, faute de temps, parce que bibi ne peut pas tout faire. On va donc s’efforcer de rester le plus synthétique possible, quitte, malheureusement, à passer trop vite sur les moments les plus passionnants de son histoire. Avec une longévité sans équivalent dans le genre (plus de 17 ans d’activisme), ce combo californien s’est constitué à la force du poignet une collection d’albums dont peu de formations dans le domaine peuvent se targuer, traversée par les collaborations des futurs membres de Nebula et la frappe de Brand Bjork (ex-Kyuss). Que ce soit le spatial In Search Of…, le volumineux The Action Is Go, le cultissime Eatin’ Dust ou le calorifère California Crossing, le connaisseur se voit confronté à de telle collection de pépites que les fans n’ont jamais pu se mettre d’accord pour extirper du répertoire un album ultime qui résumerait à lui seul leur savoir-faire.

Pourtant, Fu Manchu reste une vitrine paradoxale du stoner. Versant peu dans le psychédélisme, dédaignant le culte de Marie-Jeanne, refusant le recyclage sabbathien panurgique et les trips instrumentaux à rallonge, le quatuor s’est toujours démarqué des clichés du genre pour en adopter d’autres, plus californiens : fascination pour les muscles cars, glorification des sports urbains, pochettes qui sentent bon les cheveux parfumés au lait de coco. Avec son allure d’ex-surfeur et son sourire ultra brite, Scott Hill, chanteur/guitariste et seul membre originel, ne cadre pas avec la panoplie réglementaire composée de sosies de Big Lebowski fumeurs de bongs. A l’instar des Ramones ou d’AC/DC , Fu Manchu est un groupe qui a très tôt trouvé sa marque de fabrique pour ensuite y apporter de minces variations selon la composition des line-up. Leur secret : des couches de guitares noyées dans un fuzz pâteux et massif, répétées à l’envi et pulsées à une cadence infernale par des rythmiques tantôt punk, tantôt amorphes selon l’humeur, que scande une voix atone, façon Dexter Holland sevré au Valium. Entre Foo Fighters englouti dans un torrent de feedback et grunge crépitant débarrassé de ses pulsions morbides. Si, pour les détracteurs pervers qui n’ont que le mot évolution à la bouche, Fu Manchu a toujours fait la même chose depuis l’inaugural No One Rides For Free, il est certain, pour qui sait prêter l’oreille, qu’il y a des bonnes et des moins bonnes cuvées.

Pour son neuvième album studio, si l’on excepte la compilation des premiers EP (Return To Earth) ainsi que le double live (Go For It), le combo a décidé de mettre les petits plats dans les grands, en recrutant une équipe expérimentée : enregistrement au studio Grandmaster Recorders ( Tool , Nine Inch Nails , Black Crowes) et co-producteur de renom (Andrew Alekel, connu pour ses travaux menés pour Weezer , Rancid ou Queens of the Stone Age ). Ainsi, We Must Obey est une galette qui respire le soin et le travail bien fait. Le son est chromé, scintillant comme la calandre d’une Chevrolet fraîchement sortie du garage, sans renier l’amplitude de la bouillie grésillante que régurgitent leurs amplis à lampes poussés à plein régime. Fort d’un personnel stabilisé autour du nouveau batteur, Scott Reeder (homonyme parfait de l’ex-bassiste au nez crochu et aux pieds nus de Kyuss , bien qu’il ne s’agisse pas de la même personne), ce nouvel effort prolonge la tendance amorcée depuis l’EP Something Beyond (titre hommage au groupe punk B’Last que les Fu admirent avec ferveur) : un retour vers une base dépouillée et hardcore, renvoyant aux débuts du groupe, lorsqu’il s’appelait encore Virulence et qu’il moulinait un ersatz de Black Flag. Bancal, le cul entre deux chaises, Start The Machine n’avait que partiellement atteint l’objectif, mais We Must Obey, avec sa maxime très fuck off attitude, vient rattraper le coup.

Sans équivoque, l’album s’ouvre sur un tir de barrage bourru qui jongle entre accélérations saturées et burinage de tympans. Défilent alors 36 minutes menées pieds au plancher, sans l’habituel instrumental pour reprendre son souffle. Roulements de toms, basse infra-sysmique, empilements de riffs kilotonniques, Fu Manchu se complait à varier les tempos sans renier sa légendaire constance dans le down tuning dévastateur. Tout le disque n’est qu’un espèce de va-et-vient jouissif entre un hard rock rustre mais véloce et un hardcore gorgé de soleil comme une orange juteuse, ce que synthétise à merveille le single "Hung Out To Dry". Pour peu qu’on éloigne les voisins et que l’on pousse la chaine hi-fi dans ses retranchements, l’expérience s’avère rapidement jubilatoire et donne envie de ressortir les bermudas que l’on avait refourgué au placard depuis la fin de Rage Against The Machine et de balancer ses mollets poilus en accompagnant les martèlements de "Shake It Loose". Mariant Black Sabbath englué dans la vaseline et l’urgence de Minor Threat avec l’impeccable duo "Land Of Giant"/"Between The Lines", Fu Manchu enquille avec la reprise réglementaire, une petite bombette power-pop des Cars (dont on ne louera jamais assez l’excellence et la postérité) généreusement gonflée aux hormones ("Moving In Stereo"). Sans toutefois retrouver le groove inimitable de la grande époque, les autoproclamés Kings Of The Road accouchent d’une galette turgescente qui offrira une matière de choix à de futurs concerts, dont la France, parent pauvre et malheureux du stoner, sera une nouvelle fois privée.

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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