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Critique d'album

Exsonvaldes


Lights


(18/03/2013 - Interference/Periscope - Indie - Genre : Rock)
Produit par

1- Days / 2- Let Go / 3- L'aérotrain / 4- Seahorses / 5- Action / 6- L'inertie / 7- Guns / 8- Lights / 9- On n'a rien vu venir / 10- Nineties
Note de 5/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"Qu'est-il arrivé à Exsonvaldes ?"
Nicolas, le 18/03/2013
( mots)

Pour la première fois depuis plusieurs années, il a fallu que votre serviteur se fasse violence pour accoucher d’une critique d’album. Jamais on n’aurait cru pouvoir écrire un avis aussi mitigé sur un disque d’Exsonvaldes, un groupe qui a largement su se faire apprécier avec ses deux premières réalisations pop-rock nourries à l’indie US. Car si le fait de tacler confidentiellement Muse ou Coldplay peut gentiment faire office d’entreprise de salubrité publique, l’idée de ne pas donner une bonne appréciation à un groupe français que l’on a rencontré et que l’on se plaît à apprécier et à soutenir laisse un sale arrière goût en bouche.

La première alerte était venue l’an passé avec le single "Days" et son clip qui voyait les quatre parisiens se mettre en scène par le biais d’iPhones, iPads et autres Macbooks, bref, une vraie pub à l’oeil pour Apple. Et alors que le thread YouTube de la vidéo se faisait pourrir par une attaque homophobe d’une exquise bassesse, quelques réactions mitigées laissaient également poindre le mot qui fâche : hipster. L’attaque semblait d’autant plus absconse que le titre, d’une pertinence foudroyante, parvenait presque à faire de l’ombre au superbe "Lali" de In The Edge Of Something Beautiful, sans pour autant trahir le credo d’Exsonvaldes : un chant frêle sur la corde raide, des guitares radieuses aux textures délicates et une verve pop directe et pudique. Rien qui puisse nous laisser croire à une dérive vers une pop branchée accouchée au laptop, imagerie hype mise à part. En clair, on n’avait alors aucune raison de craindre l’arrivée de ce Lights, d’autant que les quatre compères, fort d’un succès de plus en plus européen, avaient pu mettre à profit une tournée extensive passant par l’Allemagne, le Benelux et surtout l’Espagne qui leur avait réservé un accueil particulièrement chaleureux.

Et pourtant... autant le savoir, Lights, avec son visuel franchement moche, marque un changement radical dans la musique d’ Exsonvaldes. Si on savait les quatre hommes admiratifs du succès de Phoenix, érigé comme échanson de la réussite pop made in France, on était en revanche ignorant de leur intention d’emboîter le même chemin, littéralement. Ce troisième album tourne en effet le dos au rock indé des précédents opus pour aller explorer des voies beaucoup plus synthétiques et dansantes qui lorgnent fréquemment en direction du quatuor du Chesnay ("Let Go", sorte de croisement entre les rythmiques phoenixiennes et les claviers des potes belges de Mintzkov avec qui Exson a fréquemment partagé l’affiche, et "Nineties", remuant comme un bon Two Door Cinema Club) ou bien qui rappellent les heures fringantes des années 80 ("L’Aérotrain" dans la mouvance du "Take On Me" d’A-ha, morceau repris fréquemment en live par le groupe, ou "Action" qui fait un gros appel du pied à Kim Wilde). Rien à redire sur la forme et la pertinence des titres, ces quatre morceaux faisant largement honneur à la disco des parisiens, mais il semble nécessaire de pointer cet important changement de direction : Lights, en effet, nécessite une écoute attentive avant achat, faute de quoi vous risqueriez d’aller de surprise en déception. Mais à partir du moment où vous savez où vous mettez les pieds, libre à vous de poursuivre un bout de chemin avec le groupe, même si celui-ci semble effectivement avoir succombé à l’hipstéritude.

Vous avez bien lu le mot "Aérotrain" un peu plus haut. L’autre grand changement chez Exsonvaldes concerne l’apparition de morceaux chantés en français. Peu importe si Simon Beaudoux nous avait affirmé il y a quelques années qu’il n’y aurait jamais de morceaux de ce genre dans leur discographie : après tout, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Le problème, dès qu’on s’attaque au français, est de posséder une plume capable de délivrer des textes à la fois chantants et pas trop niais, et de ce point de vue, le résultat est contrasté. "L’aérotrain" s’avère le mieux réussi des trois essais, tout à la fois prosaïque et poétique, tandis que les deux autres, "L’inertie" et "On a rien vu venir", se révèlent clairement en dessous, l’un trop redondant et simpliste, l’autre tombant trop facilement dans le mélo un peu niais, justement, sans parler d’arrangements de synthé flashys assez grossiers qui rendent le morceau passablement désagréable. Le problème est qu’ "On n’a rien vu venir" n’est pas le seul morceau raté de Lights : on trouve aussi dans ce registre "Seahorse" qui ne propose pas de matrice de chanson suffisamment consistante et qui pâtit d’une production un peu rêche et étouffée, et on ose à peine aborder le cas de "Lights", balourd et complètement à la ramasse sur tous les tableaux. Au sein de ce coeur d’album plus que poussif, seul le turbulent "Guns", avec sa rythmique de nightclub et son refrain punchy, surnage avec un certain bonheur.

Au delà des critiques pouvant être émises sur la pertinence de chaque titre, on soulèvera surtout un réel problème de fond : avec ce troisième album, on se demande vraiment où Exsonvaldes veut en venir. Pourquoi avoir tourné le dos à un genre qui leur allait comme un gant ? Pourquoi avoir pris un tel risque de déstabilisation de leur fan-base ? Les quatre parisiens ont-ils succombé, de leur fait où sous une influence extérieure, à l’appel de l’air du temps et/ou à une musique plus viable commercialement parlant ? Lights, vous le voyez, pose beaucoup plus de questions qu’il n’apporte de réponses réellement convaincantes. Malgré les errements parfois agaçants de ce troisième album, et eut égard à l’affection que l’on porte à la jeune oeuvre des quatre hommes, on est tout à fait disposé à leur accorder le bénéfice du doute. Malheureusement, il est un fait qu’Exsonvaldes vient ici de griller tous les jokers qu’on aurait pu leur accorder : il n’y a plus qu’à espérer que le prochain album nous propose des solutions plus incontestables. Et si elles pouvaient se calquer sur "Days" ou sur "Lali" plutôt que sur "Action", on préférerait. Question de point de vue.

 

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