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Critique d'album

FAUVE


Vieux Frères - Partie 1


(03/02/2014 - Fauve Corp - Fauve - Genre : Autres)
Produit par

1- Voyous (ft. Georgio) / 2- Requin-Tigre / 3- Jeunesse Talking Blues / 4- Rag #3 / 5- Infirmière / 6- De Ceux / 7- Rag #4 / 8- Tunnel / 9- Vieux Frères / 10- Lettre à Zoé / 11- Loterie
Note de 3/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"La formule s'essouffle mais fonctionne encore. Jusqu'au prochain disque?"
Pierre D, le 08/03/2014
( mots)

Albumrock, toujours à la bourre. Le premier véritable album de Fauve est dans les bacs depuis le 3 février 2014 et voilà seulement qu'il est chroniqué dans ces pages. Sauf que cette fois il ne s'agit pas de vague désintérêt de notre part (comme avec Daft Punk ou The Strokes) mais plutôt de recul pris sur l'hystérie critique annoncée. Et on a bien fait car, 1 mois après la sortie du disque, des zones d'ombre et des contradictions demeurent, tant il a peu été question de musique dans le déferlement médiatique qui a suivi cette parution.

Les laudateurs ont essentiellement pointé l'aspect générationnel de Fauve. Ce collectif (25 personnes) serait tout à fait représentatif d'une frange de la population française, les 20-30 ans issus de la classe moyenne supérieure, pour faire simple, et ses textes parlés en cascade feraient écho aux angoisses d'un nombre conséquent de personnes perdues entre les injonctions consuméristes, la connexion informatique et la solitude réelle. On le voit, à aucun moment la création qui accompagne les textes en question ne semble peser dans l'appréciation, comme si les mots étaient scandés dans le vide. Pourtant, Fauve est bien un groupe de musique qui fait des disques, des concerts et des vidéos.
Du côté des détracteurs, on raille cette invention bobo, ce truc de journaleux trop vieux dont les réseaux sociaux se moquent. Un rapide examen met cependant en lumière la place primordiale qu'on eu les réseaux sociaux dans la notoriété exponentielle de Fauve, notamment quand les premiers titres étaient mis à disposition en téléchargement libre par le groupe. Ceux qui se gaussent de l'engouement artificiel pour Fauve sont aussi ceux qui déplorent la disparition des stars et des groupes cultes fédérateurs depuis la dissolution de Nirvana. Les mêmes qui questionnent la jeunesse des protagonistes (groupe et fans) s'accordent à dire que "le principe du rock était sa jeunesse. Jeunesse de son existence, jeunesse des artistes, jeunesse du public." Là encore, quid des rythmes, des mélodies, des ponts et transitions, bref de la musique de Fauve ?

La musique, comme la teneur des textes, on la connaissait déjà. La formule à l’œuvre sur l'EP Blizzard est maintenue ici sur Vieux Frères – Partie 1. Au programme donc, un chant scandé plutôt que chanté (à quelques rares exceptions près), des rythmiques electro mid-tempo et des guitares électriques jouées en arpèges. C'est, on s'en doute, assez mince. Ce qui fonctionnait sur les 6 titres de l'EP peine à tenir la distance sur la longueur des 11 titres de l'album. Même si quelques voix nouvelles viennent prêter main-forte, masculine sur "Voyous" et féminine sur "Tunnel", ça reste limité. Les formes définies par Fauve sont étroites et la redite n'est pas loin, comme par exemple quand "Lettre à Zoé" reprend la partie de guitare du "Cock Music Smart Music" de l'EP de 2013. Ça tient sur pas grand-chose donc forcément c'est casse-gueule.
Pour autant, ça fonctionne la plupart du temps. La froideur des guitares anémiques se heurte à l'interprétation vocale enfiévrée sur un rythme constant. Aucun groove dans ces beats gentiment electro mais les tricotages de guitare s'entremêlent avec bonheur ("Tunnel"). La prêche "De Ceux" est magnifiée par ces guitares sinusoïdales et ouvre un espace plus vaste que le ton globalement étriqué le laissait croire. Il y a là un élan fédérateur puissant où le "nous" qui succède au "je" prend tout sons sens. L'autre sommet de l'album, "Infirmière", joue sur une romance détruite et le refrain chanté avec douceur interrompt chaque fois sa berceuse comme pour mieux souligner la frustration de l'amoureux en manque. Cet élan perdure sur "Vieux Frères" et ses couches de guitares post-rock glaçantes et envoûtantes, désarmantes de simplicité. Ailleurs un piano dramatique dialogue avec le talk-over grésillant sorti du dictaphone d'un interrogatoire de police ("Requin-Tigre").

Si l'on reste sur un constat tout à fait positif, on regrette que presque toutes les fins soient expédiées à la va-vite. Les envolées instrumentales, les chœurs hantés, tout ça mériterait plus de place pour se diffuser et exploser. La musique de Fauve prend réellement de l'ampleur dans ces instants trop courts et des titres plus construits donneraient à écouter autre chose que des guitares aigrelettes et des basses plates. Sans ces possibles variations, on a un peu de mal à voir comment Vieux Frères – Partie 2 pourra exister sans se cogner aux parois que le groupe a lui-même installées.

Quant aux textes, c'est évidemment ici que les choses se compliquent réellement. C'est là où la rupture définitive intervient entre fascination et répulsion. La vérité c'est que ces gens, qui sortent leur disque sur leur propre label avec un contrat de distribution, ne revendiquent pas grand-chose d'autre que leur romantisme. C'est peu, et on comprend fort bien que d'aucuns s'offusquent devant de telles indignations, foncièrement individualistes et peu à même de produire une musique qui compte. Et alors ? Il n'en demeure pas moins que les thèmes abordés par le groupe semblent rencontrer un écho auprès de pas mal de gens. Il y a indéniablement adéquation entre cette musique et un instant socioculturel.
On reproche à la fois à Fauve sa morosité grise et sa naïveté romantique. Il y a effectivement tout cela sur Vieux Frères – Partie 1. De "Voyous" à "Rag #3", il est question de cet état de déprime face au quotidien. Des tracas insignifiants, ce que le groupe a anticipé sur "Loterie" : "Ma conscience de petit blanc/Me rattrape aussitôt : Tu vois ? Tu devrais arrêter de te plaindre/ Et pourtant je sais pas : est-ce nous qui sommes devenus des baltringues/ Ou bien est-ce que c'est le monde qui part en vrille ?" Fauve parle des problèmes qu'ont les gens qui n'ont pas de problèmes. Et ça semble faire un paquet de monde. Il n'évite pas l’auto-caricature de "Jeunesse Talking Blues", avec son titre de faux porte-parole, à débiter très rapidement de supposées associations d'idées sur le thème "Blues partout Blues tout le temps". "Infirmière" et "De Ceux" partent à la recherche de nouvelles stimulations et d'un élan collectif. Là encore c'est quitte ou double, soit le château de cartes érigé par Fauve tient, soit il s'effondre, selon l'humeur de l'auditeur.

Au-delà de ce spleen par toujours très subtil, le public de Fauve semble également se reconnaître dans le romantisme débridé qui parcourt Vieux Frères – Partie 1 et surtout "Lettre à Zoé" qui verbalise une expérience agréable de bout en bout. La démarche n'est pas si courante dans la pop. Là où Johnny Rotten prône l'individualisme forcené chez les Sex Pistols, Fauve parle du fameux "vivre-ensemble" qui entre apparemment en résonance avec leur public. Après tout, verbaliser le positif, c'est ce que font beaucoup de gens embarqués dans une relation amoureuse, sans que cela ait souvent fait l'objet de textes pop. L'amour crétinise et met l'individu dans la peau d'un enfant de 8 ans ébahi devant l'existence. On pourrait alors dresser un parallèle entre une chanson comme "Lettre à Zoé" et un autre événement artistique et médiatique de l'année 2013, le film La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche. Là aussi le réalisateur exploite un aspect du rapport amoureux rarement mis en lumière. Ses longues séquences filmées en très gros plan donnent à voir les corps comme on ne peut les voir que dans la proximité unique que procure la relation amoureuse. "Lettre à Zoé" et La Vie d'Adèle incarnent chacun une affirmation de la vie, positive et dénuée d'ironie.

Le temps est une cruelle maîtresse et Vieux Frères – Partie 1 en pâtit. Ce qui fonctionnait sur 6 titres s'effrite un peu sur 11 chansons. Le disque n'a plus le bénéfice de la spontanéité et de la fraîcheur alors même qu'il n'est que le premier album d'un groupe, sorti quelques mois à peine après un 1er EP. Attendons alors de voir si Fauve, avec sa tentative de résolution de névroses finalement très masculines, saura sortir des limites qu'il s'est imposées. Même si l'on sait que tout cela n'est pas si sérieux et que le meilleur article sur Fauve, il est là, pas ailleurs.

Avis de première écoute
Note de 3/5
4 premiers titres sortis sur le net tellement meilleurs que ce premier album entier .. Dommage de ne pas retrouver l'efficacité et le magnétisme du "début"
Avis de première écoute
Note de 1.5/5
Pas compris. Le décalage rythmique entre le débit de paroles et la musique. Nauséeux.
Avis de première écoute
Note de 2.5/5
De bons éléments dans la composition malgré de nombreuses répétitions. Le "chant" et sa fausse poésie sont en revanche peu convaincants.
Avis de première écoute
Note de 2,5/5
Un style rapé très personnel, quelques très bonnes surprises, mais beaucoup de vent brassé et de redondances.
Avis de première écoute
Note de 3.5/5
Une premier album-type: de vraies réussites, des maladresses, beaucoup de fougue. Une ambiance unique mais une excitation déjà retombée.
Avis de première écoute
Note de 3/5
Quelques titres vraiment réussis mais on sent déjà de la redite par rapport au premier EP.
Avis de première écoute
Note de 1.5/5
C'est surfait, on n'y croit jamais, tous ces soi-disant malaises semblent être en papier mâché.
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